Tour du Mont Lozère du 5 au 9 janvier 2009

Je viens de terminer le récit d'une randonnée nordique autour du Mont Lozère (pulka, raquettes et ski) .
Je l'ai posté sur le forum de Carnets d'Aventures et le duplique ici car il y a peut-être des membres qui ne le fréquentent pas.

Tour du Mont Lozère du 5 au 9 janvier 2009

La rando hivernale en autonomie m'attire de plus en plus. Je rêve d'un trip un peu long, mais cela ne s'improvise pas.
Le rêve c'est bien, l'idée que l'on peut s'en faire à travers des récits, c'est bien aussi, mais le vivre c'est une autre chose.
Donc pour l'instant, je me lance dans de petites randos pour acquérir de l'expérience, pour tester mon matériel et surtout mon moral.
J'ai déjà lu pas mal de livres et de témoignages, mais rien de tel que le vécu pour se faire une idée plus précise et pour apprendre.

L'idée de partir seul ne me déplaît pas et a pour moi un avantage certain : toute décision me paraît plus simple à prendre et à assumer (itinéraire, orientation, longueur de l'étape, lieu et conditions de bivouac). Cela doit compenser le risque de solitude et l’impossibilité de partager en temps réel, les émotions, les sentiments.
En fait le compromis c'est Ilouliak : Il est prêt à me suivre et à dormir n'importe où. Il me procure une compagnie agréable et réconfortante. Je peux lui parler et même s'il ne me répond pas, il aura une attitude que je pourrai interpréter comme bon me semblera!

Après une bonne journée passée à choisir le matériel et la nourriture à emporter, à tenter d'obtenir des infos pertinentes sur la neige, nous prenons la route en fin d'après midi en direction de la station du Mas de la Barque.
Première difficulté, la route menant à la station via Genolhac est barrée et il faut accéder par Villefort. Lors de mon retour, je rencontrerai une manifestation des habitants et d’élus, et signerai une pétition pour demander aux collectivités les moyens pour réparer et rouvrir cette route fermée depuis les grosses pluies de novembre.

Arrivé à destination, je constate qu'il y a une bonne quantité de neige, mais d'une qualité assez mauvaise puisque excessivement glacée. J'ai emporté la pulka, les skis, les raquettes et un gros sac à dos. Difficile de faire un choix, je renonce à démarrer la rando de nuit, et dort dans la voiture en guise d'échauffement. :lol:



Jour 1 : Mas de la Barque – Le Cros (16 km)
Une fois le jour levé, je fais une petite reconnaissance : Il a du pleuvoir puis regeler ce qui donne une neige extrêmement dure. La pulka fabrication maison risque de souffrir, mais c'est l'occasion de voir et j'aurai plus d'autonomie qu'avec le sac à dos. Les raquettes avec leurs crampons sont indispensables et je décide d'emporter quand même mes skis de fond au cas où je rencontrerais de meilleures conditions.
Le Mas de la Barque est une jolie petite station de ski de fond. Il n'est pas envisageable pour moi d'utiliser les pistes de fond avec la pulka et Ilouliak.


J'emprunte donc les traces raquettes et piétons durant quelques kilomètres


Puis c'est le hors piste intégral avec les premiers ruisseaux à traverser.

Certaines portions sont chaotiques et je dois parfois tirer violemment sur la pulka pour lui faire franchir les obstacles. Lors du passage d’un obstacle un peu plus gros, j'entends derrière moi un bruit de bois cassé. Evidemment en l'absence d'arbre ou de branche, j'ai du mal a y croire, mais pense à ma pulka en bois. Je me retourne et constate tout de suite que ce n'est pas elle qui a souffert, mais la paire de ski que j'avais négligemment arrimée dessus, spatules vers l'avant. Ils ont heurté violemment la bosse suivante et un ski est cassé au niveau de la spatule. Elle n'est plus reliée au reste que par le plastique du dessus. Ça va être encore plus difficile de les utiliser !!! smile


Je verrai plus tard et poursuis mon chemin qui passe par le hameau de Bellecoste






Puis je rejoins le Tarn, eh oui c'est lui !!!


