Quel est la place du SRN au sein du " Nordique " ?

Il est vrai qu' une qualification SRN serait bien pour les AMM, comme cela se fait pour le VTT. Certains d' entre eux ( la plupart ) sont capable d' apprendre beaucoup sur la nature à ceux qui lèvent le nez des spatules.
https://www.facebook.com/ThomCugnod/
Modifié il y a 9 ans
Je suis toutà fait d'accord avec la remarque de Tom38. D'ailleurs pour moi c'est toujours un réel plaisir l'été de participer à une petite sortie avec un AMM , tant on apprend des petits détails, et même sur des parcours simples qu'on pense parfaitement connaître.
8-)
Modifié il y a 9 ans
Pour boiteafond, je suis allé en février 80 accompagner une classe de neige de la "banlieue" de Limoges à Formiguères et la même année fin mars pour un stage d'animateur sur Matemale ou le contraire.
Désolé je n'y ai plus remis les pieds depuis mais je me souviens d'une course par 2 il me semble qui était la traversée du Capcir.

Bon, pour en revenir à la place du nordique, c'est un vaste sujet.
C'est vrai qu'à trop vouloir ressembler à l'alpin le nordique s'est dénaturé, comme le soulignait un AMM dans un ski de fond magazine de quelques années. Le pas de patineur qui a amené un élargissement des pistes là où parfois en neige poudreuse une simple motoneige et un traceur vous donnait du plaisir, a modifié la donne. Mais c'est ainsi on ne peut aller contre le vent de l'histoire.
Le skating donc, a amené au ski une autre clientèle issue essentiellement du vélo avec un certain état d'esprit (pas pour tous les cyclistes, je ne veux surtout pas faire d'amalgame). Ils étaient réticents avec le classique à cause de l'alchimie empirique du fartage. Et puis comme il a été souligné dans un post, à cause aussi du côté moins ringard.

Je me souviens pour les JO d'Alberville, Richard Diot qui officiait comme commentateur avec Yvon Mougel (un super biathlète) comme consultant, avait dit au départ d'une course en classique :
"Malheureusement aujourd'hui, pour notre grand déplaisir, ce n'est pas en skating" et après encore maintes explications il avait presque poussé Yvon Mougel à répondre "oui c'est moins beau, moins esthétique …"
Alors 20 ans après les propos ne sont pas bien sûr à l'exact, mais l'esprit y est.
j'avais écrit à la télé à l'époque en disant qu'un commentateur n'avait pas à prendre parti. Imaginez un "malheureusement aujourd'hui ce n'est que du rugby, pas du football".
Lorsque je faisais du classique chez moi j'avais droit à ce type de réflexion : "c'est fini ça !" et je répondais : "je crois que c'est le ski de fond qui est entrain de finir".
Depuis 20 ans le nordique fond comme neige au soleil.

Si l'alpin a eu sa période "difficile", il a su rebondir contrairement au nordique qui s'est lancé dans une fuite en avant : pistes larges donc gros matériel coûteux, plus de km, suppression de beaucoup de sentiers de randonnée balisés et tracés 3 fois par saison.

Car lorsque l'on parle de randonnée et comme le fait très justement ressortir boiteafond, le srn est plus lié à la connaissance du milieu et n'importe qui ne s'aventure pas hors traces. Et en passant en piste permanente les itinéraires balisés de randonnée (petite) on a rejeté une clientèle qui n'avait pas la connaissance mais appréciait la nature. cette même clientèle, rejetée sur la bande d'arrêt d'urgence des pistes larges, a soit déserté, soit s'est tournée vers la raquette, que le nordique a voulu et veut toujours récupérer.

Regardez la course à pied et surtout les trails ! C'est impressionnant ! Celui du Sancy qui aura lieu en fin de mois je crois est complet à 1000 inscrits depuis début décembre. Il faudrait me payer cher pour aller courir dans la neige, mais on retrouve (j'en ai fait un chez moi en juin et j'ai beaucoup de copains qui en font régulièrement)le même esprit que les courses populaire en fond des années 80. On retrouve un peu les mêmes personnes avec le même enthousiasme.
Mais je crois que l'engouement pour la course à pied est irréversible car ce sport correspond bien au monde actuel en perpétuel recherche de temps : peu de temps pour le pratiquer (2 fois 30' par semaine et vous vous entretenez sans bien sûr de recherche de performance) équipement peu coûteux, pas de technique, gratuit et on peut le pratiquer partout.

