Nouvelle paire de skis de fond de randonnée dans ma collection

talonlibre
Amusant, un centre de loisir est venu faire écailler tout un lot de skis juniors de srn car ils étaient insatisfaits du système de demi-peaux à l'usage.
Ne serait-ce que la gestion des peaux par des enfants / ados, c'est à ce que les moniteurs s'arrachent les poils les cheveux…smile


talonlibre
Loic Vandel m'expliquait que quand il en avait le temps, il taillait des chevilles en bois pour reboucher les trous de fixations.
En théorie cela tient mieux du fait de l'adhérence de la colle sur le bois par rapport au plastique.


talonlibre
Je file tester mes MGV55 montés talon-aiguilles sous la neige qui revient après le redoux de ce matin.
L'attente pour avoir les premiers retours devient insoutenable…smile

Modifié il y a 3 mois
N_75
L'attente pour avoir les premiers retours devient insoutenable…
Un peu de patience, je traite mes photos… trace le profil de ma sortie et laisse un peu mûrir mes premières impressions pour écrire un essai d'analyse la plus juste possible en sachant qu'il ne s'agit que d'une première sortie.

Le comparatif Mgv55/Annum ne manque pas d’intérêt.smile

Talon libre
Libère ton talon, libère ton esprit…
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Bien oui,  ça traîne smile
Que la fente soit avec vous !
Pour satisfaire l'esclavagiste patenté stofdefou, qui ronge son frein dans sa basse valléesmile et soulager l'impatience de notre bon N_75, voici mes impressions après l'essai de mes nouveaux Madshus mgv55.

Tout d'abord, comme pour la première mise à l'eau d'un vaisseau; immortalisons leurs premiers pas dans la neige. Le maire de Longchaumois s'est excusé, son agenda ne lui permettait pas de pouvoir couper le ruban et casser une bouteille de Crémant du Jura sur les spatules.



Les vedettes aujourd'hui ce sont eux avec leur taille de guêpe plus fine qu'un mannequin de 16 ans, (68-55-62) et une jolie longueur de 2 m, indispensable pour conserver de la portance avec mon poids de vieux mammouth  essoufflé et gras.

Ce sont de vrais skis nordiques, des skis de fond de randonnée contrairement aux Annum qui sont des ski alpins avec des écailles. Rien de péjoratif dans ces observations, juste 2 skis très différents, avec deux visions différentes du SRN, mais tous les 2 adaptés au terrain jurassien.

Il me paraissait essentiel d'essayer ce style de skis pour compléter ma culture du SRN.

Un dernier détail, je les utilise avec des chaussures Crispi Svartissen et une bonne vieille paire de Rottefella Riva 1 à câbles souples estampillées Chouinard (la marque de matériel créée par Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia et grand promoteur du telemark). Pour ne pas frotter dans les rails des pistes de fond, j'ai utilisé des cales de ré-hausse hautes de 35 mm.


Voici le profil du terrain de l'essai :



La neige est lourde, dense et humide. Cette couche de 15 cm de neige fraîche repose sur un fond de croûte plutôt portante. La visibilité est plus que moyenne.

En route! je suis immédiatement bluffé par le côté omnidirectionnel de ces skis à la marche et par leur glisse. Ils filent droit, la spatule souple opère un remarquable travail pour ouvrir la trace. Ces outils sont des armes remarquables pour filer droit, en limitant la fatigue ce qui permettra d'avaler de jolies distances. Il me faudra les tester par de très grosses conditions d'enneigement pour juger leur portance.

Ce sont de vrais skis nordiques et je comprends pourquoi les skieurs issus du fond les préfère à des outils comme les Annum pour marcher. Cela doit encore plus se ressentir sur neige dure. L'accroche des écailles en montée semble bonne mais il faudrait que je fasse des tests en passant des Annum au MGV55 sur le même terrain, le même jour. Cela tombe bien, j'ai une paire d'Annum avec des écailles neuves dans mon parc de lattes.

J'arrive au sommet de la première pente, il va falloir descendre et j'appréhende un peu. Comment ces skis avec du cambre vont-ils réagir?

Première observation, malgré leur étroitesse ils sont sables, la spatule travaille bien mais ils filent droit aussi en descente.