Avec le pont, certains reconnaîtront peut-être mieux.


Mais attention à ne pas s'approcher trop au bord !


La pause repas au bord de l'eau s'impose.


Magnifique n'est-ce pas ?


Je reprends paisiblement la progression, et m'imprègne de la tranquillité des paysages.


Au passage, je visite les hameaux désertés de l'Hôpital, Salarial, le Cros. Le soleil se couche, il va bientôt falloir trouver un lieu de bivouac.

Un petit bout de forêt me protégera un peu de la petite brise qui se lève. Il fait –6°, l'important est donc de ne pas rester inactif. Je fais un peu de terrassement dans la neige afin d'améliorer un tant soit peu la protection et le confort pour cette nuit à la belle étoile. Je décide ensuite de rechercher du bois mort et de faire un petit feu. Pas vraiment dans le but d'avoir de la chaleur, mais surtout pour m’entraîner et m'occuper. Le démarrage est un peu délicat, mais la persévérance paie et je peux faire fondre de la neige pour mon repas, pour remplir ma thermos et pour l'eau d'Ilouliak.
Tout cela a pris du temps et il est environ 21h quand je m'enfile dans mes deux sacs de couchage. En effet, je ne suis pas équipé de sac grand froid, je dors habillé et utilise un sac léger (min 5°) dans un sac standard (min 0°).
J'ai glissé au fond les appareils électroniques (photo, gps, portable), les chaussettes et les gants ainsi que l'eau d'Ilouliak afin qu'elle ne gèle pas Je lis un peu avant de m'endormir, mais j'avoue que ce n'est pas facile de tourner les pages avec des moufles…




Jour 2 : Le Cros – Plan Fédio (15,5 km)
Le jour se lève. Un coup d’œil sur le thermomètre, il fait –8°. Bon je resterais bien encore un peu au chaud dans le sac.
Je ne vais pas vous raconter que j’ai bien dormi, mais je n’ai pas ressenti la sensation désagréable du froid, c’est plutôt l’inconfort qui m’a dérangé. La neige, c’est moins confortable que l’herbe. Et même en ayant pris soin de la tasser, elle prend les premières formes que votre corps lui donne et dès que vous bougez, vous ressentez les bosses et les creux.
Je prends mon petit déjeuner puis me décide à sortir du sac et à enfiler mes chaussures froides.
A partir de là il faut faire vite pour ranger les affaires dans la pulka et se mettre rapidement en œuvre pour se réchauffer.
En me faufilant entre les arbres pour sortir du petit bois, je prends une branche dans le front. J’ai l’impression d’être entaillé, mais en passant mes doigts, je ne relève pas de sang. Je me rends compte que je n’ai pas de petit miroir et si j’avais du mettre un des strips que j’ai dans ma pharmacie, j’aurais été bien en peine. Donc à rajouter sur la liste en rentrant.
Après quelques kilomètres, j’arrive sur les pistes de ski de fond du col de Finiels. Je fais une réparation de fortune de ma spatule à l’aide de ruban adhésif et troque les raquettes pour les skis. Le scotch tient quelques kilomètres, mais lâche subitement. Mon ski s’arrête net et je plonge en avant !!!
Je ne rencontre personne, d’ailleurs aucune voiture n’est garée au col et il n’y a aucun contrôleur pour me demander de régler la redevance. Je traverse la route déneigée en portant la pulka et m’attaque à l’ascension du sommet (1699m) que j’atteindrai pour l’heure du repas.


Les nuages arrivent à l’horizon et annoncent la perturbation prévue. Heureusement, quelques rochers permettent de s’abriter du vent durant le repas.

Le poids ayant moins d’importance avec une pulka qu’avec un sac à dos, j’ai emporté quelques fruits et une boîte de petits pois carottes. Mais tout est gelé, je suis obligé de faire réchauffer la boîte au bain-marie et de mettre mes quartiers de pomme dans l’eau chaude pour pouvoir les manger.