Le ski de fond prend plus de temps, demande un minimum de technique et a un certain coût. De plus avec des médias qui n'arrête pas de parler de réchauffement, ça finit de le faire fondre.
Songez que dans les années 80, à Picherande, qui était la mecque auvergnate du ski nordique, dans le Sancy, il y avait 120 licenciés au ski club pour moins de 500 habitants.
Le club a plié boutique depuis un bon moment. Il y avait également 3 magasins de ski dans ce village !

Les moniteurs font de la ballade raquettes ou officient comme il est dit par Sancho il me semble, dans les jardins des neiges de l'alpin.
J'avais été impressionné, en 1999, en séjour une semaine à la Féclaz (un domaine parmi les plus grands je pense), ne voir qu'un moniteur qui avait environ la cinquantaine. Peut-être que je n'y étais pas au bon moment, c'était pourtant aux vacances de février.
Les foyers et centre école ANCEF ont fondu et les domaines nordiques ont fini de s'enliser.
Là où il y avait la foule ne reste que les sportifs essentiellement. Pourtant, jamais les résultats des fondeurs français n'ont été aussi brillants. C'est vrai que la chasse aux dopages a dû changer la donne, comme pour les finlandais qui n'arrive pas à se relever de ça et lisser les nations. Il y a aussi une grande part de travail et une approche beaucoup plus professionnelle pour les athlètes. Je me souviens de Marie-Christine Subaut qui se plaignait d'arriver aux courses avec son sac à dos alors que les grandes nations avaient déjà tout un staff et des moyens financiers.
Mais cette approche de la compétition a fait oublier la formation grand publique des moniteurs et là où finalement un AMM comme vous êtes plusieurs à le dire, ferait l'affaire dans une approche plus nature sans délaisser une certaine technique, on a un gars qui vous exécute un pas de patineur grand style.

Là où depuis 10 ans on prône (les assises du nordique, les observateurs) le retour à un ski plus nature et ludique, moins de km linéaire, 2 traces classique côte à côte, les domaines continuent sur leur lancée.

Quant au péage des pistes, il faudra le revoir. En effet, ce système qui se voulait égalitaire avec des prix identiques est dépassé. Aujourd'hui on ne peut accepter de payer le même prix ou presque que l'on mange chez Bocuse ou au bistrot du coin.
Pour ça l'Alpin est logique. Plus de pistes, de services … tarif plus cher, pour moi c'est normal.

Le nordique fera un grand pas en avant quand il aura compris qu'il doit conjuguer toutes les pratiques pour que les domaines deviennent des centres de neige, avec moins de pistes damées et surtout pour retrouver un rôle social par rapport à l'alpin : GRATUITES !
Toutes les collectivités mettent de l'argent dans le nordique et en traçant moins, en ouvrant pour beaucoup que les WE, mercredi et vacances, la somme à investir serait inférieure à celle mise pour compenser le ratio recette/jours d'ouverture.
Si le nordique générait de l'argent ça se saurait, car les privés y seraient déjà.
Comme l'avait dit un élu aux réunions préparatoires de la naissance du domaine nordique (87/8smile des crêtes du Forez : "mais qu'est-ce que vous en avez à faire du déficit c'est de l'argent publique !"

Bon, je vais manger, j'ai skié cette après-midi et c'était excellent !
:-D
:lol: :-P
Modifié il y a 9 ans
Oui le cadre juridique qui définit les prérogatives de l'encadrement et de l'enseignement du ski est strict, et un AMM n'est pas près d'y trouver une place, même s'il serait de part sa sensibilité plus enclin à faire du bon boulot en srn que bien des moniteurs de fond.

Oui les moniteurs de ski de fond scient la branche sur laquelle ils sont assis en mettant en avant un enseignement orienté sur un ski de rendement et de performance qui ne convient qu'à un public sportif.

Oui ils portent une responsabilité dans cet échec.

Oui le créneau de formation copié sur l'alpin il y a quelques décennies, formate les moniteurs dans ce sens.

Oui ce formatage a été largement profitable aux résultats des équipes de France de ski de fond au niveau international, car chaque BEES 1° est déjà formé pour être un bon entraîneur, plus que pour répondre aux attentes d'une clientèle populaire.

