Faut-il brûler les écrans et les topo-guides

Le propos peut paraître provocateur! mais l'est-il vraiment?
Pour ouvrir le sujet, je vous propose de lire un billet vieux de presque 10 ans…
http://www.skitour.fr/blog/talonlibre/1147-faut-il-bruler-les-topos
Et il y a bien plus à dire sur le sujet…

Talon libre
Libère ton talon, libère ton esprit…
http://www.montagn.com
Provocateur ? Oui et non oserais-je proposer smile
Mais peut-on "brûler" du papier qui par internet a dépassé la vitesse de la lumière ? C'est un peu comme l'Inquisition qui brûlait les écrits et les hommes mais n'a pas réussi à brûler les idées smile
Je suis mal placé pour parler de topo car en skiant à 98% dans mon massif que je fréquente depuis plus de 40 ans, le topo … smile
Le problème des topos vient de leur multiplication. Si certains sont fait par des personnes qualifiées d'autres sont plus "olé, olé" et du pur marketing. 
Internet a multiplié par 1000 les conseils, topos, bons plans … etc … en faisant croire que tout était accessible à tout le monde presque sans effort et expérience. Internet a fait passer la société de consommation à cette vitesse de la lumière citée plus haut et certains s'y embarquent allègrement avant de s'apercevoir qu'ils ne peuvent pas suivre, un peu comme le débutant se fait monter au sommet du domaine skiable et se retrouve à 3000 avec au choix une piste noire et un hors piste … 
Alors je pense que "brûler" les topos c'est trop tard … Ils sont sur le Net smile
Trop d'informations, tue l'information, et c'est mon sentiment à propos de la foire sur Internet ! et le clou de la société de consommation, c'est la trace GPS à choper sur le net, et à suivre avec les œillères qu'ont mettait aux chevaux…pour ne pas les distraire de leur travail. Par contre, un GPS, si on en abuse pas, ça peut être un bel outil dans des coins paumatoires, et ça peut bien rassurer en cas de doute (surtout l'hiver sur la neige).
Les topos papiers, les livres, j'en ai très peu achetés, pour moi ça donne/ait des idées, une ébauche de parcours, bien pratique en cas de crise de fainéantise, ou de manque de temps. Pourquoi ne pas les épicer en fonction de son flair auquel je fais allusion ici
https://www.skirandonneenordique.com/forums/c/les-sujets-hors-traces/bavardages/le-ski-de-randonnee-nordique-au-20h-de-tf1/?page=1#post-21317
et d'où est parti ce sujet.
Le must pour moi, c'est la carte papier, et non la carte sur écran, à la taille trop restrictive à mon goût pour aiguiser la curiosité !
Je cause pour les terrains que je fréquente, l'article de Talon Libre cause je crois de ski de couloir, et là c'est un tout autre domaine que je ne connais pas, et où un bon topo relève certainement d'un tout autre intérêt.
Je rajoute que le nec plus ultra reste quand même d'aller taper les locaux, voir une connaissance qui est déjà passée dans le coin…


Modifié il y a 2 semaines
Tout à fait d'accord avec toi sur ton analyse du GPS. smile
Très bon outil (je n'en ai pas pour la rando mais pour un usage usuel quand on cherche une rue en ville faut avouer que c'est très pratique et ça évite les galères du passésmile ) s'il n'occulte pas l'esprit critique et le sens de l'analyse d'une situation, indispensable à mon avis sitôt que l'on sort des sentiers battus.
Le flair, l'instinct animal qui sommeille en nous, le bon sens, la nature nous apprend tout ça et lire une carte, regarder sur des sites comme openrunner là où nous sommes passés, c'est pour moi une continuité indispensable de la randonnée. Ceux qui se contente de rentrer une trace GPS, de la suivre sans réfléchir et regarder, font, à mon avis une erreur. Un GPS c'est un peu comme lorsque tu vas derrière quelqu'un qui connaît, tu suis, tu te laisses guider, c'est du confort … Mais après pour retrouver le même chemin une fois seul … 