Le Mont Lozère est une succession de petits mamelons que je vais franchir l’après-midi.


Nous sommes maintenant dans les nuages, mais la lumière du soleil arrive à les traverser.

Ceci donne une ambiance extraordinaire. J’ai l’impression d’être au milieu de nulle part, je peux m’imaginer dans le Grand Nord, avec des kilomètres vierges devant moi.


D’ailleurs, les poils d’Ilouliak commencent à givrer, les miens certainement aussi !!!

C’est magique, je navigue au cap. Il ne manque plus qu’un gros blizzard pour vraiment s’y croire.
Je n’ai pas prévu mon itinéraire à l’avance et encore moins mes points de chute, mais j’ai repéré sur la carte quelques maisons forestières dont je ne sais ni si elles sont ouvertes, ni leur état. En cours d’après-midi je fais le point sur ma position. En une bonne heure, je devrais pouvoir rejoindre celle du Plan Fédio. Si elle convient, tant mieux, sinon, je bivouaquerai à proximité.




La voici, elle est en bon état, dispose d’une table, d’une cheminée et de bois un peu vert laissé par les précédents occupants.




Jour 3 : Plan Fédio - Trabaldéche (21,5 km)
Au matin, il fait –4° dedans et je mesure –10° dehors quand je vais chercher de la neige pour préparer mon petit déjeuner.
Compte tenu des conditions de neige rencontrées les 2 jours précédents en orientation sud, j’ai une idée un peu plus précise de l’altitude mini à laquelle je peux descendre (1250 à 1300m) sans problème pour la pulka. Ceci me permet de faire quelques prévisions concernant la suite de l’itinéraire avec l’objectif pour aujourd’hui de couvrir plus de kilomètres.


La piste forestière Font Bernard me conduit à un autre abri ressemblant à celui de Fédio.
L’équipement est similaire : cheminée et table,


mais l’environnement est différent : en forêt à proximité d’une petite réserve d’eau.
Par un petit chemin où l’accumulation de neige forme un dévers fatiguant à négocier, je passe ensuite juste au-dessus des hameaux des Badieux et des Laubies. J’en profite pour voir si le portable passe et donner de mes nouvelles à Sylvie. Elle m’apprend qu’il y a 40 cm de neige à Aix en Provence, que tout est bloqué et que c’est la panique à Marseille. J’aurai loupé ça !!!
Ici il tombe seulement quelques tous petits flocons Mais la visibilité est souvent de moins de 100 mètres.


Cela ne nous empêche pas de faire une halte pèlerinage au Roc des chiens Fous.


Qu’il serait peut-être opportun de rebaptiser Roc du Maître Fou
La piste amorce alors une descente vers le village des Sagnes.
Pour le traverser, je n’ai d’autre possibilité que d’emprunter la route sur quelques centaines de mètres. Elle est fraîchement recouverte par un ou deux centimètres de neige, mais cela est trop peu pour la pulka. Je l’installe donc sur le chariot que j’avais prévu au cas où.

Me voici donc traversant le village, tirant d’une main une étrange coque en bois bâchée de bleu, et retenant de l’autre main un Malamute envieux d’aller dans les étables faire connaissance avec le bétail.
Jusque là, tout va bien, je maîtrise. Mais, venant dans ma direction, un homme promène ses 4 chiens. Ils avancent de front devant leur maître. Bien qu'ils semblent calmes et décontractés, j'appréhende un peu le croisement avec Ilouliak.
Visiblement, le maître a confiance en ses chiens et vraisemblablement en nous. Il ne faut pas le décevoir. Je continue donc également ma progression comme si de rien n'était. Juste quelques petits mots à Ilou :
"calme mon chien, gentil, calme."
Rapidement nous sommes suffisamment proches pour nous saluer. Le contact entre les chiens est imminent. Comme les autres ne sont pas tenus en laisse, je ne dois pas tirer Ilouliak, du moins tant que tout se passe bien. Ils se flairent quelques secondes, puis c'est le premier grognement.
"Non Ilouliak" et une petite tirette sur la laisse, tandis que l'autre maître en quelques mots intime l'ordre à ses mâles de se reculer.
"Elle, c'est une femelle, il n'y aura pas de problème." Me dit-il.
"Dites donc, ils obéissent bien !"
Nous les laissons se renifler quelques secondes, puis comme la neige et le soir tombent, nous reprenons notre chemin.
"C'est bien Ilouliak, t'es un bon chien." Quand il entend cette phrase, il s’assied et attend la petite friandise qui le récompense.

