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Très belles images, épatante la maman dans sa gestion du balancement de la pulka en petits virages. Nous on a on modèle chariot qui fait poussette, remorque à vélo et qui se monte sur des skis. L'engin est beaucoup plus haut, sans doute moins stable, mais un seul retournement jusqu'à présent de la faute à papa. Dans le retournement, le harnais et les arceaux font que le marmot a très peu de chance de rentrer en contact avec le sol. Ceci dit on ne les emmènent pas dans le but de les térroriser.Notre chérubin avait deux ans cet hiver, il acceptait encore volontier de passer du temps dans la pulka, et en sortait pour jouer un coup de temps en temps sur les patinettes, ce qui donnait aussi de belles sessions de partage de la glisse en famille.
Modifié il y a 7 ans
Régis Cahn a écrit :

Sancho a évoqué la part des professionnels dans le développement de la randonnée nordique.

J'ai envie de lui dire, que je suis pas du tout sûr que le développement viendra ou puisse venir seulement des professionnels de l'accompagnement. (C'est une vision de pro sur le terrain)

Si on prend l'exemple du trail, du ski de rando ou du vtt, la plupart des pratiquants ne font pas appel aux professionnels. Certain oui, mais c'est pas le cas de la grande majorité.

En SRN, évidement plus il y aura de proposition sur le terrain pour offrir la pratique et plus il y aura de personnes qui vont gouter au SRN. Mais à mon sens ce n'est pas suffisant. Il est clair que l'addition offre d'accompagnement + offre de location = belle contribution au développement.

A aucun moment je ne revendique le fait que le développement du SRN ne peut se faire que grace aux moniteurs de ski.
Il est certain qu'il y a plein de gens qui ont le potentiel de faire du SRN sans passer par un professionnel. Parmi ceux là, il y en a qui feront le pas, et d'autres qui auront besoin d'un coup de pouce (amis ou pro) pour découvrir qu'ils en sont tout à fait capable.
Le SRN est susceptible d'intéresser plein de gens qui n'oseront pas aller tous seul, car il n'y a pas de chemin et que c'est aussi rude la montagne en hiver.
Et surtout il faut encore que les gens aient connaissance de l'activité.
Cet hiver avec Tatane, on a du avoir entre 250 et 300 personnes en balade, qui n'étaient jamais montés sur des SRN (sans compter ceux de la journée nationale de découverte). Je souligne juste le fait que plus de 80% d'entre eux étaient là principalement pour l'alpin et n'avaient jamais entendu parler de SRN, avant de nous croiser sur des pots d'accueil ou dans des plaquettes de l'office de tourisme.Il y a en France plus de 350 écoles de ski. En imaginant qu'il puisse y avoir un moniteur dans chaque école pour croire sérieusement au développement du SRN et s'y mettre avec énergie, je vous laisse imaginer ce que ça pourrait donner comme ordre de contribution au développement.




Je reviens sur trail, vtt, et ski de rando alpin.
Le trail explose, mais il n'est pas technique, et les limites de son développement sont à mon avis inscrites dans le fait que c'est physiquement très exigeant.
Le ski de rando alpin, voit sont nombre de pratiquants augmenter, mais c'est dur et technique, et c'est ça qui plafonnera son développement.
Le VTT s’essouffle, mais son développement a été remarquable. Je rejoins Forez quand il dit qu'une grande partie des gens renoncent car c'est trop physique dans les montées. Pour pouvoir avancer faut bouffer des kils, et il y a plein de gens qui n'ont pas assez de temps et ou de motivation pour entretenir un foncier suffisant. La pratique continue son essor du côté des remontées mécaniques, mais le potentiel de développement sera limité par le manque de casse cous.

Je crois sincèrement que l'éventail de personnes qui pourrait être réceptif aux plaisirs du SRN est sans communes mesures avec ceux de ces trois activités.
Réussir à aller partout en SRN n'est certes pas facile, mais très rapidement on acquiert une véritable autonomie de déplacement qui nous ouvre les portes à une infinité de balades. Et le SRN est physiquement exigeant dans la mesure qu'on souhaite qu'il le soit. En VTT si tu forces pas tu montes pas, en SRN si tu t’essouffles, tu as le droit de ralentir et ça avance quand même.
Un ex: cet hiver j'ai eu une dame de la cinquantaine sur un lundi gratuit: 20 min d'essai avec moniteur, et après je laisse le matos pour une heure et plus en fonction du monde.
La dame n'avait jamais fait de ski, elle était certes très douée. En 20 min elle maîtrisait, un pas glissé esthétique, un canard efficace, un chasse neige freiné et chasse neige virage correct. Je lui ai demandé de se coucher dans la neige à la fin des 20 min, pour lui apprendre à se relever avant de partir skier toute seule. Les conditions de neige étaient optimales. Pour moi c'est difficilement imaginable de faire partager une telle autonomie en si peu de temps même à un jeune sportif de 30 ans son cadet, sur des skis de fond ou des skis alpins.

