TEST skis Asnes Storetind et chaussures Crispi Svartisen

Skirandonnenordique.com m'a prêté des skis Asnes Storetind équipés de fixations Voilé 3 pointes, et des chaussures Crispi Svartisen N75, que je me suis empressé d'essayer lors du week-end passé dans le Briançonnais pour la journée du ski de randonnée nordique 2012 à Névache.

Mes éléments de comparaison sont mon matériel habituel, skis Fischer Snowbound, fixation Voilé 3 pointes et chaussures Scarpa T4 ainsi que la combinaison skis Fischer Outbound, fixations NNNBC Automatic, chaussures NNNBC Fischer BCX6 que j'avais (déjà) eu la chance de tester auparavant et qui m'avait bien plu, dans son registre.

Condition de test :
Deux jours de ski de randonnée nordique dans les Hautes Alpes, plus quelques petites évolutions autour des stands de la journée du SRN de Névache.
Beau temps briançonnais, neige généralement très dure localement sculptée ou vitrifiée par le vent. Rares passages de poudre tassée, de croutée ou de transformée.

Asnes Storetind

Ces skis ont les lignes de côte, le cambre et le poids de skis alpins.

Ils sont équipés du système d'insert dans la semelle pour utiliser les demi-peaux Asnes.

Fiche technique.

N'ayant pas de fart d'accroche, j'ai systématiquement utilisé les demi-peaux sur le plat et en montée.


Sur le plat
Entre le poids des skis, leur largeur, leur cambre, et les peaux, la sensation n'est pas celle du pas alternatif dynamique du ski nordique.

La relative facilité de progression par rapport à du matériel de randonnée alpine n'est finalement due qu'à la légèreté et à la souplesse des fixations et des chaussures.


En montée
L'accroche des demi-peaux Asnes ne me paraît aucunement différente de celles des autres demi-peaux dont j'ai l'habitude.

Dans les devers la largeur de Storetind se marie mal avec la souplesse des chaussures Svartisen.


En descente
Voilà le domaine du Storetind.
Ils se conduisent comme des skis alpins, le telemark est possible, mais pas nécessaire : on tourne aussi bien en technique alpine.
Les chaussures Svartisen ne permettent pas d'exploiter réellement ce potentiel.


Bilan
Le Storetind est un ski plutôt alpin que nordique.
Utilisable pour une pratique aux confins de la rando alpine et nordique, il faut l'utiliser avec des chaussures rigides pour profiter de son potentiel.

Crispi Svartisen

Chaussure semi rigide, en cuir avec un collier plastique et deux boucles de serrage à crémaillère.
Norme 75mm pour le modèle testé, mais existe aussi en NNNBC

Fiche technique.

Première impression
Une chaussure en cuir avec des boucles en plastique autour de la cheville : on croirait voir une ancienne chaussure de telemark de descente, d'avant l'invention du soufflet plastique.


La guêtre intégrée.
Vue sa longueur elle ne peut monter qu'à mi-mollets. Précisément là où nos mollets (musclés) de skieurs sont les plus larges. Résultat : inutile d'essayer de tendre la guêtre vers le haut, avec les mouvements du skieur elle finit invariablement en accordéon sur la cheville.
Ceci dit, une fois resserrée autour de la cheville, elle empêche efficacement la neige d'entrer dans la chaussure.


Le laçage
Vue la hauteur de la tige, il m'a semblé que les crochets de laçages auraient pu monter plus haut. Mais l'idée des concepteurs était sans doute qu'une fois la chaussure fermée avec les lacets, le serrage devait être géré uniquement par les crémaillères plastiques.
J'ai trouvé les lacets très long, et je me demande encore comment j'ai réussi à skier deux jours sans que les boucles qui pendent ne s'accrochent quelque-part.


Le collier en plastique
Les boucles à crémaillère du collier plastique.
Les crémaillères en plastique en travers du devant de la chaussure rendent le laçage difficile.
Les leviers des boucles sont bien petits pour être manipulés avec des gants.
Ceci dit, une fois qu'on a réussi à tout enclencher à sa place, le collier plastique se règle facilement pour rigidifier plus ou moins l'articulation de la cheville.