Un peu plus loin, je fais quelques pas en compagnie d'une dame un peu plus locasse qui s'inquiète de savoir où je vais dormir, si je ne crains pas la nuit et le froid. Je la rassure, lui indiquant que j'ai ce qu'il faut dans la pulka. Elle me prévient que le chemin vers lequel je me dirige est encombré d'arbres tombés et que je risque fort de ne pas pouvoir passer.

Effectivement, il y a dû avoir une tempête dans le coin. Durant environ un kilomètre, il m'a fallu louvoyer, parfois passer à quatre pattes sous les branches et d'autrefois passer des barbelés pour progresser hors du chemin.
Enfin, une fois le gros de la difficulté passée, il fût temps de trouver un lieu propice au bivouac. Je m'enfonçai dans la première forêt de sapin venue afin de m'abriter du vent et puisqu'il neigeait, je débutai l'installation de mon abri.
Je n’avais pas emporté de vraie tente, mais la toile extérieure d’une vieille mono-mât.
J’utilisai mes bâtons de marche comme mât central et quelques morceaux de bois morts recouverts de neige en guise de sardines.

Malgré les –5°, nous passâmes une bonne soirée et une bonne nuit.


Jour 4 : Trabaldéche- chalet de l’Aigle (21,5 km)
Durant la nuit, la neige s’est calmée et j’évalue à seulement 5 cm ce qu’il est tombé.


Mon abri n’a donc pas eu de mal à résister et a parfaitement rempli sa fonction.

Ce matin, une nouvelle petite mésaventure enrichi encore mon expérience : par manque d’attention, j’ai du replier ma carte légèrement humide ou avec quelques flocons de neige entre les plis. Ce matin, avec le gel certains plis sont soudés (évidemment ceux qui m’intéressent) et il m’est impossible de la déployer. Heureusement, tout rentre dans l’ordre après un petit séjour entre 2 couches de vêtements. Au programme, environ 3 km de hors piste pour rejoindre la route forestière des chômeurs. Le temps est très couvert et je dois me concentrer sur la navigation, ce qui n’est pas pour me déplaire.


En fin de matinée, le soleil tente de faire une apparition et laisse entrevoir un peu de ciel bleu.
Mais ce sera de courte durée et durant le repas, les nuages envelopperont à nouveau les paysages.


L’abri situé en bordure de la D20, à environ un kilomètre au sud du col de Finiels ne possède plus que quatre murs. Le toit est en grande partie effondré, mais cela me permettra tout de même de prendre mon repas protégé du vent.
Je traverse la route et prends un cap pour rejoindre la route forestière du Mont Lozère.

Le temps ne s’arrange pas, le vent fait son œuvre en déplaçant la neige tranquillement mais sûrement, si bien que parfois le tracé de la route n’est plus perceptible.
J’ai de nouveau le sentiment d’être au milieu de nulle part.
Puisque c’est ainsi, je me colle les écouteurs du MP3 sur les oreilles et massacre à tue-tête quelques-unes de mes chansons préférées comme Pardon, l’hommage à la nature d’Alain Souchon : "Collines fatiguées pleurez votre nitrate" "Le jour se rêve dans la nature"
Du fond du cœur, je lui demande pardon à cette nature qui me permet de vivre et me procure tant de plaisir. Mais dont l’homme abuse sans cesse.
Pardon…


Lors de mes courtes pauses pour faire le point et manger une pâte de coing faite maison, Ilouliak prend quelques moments de repos à l’abri derrière une congère et un arbre.