Avec forez63 lundi dernier, nous étions sur le plateau entre le col des Allebasses et la plantation du même nom, dans le brouillard. J'étais devant, donc je voyais où je voulais aller en me guidant avec les mouvements du terrain et les piquets de clôture. Au bout d'un moment, il m'a dit : "je te suis, j'ai décroché en ne regardant que tes skis et là, je ne suis pas perdu mais je ne sais plus vraiment où on doit aller".
Là c'est typique, ça le fait à tout un chacun, sitôt que l'on décroche mentalement, que l'on se déconcentre, c'est dur de revenir. Idem quand on guide un groupe et que la visibilité est faible, sans parler de brouillard, et qu'à un moment on se retrouve derrière ou que des skieurs s'égayent sur les côtés, on s'égare vite.
Alors le GPS c'est un super outil pour voir où réellement on est passé et non pas supputer à peu près, mais il ne faut pas que le maître devienne son esclave, car après … C'est cuit.
C'est comme en cuisine, un peu de tout, un mélange de technologie, bon sens et cartes smile
Au club de course à pied que je fréquente, les montres GPS sont devenues la gabegie … Comme elles ne sont pas réglées toutes au poil près, on a droit à l'approche ou juste après chaque kilomètre à toute une série de sonneries différentes. c'est fou smile
Il y a aussi ceux que je vois courir avec des écouteurs dans les oreilles, ils n'entendent plus les bruits de la nature, c'est même très dangereux sur une route …
Le problème d'un topo "extrême" comme tu parles de celui du ski de couloir, c'est de mettre à la disposition de tous une possibilité, sans avoir aucune garantie quant à l'utilisation et les capacités de l'utilisateur. Pour ma part je n'irai pas me lancer dans du ski de couloir, je ne m'en sens pas capable, mais tous les skieurs, randonneurs et autres, ont-ils le recul nécessaire pour s'auto mesurer ? Surtout dans une société où l'on te fait croire que tout est accessible et à ta portée  …
Modifié il y a 2 semaines
Pour moi, les topos servent avant tout à faire rêver (ceux avec de belles photo ! ) quand on est loin de la montagne et à tirer des plan sur la comètes (l'hiver prochain, je pourrais faire ce col, cette boucle … ). Je les consultes pour avoir une idée de la difficulté, des accès (parking … ), mais j'aime mieux les récits de sortie, en tout cas ceux qui sont factuels. Mais je ne les apprends pas par cœur ni ne les emmènes avec moi sur le terrain.

Les topos papiers, de mon point de vue, ont mal vieillis et ne se renouvellent pas. Quant aux topos internet, comme vous l'avez dit, y'a à boire et à manger, et ce serait surtout de la malbouffe pour la plupart.. Pour le ski, j'ai deux références : srn.com smile et skitour. Sur ce dernier, il y a environ 99 % qui ne me concernent pas (trop alpin) mais ça donne une idée des conditions dans les massifs. Et on y croise (sur skitour) quelques talons libres égarés (et pas que JC).



JMC
Modifié il y a 2 semaines
jmc63
Pour moi, les topos servent avant tout à faire rêver (ceux avec de belles photo ! )
Ha, ce que j'ai pu rêver en feuilletant "les 100 plus belles courses et randonnées", on notait les points clés de la course, on apprenait même certains passages par cœur, mais parfois, à trop vouloir suivre à la lettre, on se coupait de l'essentiel, la lecture du terrain, l'intuition du cheminement souvent évident, la belle trajectoire, mais nous étions jeunes ! Après, avec la pratique et l'expérience, ce genre de "topos" redeviennent de "beau livres".
Après, pour ce qui est des écrans, GPS ou appli sur smartphone, ce ne sont pour moi que des outils et l'évolution du triptyque carte, boussole, altimètre. Lire une carte, y trouver un itinéraire, se représenter le dénivelé, cela s’apprend, il faut donc passer du temps ! Qui n'a jamais passé la soirée au refuge à calculer des azimuts pour atteindre un col (avec erreur volontaire) en cas de mauvaise visibilité ? Oui, le GPS peut être un outil fantastique, mais faut pas oublier les piles !
En ces temps de consumérisme, y compris des activités "sport et nature", la tentation est grande de suivre la trace GPS, ou autre. Il n'y a qu'à regarder le nombre croissant de pistes à raquettes (quasi autant que les pistes de ski de fond).
Je vous le dit, les temps du "faire sa trace" en SRN sont comptés, il faudra bientôt suivre la piste et s'acquitter de la redevance idoine smile
Alors "viva el SRN libre !!"
Que la fente soit avec vous !
stofdefou
Je vous le dit, les temps du "faire sa trace" en SRN sont comptés, il faudra bientôt suivre la piste et s'acquitter de la redevance idoine
Hello, 
surréaliste remarque de stofdefou, le ski de randonnée nordique est un ski de liberté qui a de belles perspectives d'avenir tant qu'il reste respectueux de la quiétude des environnements qu'il traverse.
Ce n'est pas demain la veille qu'il y aura un gendarme derrière chaque sapin, pour te dire que le tracé balisé et imposé n'est pas là où tes spatules se trouvent.