Le confort
C'est évidemment très subjectif. Votre pied n'est pas mon pied, etc.

Comme sur d'autres chaussures semi-rigides à renfort plastique, j'ai trouvé que la jonction entre la partie souple et le renfort rigide constitue un point dur très sensible et assez inconfortable.

D'autres points durs sont sensibles au niveau des crochets de laçage et des rivets fixant le collier plastique.

S'agissant de chaussures en cuir, peut-être que deux jours d'utilisation ne sont pas suffisants pour que les chaussures se fassent et que le cuir s'assouplisse et se déforme selon mon pied ?


La résistance au froid et à l'humidité
Je n'ai pas eu froid, mais il n'a pas fait très froid de toutes façons.
Par contre l'intérieur de la chaussure était nettement humide en fin de journée. Peut-être plus un problème d'étanchéité au niveau de la guêtre que de la chaussure elle-même ?


La tenue sur les skis
Les conditions de mon test n'ont pas été tendres avec la Svartisen : skis larges et neige dure.
La souplesse en torsion de la semelle se fait sentir, impossible de prendre de la carre : la chaussure se tord et le ski se couche sur la pente.

Dans les passages en neige molle, quand on skie plutôt sur les semelles que sur les carres, le phénomène s'estompe.
Modifié il y a 9 ans
Le match Crispi Svartisen contre Scarpa T4.

Avec deux paires de chaussure N75 compatibles avec mes skis, et du temps à perdre pendant les temps morts de la journée du SRN, j'ai fait le test de skier avec une chaussure différente à chaque pied, toutes choses égales par ailleurs.


Première impression
La T4 est plus lourde que la Svartisen. Ca se sent immédiatement.


Confort
J'ai trouvé la T4 beaucoup plus confortable : il n'y a aucun point dur dans le chausson intérieur. Ceci dit c'était d'une part MES T4 (adaptées à mon pied, depuis le temps) et d'autre part des Svartisen presque neuves.


Sur le plat et en montée
La différence dans la souplesse et le déroulé du pied n'est pas sensible. Il faut préciser encore une fois c'était le soufflet fatigué de mes vieilles T4 contre le cuir neuf des Svartisen.


En descente
La différence de rigidité en torsion est criante. La Svartisen est beaucoup plus souple ce qui rend la conduite des skis plus difficile.
En telemark, comme avec toute les chaussures relativement souples, il faut être très actif sur le pied arrière pour conduire le ski intérieur dans le virage.


Bilan du match
Le Svartisen sont moins confortables, n'apportent pas de souplesse pour le pas nordique mais ne sont pas pour autant aussi rigides que les T4 pour la descente.
Sur le coup je me suis demandé : où est l'intérêt ? à quoi peuvent bien servir ces chaussures ?
Modifié il y a 9 ans
Le match demi-peaux Asnes contre demi-peaux Black Diamond.

Pendant les temps morts de la journée du SRN, j'ai fait le test de skier avec des peaux différentes sous chaque ski, toutes choses égales par ailleurs.

Résultat
Aucune différence perçue, que ce soit en glisse ou en accroche.

Les demi-peaux Black Diamond sont plus faciles à mettre en place et à enlever (enfiler la pièce des peaux Asnes dans l'insert nécessite un peu de précision), mais la boucle de leur sangle peut parfois se défaire intempestivement.
Modifié il y a 9 ans
Le match Asnes Storetind contre Fischer Snowbound.

Avec deux paires de skis compatibles avec mes chaussures, et du temps à perdre pendant les temps morts de la journée du SRN, j'ai fait le test de skier avec un ski différent à chaque pied, toutes choses égales par ailleurs.