Je tente un stem et j'ai l'impression de les violer. J'arrive à les faire tourner mais c'est dur. Je m'y prends sûrement mal, il faut que je trouve comment ces skis fonctionnent. Je les ai pourtant monté comme des skis de telemark (chord line-center), ce qui devrait les aider à pivoter.
Pour l'instant, il faut de la place pour tourner et la qualité de la neige n'arrange rien… au moins elle est homogène avec un fond régulier.

Je remonte et file vers "Chez la Comtesse", je profiterai de la descente au retour pour comprendre comment faire.

En attendant, ils grimpent bien et je marche sans fatigue, très agréables sur ce terrain assez plat du secteur de la Sambine. Cette capacité du ski à rester en ligne, naturellement, sans être tenu est vraiment une agréable découverte.



La descente d'une agréable petite butte me permet de comprendre enfin comment fonctionnent ces skis en virage. J'écarte mes pieds (comme la largeur de mes épaule) et j'engage un pas de telemark avec un appui talon marqué sur le ski extérieur tout en exerçant une forte pression sur l'avant de mon pied pour le ski arrière. Cela fonctionne très et j’enchaîne immédiatement avec un deuxième beau virage bien propre à grand rayon.

Ce ski a trop de cambre pour virer à plat sous le pied, contrairement aux Annums qui n'ont pas ce cambre nordique et sont très joueurs et vifs en virage. Cela vient plus à mon avis de la répartition de souplesse du ski que de son côté taillé. Mes vieux TUA fins de telemark engageaient le virage plus facilement car malgré des lignes de cotes assez droites, ils avaient un cambre alpin qui leur permettait de pivoter facilement sous les pieds.

Ce qui est intéressant, c'est qu'en s'y prenant bien, les MGV55 peuvent aborder des descentes, surtout en terrain large. En ligne droite, ils sont très stables et absorbent très bien les mouvements de terrain. Malgré le manque de visibilité, je ne me suis pas fait surprendre.

Je vais continuer mes essais, sur des terrains et des neiges variées car il faut au moins une saison pour vraiment juger un ski.

Mes cales de 35 mm, ne sont pas gênantes, bien au contraire, elles augmentent la transmission des appuis aux skis. Un vieux truc de telemarkeur alpin appliqué au nordique… il ne faut pas avoir d’œillères et oser franchir les frontières.

Ces skis sont de vrais skis de Cross-Country Downhill, capables d'avaler des kilomètres en marchant en pas glissé, mais exigeant une technique très particulière en descente, secteur où ils n'ont ni la facilité, ni la réactivité des Annums. Ce sont de vrais skis de fond de randonnée.

Les Annum seraient plutôt des accessoires procurant beaucoup plaisir en descente capables d'affronter du plat et des vallons.

2 visions différentes du SRN qui ont chacunes leur place et dépendent souvent du vécu du skieur (nordique ou alpin).

Par contre, dans un chemin étroit en descente, comme on en rencontre fréquemment dans le Jura seul l'Annum restera suffisamment manœuvrable pour éviter de déchausser.

A bientôt pour de nouvelles observations sur ces très intéressants MGV55 qui sont tout sauf des skis de débutant.

Il faut de très solides bases techniques pour les exploiter.



Talon libre
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Modifié il y a 3 mois
Bonjour JC, et même si ce n'est qu'une première sortie, bien heureux de lire ton article technique, moi qui suis skieur genre automobiliste qui ne connait de son véhicule que la fonction des pédales et du volant, et que l'emplacement de la trappe à carburant et du frein à main…

talonlibre
et une jolie longueur de 2 m

je suis immédiatement bluffé par le côté omnidirectionnel de ces skis à la marche et par leur glisse. Ils filent droit, la spatule souple opère un remarquable travail pour ouvrir la trace. Ces outils sont des armes remarquables pour filer droit, en limitant la fatigue ce qui permettra d'avaler de jolies distances.