Lui aussi semble ailleurs.


Mais il reste digne.


Quand cela s’y prête, il prend le relais. Bon là, il va falloir qu’il ralentisse pour ne pas chopper un PV et se voir retirer quelques points sur son permis de conduire d’une pulka !!!

Je me suis fixé le chalet de l’Aigle comme objectif de la journée, pas spécialement pour y dormir, d’ailleurs je ne sais pas si cela est possible. Mais parce qu’il est assez proche du Mas de la Barque et que demain, je n’aurai qu’une demie journée à consacrer à la marche.
Je passe un petit col, comme j’en ai passé de nombreux durant ces derniers jours, mais pour la première fois, le paysage que je découvre de l’autre côté est radicalement différent. Fini les reliefs doux, j’ai sur ma gauche un précipice au fond duquel je distingue la route reliant Villefort au mas de la Barque. Le jour baisse considérablement et il reste deux kilomètres de descente que nous allons parcourir à un train d’enfer.
Raquettes aux pieds, je cours derrière la pulka et Ilouliak. Je vous rassure, une cordelette me relie à l’équipage évitant toute catastrophe.
Comme je regrette que mes skis soient hors d’usage.

Le chalet a l’air en bon état, je dégage la neige accumulée devant la porte et pénètre à l’intérieur : table, cheminée, bois, papier journal, bougies et mezzanine en bois pour le couchage. C’est parfait, enfin presque car je vais me rendre compte après l’allumage du feu dans la cheminée qu’une grande partie de la fumée refoule à l’intérieur. Je prends la précaution de vérifier à l’extérieur qu’une partie sort par la cheminée, ce qui me pousse à commettre l’erreur d’insister, estimant qu’une fois le foyer chaud ça ira mieux.
Hélas, rien ne s’arrangera et je devrai ouvrir en grand porte et fenêtres pour le rendre de nouveau habitable.
Je profiterai quand même du feu pour tenter une nouvelle réparation de mon ski. En le faisant chauffer ainsi que le scotch et en associant une petite attelle, j’obtiendrai un meilleur assemblage, qui j’espère tiendra plus longtemps que la fois précédente.


Sur cette photo prise le lendemain matin, on constate que le conduit de cheminée se résume à un tube d'un diamètre assez réduit.

Jour 5 : Chalet de l’Aigle – Mas de la Barque (9 km)
J'ai fini par dormir la fenêtre ouverte afin de supporter l'odeur de fumée régnant dans le chalet.
De toute façon, la température extérieure est remontée, il fait –1° ce matin.
Après un copieux petit déjeuner, je chausse les skis et profite pleinement de la descente qui continue jusqu'à la D66. Je souhaite ensuite suivre le GR, mais rapidement, je me rends à l'évidence : ici, à cette saison, son tracé est indécelable. Plutôt que d'emprunter la route, je choisis de remonter une forte pente sous une ligne électrique. La distance est courte, mais l'effort est intense. Il va sans dire que j'ai du rechausser les raquettes pour haler la pulka dans cette pente avoisinant les 30%
Je récupère ensuite le GR72 qui est maintenant praticable et rechausse mes skis.
Une pancarte m’indique le mas de la Barque à moins d'un kilomètre, mais je décide de faire durer le plaisir le plus longtemps possible en faisant une petite boucle supplémentaire par le rocher de Bayard. J’y prendrai mon dernier repas dans la neige.
Il faut maintenant me diriger vers le parking. Immanquablement le sentier que je suis rejoint une piste tracée pour le ski de fond. N'ayant d'autre possibilité, je l'emprunte en prenant soin de ne pas la dégrader. Avec les skis aux pieds et la dameuse que je tracte, il n’y a pas trop de problème.
Voilà, cette petite aventure est terminée.
Après avoir déneigé la voiture et rangé le matériel, je donne l'ordre à Ilouliak de prendre sa place dans le coffre. Souvent, après une rando de plusieurs jours, il a son compte et monte de bon cœur. Mais cette fois, il s'éloigne d'une dizaine de mètres et s'allonge à nouveau dans la neige. Manifestement, lui aussi prolongerait bien ce séjour….
Je m'approche de lui et le rassure :
"T'inquiète pas mon Loup, on rentre voir la maîtresse et la semaine prochaine, on retourne à la neige avec elle"