Oui le SRN peut s'enseigner, mais je n'aime pas le slogan: "le plaisir ça s'apprend", car en fait c'est le rôle du moniteur de l'induire ce plaisir, et par ce biais de stimuler la curiosité, et l'envie de progresser chez son client.
La pédagogie de la découverte appliquée dans quelques jardins d'enfant en alpin me semble pertinente. Dans le cadre de pratique du SRN ce qui énormément bon pour moi, c'est la diversité des sujets à même d'apporter du plaisir ou de la difficulté. Il y a des jardins plus étroits que d'autres, celui du SRN est immensément grand, beau et diversifié.

Non cette situation dans le nordique n'est pas irréversible, car il faut couler pendant un moment avant de toucher le fond pour mieux rebondir.

Oui il y a des ouvertures possibles en ce moment, avec une réforme des contenus du BEES en cours.

Peu importe ce qui sera décidé, le centre national de ski nordique est managé par un directeur qui aime la diversité et qui sélectionne ces intervenants dans ce sens.
Ca ne révolutionnera pas le monde du nordique en deux temps trois mouvements, mais si le cadre de la formation est assez borné, il laisse une belle liberté sur la façon de traiter le sujet pour les formateurs. Pour peu que ceux ci, soient un peu ouverts d'esprits, la grosse machine du nordique devrait pouvoir avoir des perspectives de redresser le cap, et se rapprocher des côtes d'un continent autrefois plus populaire.

Pour boitafond: je me fou de qui entre fischer, salomon, rossignol ou autre guignol a sorti en premier dans les années 80 ou 90 un ski large. Aucun de ces fabricants n'est à l'origine du ski large ou du ski parabolique.

Pour talon libre, je suis d'accord pour dire qu'aucune forme de glisse ne doit s'opposer, elles ont toutes une origine commune, et des sources de plaisirs en commun.

Ce qui oppose ski de fond, ski alpin ou SRN, ne se situe pas dans le plaisir de la glisse, ou dans le bonheur de partager un moment en montagne. Ce qui oppose ces activités, c'est la façon différente qu'elles ont de tenter de récupérer du profit économique sur le dos de la montagne, en méprisant plus ou moins selon l'activité la qualité de ce milieu montagnard.
Les joies de la glisse sous un dome à Dubaï, en tant que moniteur, je me fou de ce qu'en pense mon banquier, cela ne m'intéresse pas plus que de prendre le costume de Mickey à Disneyland pour gagner ma vie.
Les grosses stations alpines sont à mes yeux de vastes parcs d'attractions, qui écorchent la montagne et font vivre une économie.
Le ski de fond n'aurait jamais dû s'éloigner de la qualité de son milieu, pour se centrer sur le rendement nécessaire à la compétition. Il y a des parcs d'attractions qui marchent mieux que d'autres, ce sont ceux où l'adrénaline est facile. A ce jeu le fond a perdu sa rentabilité économique.
La clientèle potentielle du SRN, même formatée par "la montagne ça vous gagne" du petit écran, reste sensible à l'intérêt de prendre du temps dans leurs vacances dans des environnements préservés.
Que ce soit en ski de fond où en SRN, le jour où les moniteurs se préoccuperont de ce genre d'attentes avant de chercher à vendre de la glisse, ils donneront le sourire à leur banquier.
Et le sourire de mon banquier, je m'en cogne, si ça passe par du n'importe quoi, qui ne sera pas durable pour la qualité de vie de mes enfants.
Modifié il y a 9 ans
Pour Sancho :

Modifications du BE fond :

- je rêve d'un BE qui aime ses montagnes et ses clients, qui soit un passeur, relié par un lien quasi-charnel avec les espaces enneigés, et pas un employé de luna-park des neiges.

- je rêve d'un BE coureur des bois (et pas des boîtes…smile toujours prompt à donner les bons tuyaux pour passer une bonne nuit sans être transformé en glaçon.

- je rêve d'un BE, un peu Merlin sur les bords, qui connaisse la neige et les bonnes orientations où se faire plaisir.

- je rêve d'un BE qui donne confiance au nouveau skieur et lui ôte la peur de la pente, afin que ce nouveau skieur goûte aux joies de la glisse dans la fraîche, sans l'embêter avec des conseils ultra-techniques.

- je rêve d'un BE qui accompagne ses clients vers l'autonomie.