Sur le plat et en montée
Etant obligé d'utiliser un demi-peau pour le ski Asnes sans écailles, j'ai choisi de mettre également une demi peau sous le Snowbound pour ne pas être déséquilibré par une trop grande différence de glisse. Du coup il n'y a pas grand chose à comparer.

En descente
Sans surprise, le Storetind large et parabolique est un peu plus facile à conduire en virage.

Un skieur moins adroit techniquement, ou pas habitué comme moi au Snowbound, aurait peut être trouvé une différence plus grande.

Le terrain d'évolution autour des stands de la journée du SRN de Névache ne présentant pas de descente technique, je ne tire pas de conclusion très marquée de ce test.
Modifié il y a 9 ans
merci Nicolas, pour tes avis précis et détaillés :-)
Modifié il y a 9 ans
Merci Nicolas pour ton retour et tes observations !
Le seul test que l'on peut prendre véritablement en compte est celui entre les 2 systèmes de peaux de phoque, puiqu'ils sont quasi similaires.

Comparer une T4 avec une Svartisen n'est pas comparable
Comparer un Storetind avec un Snowbound n'est pas comparable

Ceci étant tu n'avais que ce matériel dans "les mains" donc tu as fais ce que tu pouvait…


Praticien du Ski Sauvage.
Modifié il y a 9 ans
Régis Cahn a écrit :

Comparer une T4 avec une Svartisen n'est pas comparable

Effectivement,"frotter" les Svartisen à une paire de Fischer BCX 875 parait nettement plus cohérent.

Immédiatement les Crispi m'apparaissent beaucoup plus abouties, nettement moins "cheap" que les 875.

Je les ai trouvé pour ma part très confortables, sans aucune gêne ni point durs au bout d'un we d'itinérance.
Les 875 me sont également très confortables mais, du fait de leur garniture, beaucoup plus pénibles à ajuster et à enfiler.

Les Crispi ont été utilisés pendant un we pluvieux avec une neige très mouillée. Leur imperméabilité est réelle.

Le laçage et l'utilisation des crochets (tout comme pour la 875) ne m'ont pas posé de problème. La longueur des lacets est réelle mais une petite poche est prévue sur la languette pour y loger les boucles.

Les Crispi et les 875 semblent égales pour ce qui est de la tenue de la cheville en descente. À confirmer sur un parcours plus exigeant. Par contre, le déroulé du pied en pas alternatif est plus facile, plus agréable avec la Crispi.

Je ne reviens pas sur la durabilité et les problèmes de collage de la semelle des 875 évoqués sur d'autres posts alors que la qualité des finitions des Crispi est immédiatement perceptible.
Modifié il y a 9 ans
Régis Cahn a écrit :
(…smile
Comparer une T4 avec une Svartisen n'est pas comparable
Comparer un Storetind avec un Snowbound n'est pas comparable

Et pourquoi deux modèles de chaussures (ou de skis) destinés à la randonnée nordique ne seraient pas comparables ?

J'ai des sensations avec les uns, j'ai des sensations avec les autres, je compare.
Modifié il y a 9 ans
Des sensations ok mais difficile d'en avoir les mêmes attentes : coques rigides vs chaussures en cuir
Modifié il y a 9 ans
C'est effectivement un test " hors-normes " et j'avoue
que ça m'a surpris : le ski machin avec la chaussure truc
pour le pied gauche , le ski truc avec la chaussure machinchose pour le pied droit , ça décoiffe ….Mais
pourquoi pas, c'est certainement un moyen de mettre en
évidence des sensations .
C'est en tout cas un test interessant dans la mesure ou
Nicolas nous donne une indication utile sur les Crispi .
A première vue j'imaginais que le retour du cuir allait nous ramener un type de chaussure cuir très costaud , lourdes , mais d'une précision dans la conduite comparable a celle des coques légères type T4 .
D'après le test c'est pas tout a fait ça : ce sont certainement de très bonnes chaussures mais l'option
retenue avec un cuir assez fin semble d'avantage le confort
et la souplesse que le guidage de ce putain de ski arrière …
Modifié il y a 9 ans