Cette capacité du ski à rester en ligne, naturellement, sans être tenu est vraiment une agréable découverte.
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Je tente un stem et j'ai l'impression de les violer.
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Il me paraissait essentiel d'essayer ce style de skis pour compléter ma culture du SRN…
…Cette capacité du ski à rester en ligne, naturellement, sans être tenu est vraiment une agréable découverte.
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J'écarte mes pieds (comme la largeur de mes épaule) et j'engage un pas de telemark avec un appui talon marqué sur le ski extérieur tout en exerçant une forte pression sur l'avant de mon pied pour le ski arrière.
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2 visions différentes du SRN qui ont chacunes leur place et dépendent souvent du vécu du skieur (nordique ou alpin).
Peut-être à tord, mais je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre ces skis et les E99 de Fischer que je possède. Tous deux sont proposés en longueurs supérieures aux désormais classiques Eon, Epoch, Annum et ceux de la série S-Bound, ce que mes modestes connaissances du marché assimilent à des gênes de ski de fond qui circulent dans leurs âmes, et donc des skis destinés de préférence aux skieurs qui désirent parcourir de longues distances, plutôt que chercher à jouer avec le relief. Ils doivent engendrer une moindre fatigue en fin de journée pour les premiers si le terrain a un relief modeste (ou n'en a pas), et ils doivent frustrer les deuxièmes dans les parties descendantes.
Utilisant depuis la saison dernière des Outback 68 de Fischer aux cotes similaires, avec une norme 75 montée sur des cales de Voilé Traverse, je ne rencontre pas avec cet engagement nécessaire pour virer que tu signales et que je connais avec les E99, ce qui confirme bien ce que tu as souvent écrit, que la ligne de cotes ne fait pas tout.





Modifié il y a 3 mois
N_75
Utilisant depuis la saison dernière des Outback 68 de Fischer aux cotes similaires, avec une norme 75 montée sur des cales de Voilé Traverse, je ne rencontre pas avec cet engagement nécessaire pour virer que tu signales et que je connais avec les E99, ce qui confirme bien ce que tu as souvent écrit, que la ligne de cotes ne fait pas tout.
Des skis de skating de chez Vandel tournent bien plus facilement que les Mgv55.

Il fait trop beau cet après-midi, je retourne chatouiller ces skis bien nordiques dans une demi heure. 

A tout à l'heure 😃

Talon libre
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Merci Jean-Christophe pour ce compte rendu circonstancié smile

talonlibre
Il fait trop beau cet après-midi, je retourne chatouiller ces skis bien nordiques
alors, pas trop éprouvant de skier au soleil avec ces nouveaux skis ?? smile
Que la fente soit avec vous !
talonlibre
Des skis de skating de chez Vandel tournent bien plus facilement que les Mgv55.
remarqué la même chose par rapport aux E99 sur piste préparée avec mes Rossignol de skating millésime… heuuu… pré-JO d'Albertville.
…suis déçu car je croyais c'est moi qui suis bon…smile smile


talonlibre
Il fait trop beau cet après-midi, je retourne chatouiller ces skis bien nordiques dans une demi heure.
smile…massacreur de moral des troupes !
Modifié il y a 3 mois
Madshus mgv55 : le retour!

Pour commencer, une petite vue plongeante du champ de neige où ces sympathiques outils ont été testé aujourd'hui, je me suis dit que cela ferait remonter le moral des troupes surtout après une bonne chute de neige (20 km de pistes de fond ouvertes et tracées dans les Amburnex, on peut aller jusqu'aux Pralets - j'avais un RDV dans la vallée de Joux ce matin et comme j'étais en avance, je suis monté voir les conditions du côté du Marchairuz).



Les conditions du jour : par endroits jusqu'à 50 cm de neige fraîche assez froide, dense et légèrement soufflée en surface.

Cela me permet de tester les mgv55 quand il faut ouvrir une trace difficile et là, il s'en sortent beaucoup moins bien que des Annums, des Vector ou des Chargers… ce ne sont pas des skis taillés pour ouvrir la trace par grosses conditions… on y arrive, mais il n'y a plus le gain d'énergie ressenti hier avec un manteau moins épais. Cela est bien sûr lié à l'étroitesse du ski qui limite sa portance. Le côté directionnel serait presque gênant par contre la légèreté du ski est appréciable pour les conversions à la montée.

Les écailles ne sont pas plus performantes que celles des Annums en montant dans de la neige froide. Les skis les plus efficaces que j'ai pu essayer en montée sont les Chargers BC grâce à leur impressionnante surface d'écailles.

Passons à la descente, aujourd'hui la visibilité est bonne… essayons de secouer ces lattes. Je commence par un virage telemark grand large, enfin à très grand rayon, il faut avoir de la place. Mais qu'est-ce qu'il faut secouer ces skis, ils ne déjaugent pas ce qui ralentit la descente et une prise de vitesse est impérative pour engager le virage. Voilà qui n'encouragera pas le débutant qui traditionnellement refuse la pente.

Que ces outils sont exigeants même si on arrive à signer de jolies traces.