Sur les topos, ils peuvent sans doute être une source d'inspiration. 

Le GPS n'est pour moi qu'un outil à même de me donner une coordonnée précise, si j'ai réussi à avoir entrevu le bonheur d'avoir un vague sentiment d'égarement, et que j'ai la nécessité de déclencher un secours. 

La 1/25000 sur papier est un très bel outil, qui permet d'élargir le champ des possibles en comparaison d'un écran tactile bien trop étroit. 
La 1/25000 ème c'est un activateur de flair et d'instinct, ça te met sur la piste du bonheur, mais il faut vite savoir en sortir, pour que tes sens prennent le relais dans l'observation des sources de plaisirs possibles rencontrées dans le terrain.

Suivre une trace GPS, ou le descriptif d'un topo, c'est de mon point de vue, se donner l'illusion qu'on fait du SRN. 
La richesse du SRN, c'est de tenter dans un énorme espace de liberté, d'anticiper le champ maximal des bonheurs possibles à prendre dans une journée. Il est purement et simplement impossible d'optimiser la joie de vivre une belle journée de SRN, sans prendre en considération, la qualité de la neige selon les versants, en espace ouvert, ou forestier, et si possible en tentant d'anticiper les changements de qualité de celle ci en fonction de l'évolution de la température annoncée en journée dans ces différents milieux. Ne pas prendre ça en considération, c'est s'enfermer facilement dans des tracés désespérément plat à brasser comme un sanglier dans un jour de poudreuse, ou de se crisper outre mesure sur glace vive dans un tracé qui penche un peu.
A ces différents facteurs on peut aisément ajouter, le sens du vent, la couleur du ciel, qui ont tous deux un impact non négligeable sur la possibilité d'apprécier au mieux l'esthétique de la ligne dans le paysage.
Faut encore réussir à pondérer les tracés possibles en fonction de l'évaluation plus ou moins objective de ses qualités techniques et physiques ou de celles des gens qui nous accompagnent. Au besoin il faut être à même d'intégrer quelques variantes en mode prolongement du bonheur, ou clignotant sur le parking..
Bref, je passe sur plein d'autres détails, plus subtils et qui peuvent encore avoir une importance, fondamentale mais déjà là on cerne bien les limites des données observées sur le géoportail.

Mais je ne vais pas fermer ce post, sans souligner que dans l'univers des plaisirs:
- certains sont simples si tant est qu'on soit à même de se mettre dans de bonnes dispositions pour les apprécier: coucher de soleil, champ des oiseaux, qualité du saucisson…
- D'autres sont plus complexes à intégrer, mais c'est bien de la compréhension de leur nature complexe que peut émerger l'intensité du bonheur: technique de ski, choix du tracé, sentiment de compréhension de la qualité de l'environnement traversé….

Pour terminer, un petit proverbe que je dois à un ami qui est pleinement responsable de ma condition d'accompagnateur en SRN, proverbe qu'il tenait lui même d'un vieil indien:

" j'ai tellement appris de mes erreurs, que je suis prêt à retourner en faire dès demain"
jmc63
Pour moi, les topos servent avant tout à faire rêver (ceux avec de belles photo ! ) quand on est loin de la montagne et à tirer des plan sur la comètes (l'hiver prochain, je pourrais faire ce col, cette boucle … ). Je les consultes pour avoir une idée de la difficulté, des accès (parking … ), mais j'aime mieux les récits de sortie, en tout cas ceux qui sont factuels. Mais je ne les apprends pas par cœur ni ne les emmènes avec moi sur le terrain.
Bonjour,
Un avis que je partage largement !
Et puis je pense que cela dépend aussi de sa situation : quand on est loin des montagnes, avec la possibilité de ne faire guère plus d'une ou deux sorties par an, on a envie de peaufiner un itinéraire plaisant et intéressant, aux petits oignons !
Quand on est juste à côté de son terrain de jeu, on se permet beaucoup plus d'aller essayer l'aventure et la découverte ici ou là : au pire ce sera juste une sortie ratée et il y en aura bien d'autres pour se rattraper…
4981875N - 0698785E - 1761m
http://cedricleclercq.wordpress.com/
 
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