Conclusions :
Je suis pleinement satisfait du choix de la destination et je la recommande à quiconque aime la randonnée nordique. L'utilisation de la pulka ne pose pas de problème, elle est même recommandée pour ceux qui souhaitent l'autonomie. C'est l'option que j'ai choisie par goût de liberté et d'improvisation. Pour ceux qui voient les choses autrement, il existe des gîtes, situés à l'extérieur de la boucle que j'ai décrite. Souvent situés entre 1000 et 1100m ils étaient plutôt en dessous de la limite skiable.
Outre le plaisir que m'a procuré cette randonnée, j'ai enrichi mon expérience. Il me manque encore à affronter de grands vents et des températures plus basses pour la compléter. Maso ?
Comme je l'ai dit au tout début de ce récit : " je rêve d'un trip un peu long" eh bien ceci se confirme. J'avais dans ma tête le Canada ou la Scandinavie comme destination, mais je peux dire aujourd'hui que si un nouvel épisode neigeux important se déroulait dans le centre de la France, je n'hésiterais pas à me lancer dans sa traversée.

Ski ou raquettes ? A ce jour, compte tenu de mon goût pour une part non négligeable d'improvisation concernant l'itinéraire, j'emporterai toujours en priorité les raquettes qui sont d'une efficacité incontestable en terrain difficile : franchissement de ruisseaux, cheminement entre les arbres, dans des côtes supérieures à 10% avec pulka, sur neige verglacée.
Mais je ne délaisserai pas les skis car sur terrain facile ou normal, ils sont d'une efficacité et d'un confort supérieur aux raquettes. On pourra même me faire remarquer qu'avec de vrais skis de randonnée nordique au lieu de mes fragiles skis de fond de 2m10 par 50mm de large, leur domaine d'utilisation serait élargi.

Et le chien ? Certains l'auront trouvé craquant sur les photos et je peux assurer que c'est encore pire dans la réalité. Alors, difficile d'être objectif, mais je crois que je n'aurais pas eu le même plaisir sans lui.
Ilouliak (et les Malamutes en général) est un chien calme et paisible, son caractère colle parfaitement à la quiétude de ce type de randonnée.

Pat
Modifié il y a 11 ans
Bravo pour ton récit et des photos de cette rando hivernale.

Je pense comme toi qu'il y a pas mal de sorties de ce type à faire dans le Massif Central après un bon épisode neigeux .

Les raquettes avec de bons crampons , et de quoi faire passer la pulka sur des routes ou chemins déneigés paraissent évidemment indispensables .

Il te reste à améliorer le coté matelas :

ma suggestion :

un mousse épais alvéolé type RIDGE REST + autogonflant 120 cm :
tu peux installer ton sac à dos SUR le mousse à tes pieds , mettre dedans tes deux chaussures à plat dedans et fixer le sac sur le matelas mousse pour éviter qu'il ne glisse ; si la nuit tu bouges sur le matelas, tu peux prendre appui sur le sac à dos pour remonter,
De plus de fait de relever tes pieds durant le sommeil facilite la circulation veineuse, ce qui fait que tu as moins froid aux pieds .

Si tu prends une pulka c'est pour soulager tes articulations et améliorer le confort nocturne entre autres ..