La photo ci-dessous permet de mieux voir le grand rayon du virage et de percevoir le travail des skis dans la courbe en examinant la trace. Ces virages grand rayons demande équilibre et finesse des appuis, ce ne sont pas les plus faciles à conduire. Par contre, les skis sont stables et sains malgré leur étroitesse au patin. Je pense aussi que mes cales de ré-hausse de 35 mm m'aident grandement à transférer les appuis et à mettre de l'angle.



Comme ces virages exigent de la place, je vais passer à la godille face à la pente pour prendre la vitesse, cela demande engagement et relâchement. Les skis sont vraiment lents et ne déjaugent pas mais ça fonctionne, toujours en grand rayon. Je skie comme dans les années 1980 avec des ski de géant de 2 m 07… et encore, leur répartition de souplesse était faite pour la descente, ce qui n'est pas le cas des Madshus mgv55, avec leur cambre nordique. Je me demande comment un petit gabarit pourrait les plier.



Cela dit, en recommençant plusieurs fois, je me surprends à prendre du plaisir… je déclenche plus facilement mais c'est du ski à l'ancienne qui ne profite pas de l'apport des skis taillés, pas si modernes que cela… car les skis Sondre Norheim l'étaient déjà à la fin du XIXème siècle et il mesuraient plus de 70 mm au patin comme les Annum de nos jours.

Même dans cette neige très skiable, descendre avec ces skis nécessite d'être attentif, bien placé, posé, d'anticiper.

Oui, j'arrive à tourner avec les mgv55, mais tout cela tiendrait presque du sado-masochismesmilesmilesmile. Tous les virages ont été exécutés en technique telemark car j'ai eu trop de mal à ouvrir un stem ou chasse-neige… par contre, le pas tournant est stable et efficace (so nordic!).

Je vais bien sûr continuer mes essais, pas seulement en descente, mais aussi sur des parcours comprenant un peu de pistes tracées, avec un sac à dos, pour être juste et complet. L'intérêt majeur de ce type de ski est de pouvoir glisser dans les rails des pistes de ski de fond damées et de pouvoir sortir des traces. Un ski mixte qui a son public et qui peut rendre bien des services.

Cela me permettra de faire un voyage dans le passé et de revenir au bon vieux temps  à l'époque heureusement révolue des techniques exigeantes du Cross-Country-Downhill originel. Cela n'enlève rien à leur intérêt, je prends beaucoup de plaisir à les mettre en œuvre, mais il y a plus efficace et plus ludique aujourd'hui. Elles continuent à se justifier pour quelqu'un qui devra longuement marcher sur le plat avant de descendre, et à condition de ne pas avoir à faire la trace dans beaucoup de neige fraîche.

Ces skis restent intéressants et d'actualité pour certaines grandes traversées. Ce qui les handicapent en descente, c'est le cambre très nordique… ce même cambre qui favorise la glisse lors de marche (sauf quand il faut ouvrir la trace dans une belle quantité de neige fraîche).


Les Crispi Svartissen ont été idéales avec ces skis, je penses que des Alpina Alaska le seraient tout autant… juste une question de chaussant personnel.

Je me suis bien amusé jusqu'à la fin de journée!



Bonne soirée

PS : j'ai un profond respect pour Monsieur Steve Barnett, son apport essentiel au ski talon libre, d'aventure et de découverte. Son livre a joué le rôle déclencheur qui a poussé de nombreux skieurs à oser le telemark.
C'est de loin le meilleur ouvrage que l'on puisse trouver sur l'utilisation des skis nordiques en montagne.
Depuis 1978, de nouveaux skis sont apparus… Karhu a révolutionné le monde de la randonnée nordique avec le Guide (qui deviendra l'Annum chez Madshus), Voilé et d'autres, comme Altaï ont continué à innover. Ces outils plus faciles et joueurs ouvrent les portes de la randonnée nordique à un plus large public.



Talon libre
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Modifié il y a 3 mois
stofdefou
alors, pas trop éprouvant de skier au soleil avec ces nouveaux skis ??
C'est bien sûr trop difficilesmile

Je suis heureux de retrouver de l'énergie dans mes jambes grâce aux bons soins d'un ami suisse qui pratique la médecine chinoise et l'acupuncture.

Je me suis bien amusé à descendre avec ces mgv55.

Vivement que nous nous retrouvions skis aux pieds sur la neige.

Le redoux est là, il pleut ce matin sur la belle neige d'hier.smile

Talon libre
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