Certains, de la part leur vécu personnel, ont déjà ces qualités, surtout parce qu'ils ont su résister au formatage.

Avec de tels ambassadeurs, le ski ne s'en portera que mieux dans des régions de moyenne montagne que les gros aménageurs condamnent déjà.

Vive le ski libre et les esprits libres…

Photo ci-dessous : Annie, amatrice de skating à ses heures, trace librement sa route en fin de journée, sous la pointe de Puvat, en descendant vers ND des Neiges sur le plateau des Glières en Haute-Savoie - vendredi 13 janvier 2012

Talon libre
Libère ton talon, libère ton esprit…
http://www.montagn.com
Modifié il y a 9 ans
Superbe cette photo, cela résume tout il me semble.
Modifié il y a 9 ans
En Suisse (hors-Jura), c'est sans espoir…
Entre les stations de ski (1/6e du territoire au-dessus de 1200 en Valais p.ex.), les pistes de fond, les snowshoes trails (sic, sauf erreur déjà plusieurs milliers de kilomètres), les pistes de luge, les sentiers d'hiver dam(n)és, plus de place.

Et voilà ce qui risque d'arriver si vous ne payez pas vos vignettes de ski de fond…
Modifié il y a 9 ans
Bah!
Modifié il y a 9 ans
Robert, cesse de pervertir les esprits des bons moutons de Panurge, ton agitation propagande en faveur d'une neige dangereuse, loin des balises, me heurte au plus haut point.
Des rebelles de ton espèce, cela devrait être interdit… :-D :-D :-D

Tu viens quand me voir dans le Jura? :-) Nous irons faire une bise aux chamois.

Talon libre
Libère ton talon, libère ton esprit…
http://www.montagn.com
Modifié il y a 9 ans
Bonjour
Moi j'ai envie de commenter sur la magnifique photo de Talon Libre qui m'a noué les tripes.
J'aurais bien pu prendre cette photo dans mon coin du Massif Central…mais il y a 20 ans. Certe le sapin est toujours là, le mouvement de terrain aussi, mais en imaginant une photo-montage il faudrait ajouter aujourd'hui, à droite, déployés sur une largeur, le passage d'un groupe de personnes en raquettes, à gauche la trace de la dameuse du site nordique local qui a étendu son réseau de pistes, et aussi colorer le ciel avec les "parapentes" (pardon, je ne suis pas sûr du terme anglo-saxon dédié) des skieurs alpins échappés des stations. Et dans un futur proche, en arrière-plan, un champ d'éoliennes (deux seulement apparaîtront sur la photo).
Et en comparant la photo d'hier et celle du XXIème siècle on voit le randonneur toujours là, à la même place, mais on ne voit plus sa trace car le manteau de poudreuse est souillé, le ciel est multicolore, et le calme qui transpire de la photo a fondu: le groupe en raquettes papotte, un patineur court après son ombre, les voiles s'agitent et les éoliennes tournent aux vents.
Bien sûr que je suis content de retrouver le patineur avec qui je skiais quelques années plus tôt et que n'ai pas réussi à convertir, bien sûr que le jour d'une sale chute j'apprécierais qu'une personne en raquettes utilise son portable (je vis sans !), rechargé à l'électricité éolienne, pour demander du secours… qui arrivera dans la dameuse,… mais j'assume, je préférais avant.

Alors "la place du SRN au sein du nordique ?" ,la question du sujet présent.
Les fabricants proposant du matériel de SRN écourtant l'apprentissage, permettant de se faire plaisir plus rapidement, le matériel se choisissant désormais "en ligne", le GPS facilitant (peut-être? je vis aussi sans GPS !) l'orientation, le Journée de la RN à Méaudre ayant permis à peut-être 200 personnes de goûter au nordique (pour 5,00€, matériel tip-top et 1heure de moniteur !) ,alors peut-être que dans quelques années le randonneur de la photo sera accompagné. Mais même s'il n'est plus seul, il lui faudra partager l'espace avec d'autres activités, nordiques ou pas nordiques. Une d'elles se fait discrète pour l'instant…mais on est à un texte modifié pour que les motos vertes qui parcourrent le massif dans tous les sens durant les 3 saisons (l'accès aux espaces leur a d'ailleurs été récemment simplifié) ne se transforment en motoneiges l'hiver.
Modifié il y a 9 ans