J'espère que tu nous fera partager d'autres sorties de ce type..
Modifié il y a 11 ans
Je veux pas dire, mais que les photos c'est toujours le même qui bosse ! :-D
Alors on pourrait inventer une excuse à deux balles et dire qu'Ilouliak ne sait pas se servir un appareil photo …. ;-)

C'est beau ! o^k

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Adepte de la pulka suite à des soucis de dos.
"Ca ne sert à rien de se ruiner le dos à porter des trucs qu'on peut tracter !" (c'est de moi !)
Modifié il y a 11 ans
Bonjour,
Et bravo pour ce deuxième récit !
Je pars le 21 février pour le massif Central. Je n'ai pas beaucoup de temps alors je prévois de démarrer de Pessade et de filer vers le Sancy. Puy de la croix Morand, Puy de de la Tache,¨Puy de Monne, Puy de l'Angle, Roc de Cuzeau,Puy de Cacadogne, Puy du Sancy. Deux jours et demi de rando Raquette avec bivouacs.
A bientôt pour les photos et le récit !
Ce sera une première pour moi! Brr! :lol:
François
Modifié il y a 11 ans
Randoman a écrit:

Je pars le 21 février pour le massif Central. Je n'ai pas beaucoup de temps alors je prévois de démarrer de Pessade et de filer vers le Sancy. Puy de la croix Morand, Puy de de la Tache,¨Puy de Monne, Puy de l'Angle, Roc de Cuzeau,Puy de Cacadogne, Puy du Sancy. Deux jours et demi de rando Raquette avec bivouacs.
A bientôt pour les photos et le récit !
Ce sera une première pour moi! Brr! :lol:
François


attention à cet itinéraire, en raquettes. La neige est souvent glacée sur les crètes : il faut des crampons et un piolet. Tu seras souvent sur des terrains "d'alpinisme" et si les conditions s'en mèlent, dans les plaques de glace et le vent. Prudence…
pas de soucis jusqu'à la croix Morand. Prendre la crête du puy de Monne et éviter les combes et le val blanc. pas de problème juqu'aux crebasses. Terrain "alpin" ensuite, surtout sur le sancy, sans droit à l'erreur…

Sinon très beau récit de la traversée du Mont Lozère, à faire l'hiver prochain…
Modifié il y a 11 ans
Merci Vincent pour ces précieux renseignements. Je ne désire pas prendre des voies "alpines", penses tu que la montée du Sancy puisse se faire par une voie "douce".
Si tu peux m'aider pour un endroit de bivouac, je suis preneur !
François
Modifié il y a 11 ans
Merci lynx18 pour les conseils concernant le couchage

2 petites questions cependant :
Sur mon catalogue du VC, le Ridge Rest fait 1,6 d'épais est-ce cela que tu appelles épais ou en existe t-il un autre ?
Concernant l'autogonflant, par des températures négatives, fais-tu un complément de gonflage à bouche ? (apport d'humidité à l'intérieur qui risque de geler et de détériorer le matelas)

Pat
Modifié il y a 11 ans
A ma connaissance le RIDGE REST n'est vendu qu'en cette épaisseur, sinon tu as le Z lite pliant à 2 cm d'épaisseur qui est très bien , mais à mon avis, plus encombrant à caser dans la pulka .
Je possède les deux mais en fait j'utilise le RIDGE REST en hiver car je le roule à l'intérieur de mon gros sac à dos et je mets des affaires légères à l'intérieur du tube .

En ce qui concerne l'autogonflant, je suis tout à fait satisfaite de mon PROLITE 4 THERMAREST orange :

il faut surgonfler l'autogonflant :
Effectivement , ça m'est arrivé , il faut faire attention à ne pas mettre de gouttes de salive dans l'embout de l'autogonflant en hiver car après on ne peut plus le surgonfler ( sauf si on réchauffe l'embout gelé ) , la valve contenant des cristeaux de glace ( mais ça ne le détériore pas ): le mieux est de souffler à travers une minilavette perforée ou une compresse le jour du départ et de le laisser gonflé à plat dans la pulka : gain de temps quand on monte et démonte le camp, mais pas gain de volume dans la pulka !

Caresses à ton MALAMUTE adorable : mon rêve : posséder une ancienne ferme dans le HAUT JURA et pouvoir avoir un tel compagnon pour les virées hivernales !
Modifié il y a 11 ans