La question des motivations posée par Grand Steak est importante.
Voilà un inventaire des plaisirs du SRN que j'ai pu identifier, ce n'est sans doute pas une liste exhaustive, et surtout certains de ces "plaisirs" peuvent être perçus de manière positive ou négative en fonction de chacun. ya pas d'ordre je les sorts à la volée.

- le plaisir de lecture dans le terrain pour faire sa propre trace en montée comme en descente, en fonction de sa forme du jour, de son niveau et de ses envies, des différentes qualités de neige selon les versants, selon que l'on est en espace ouvert ou en forêt.

- le plaisir de la diversité des gestes dans lesquels on peut toujours tenter de progresser voir d'innover.

-Le choix de son itinéraire pour optimiser le plaisir en fonction de la météo.

- les plaisirs de la glisse et de l'adrénaline qui va avec. Il y a là dedans le juste dosage qui convient à chacun en fonction de sa maîtrise du support.

- le plaisir de l'effort et de l'endorphine qui va avec un dosage appréciable selon les sujets.

Le plaisir de la diversité des situations qui s’enchaînent dans une journée: un profil montagnes russes est plus digeste qu'une montée sèche suivie d'une descente unique comme c'est souvent le cas en ski de rando alpin.

- le plaisir d'évoluer dans un cadre naturel préservé, d'apprendre à en percevoir la beauté, la fragilité, à le respecter. Il nous réserve souvent de belles surprises.

- les plaisirs liés au sentiment de liberté, qui vont de paire avec un apprentissage de l'orientation, des techniques de bivouac, de survie, avec une aptitude à évaluer les risques de la montagne…mais pas que, car on peut goûter au plaisir de la liberté d'user toute la poudre du champ de neige en remontant douze fois la même bosse avant d'aller en chercher une autre sans donner aucun signe de pertinence dans un itinéraire.

- les milles et une façon de trouver du plaisir en repoussant ses limites tout en mesurant de manière objective les risques: en ski de nuit, en expé loin de toute civilisation, au coeur de la tempête, et même avec la tête à l'envers…

- le sentiment de pouvoir prendre du plaisir partout avec le même matériel.

- l'activité et son cadre de pratique est propice aux échanges et la convivialité, entre les pratiquants.

- le plaisir d'avoir le temps de prendre le temps. De ne pas être obliger de forcer l'allure.

Il y a sans doute encore plein de chose, mais j'arrête là.

Je suis pleinement d'accord avec Talonlibre quand il dit qu'il faut diversifier les images, pour attirer du monde. Et j'ajouterais qu'il est intéressant d'illustrer tout le champ des possibles du SRN en insistant sur les plaisirs simples et en étant parcimonieux sur les extrêmes.
J'ai pas mal contribuer à montrer des images d'un ski qui passe vite en descente ou qui met la tête à l'envers. Je crois que c'est bien car il en manquait, mais c'est à double tranchant, ça peut attirer l'oeil d'un public potentiel et en effrayer une autre partie . De la vidéo avec la galipette, j'ai l'impression qu'on ne retient que la galipette alors que le reste me semble nettement plus intéressant en terme d'image.
Et dans le même ordre d'idée, et là c'est toujours pareil c'est un point de vue personnel, je trouve que dans un objectif d'élargir le champ des pratiquants, il y a à mon sens trop de communication sur le SRN, qui met en avant une activité dont la finalité serait de pouvoir partir sur de longues itinérances, voir d'aller planter la tente ou creuser l'igloo dans la montagne.
C'est bon pour nous de mettre en avant l'aboutissement de nos pratiques personnelles, mais si nous souhaitons élargir le champ des gens qui pourraient être amenés à apprécier nos délires, il faut à mon avis insister sur des messages qui montrent une activité beaucoup plus accessible à tous.
Le cadre de la vidéo de Régis avec en fond de tableau les villages du Vercors de cette année, me semble vraiment intéressante dans ce sens.
Elle illustre bien une certaine forme de liberté, d'évasion et en même temps d'accessibilité de la pratique. Sur les déplacements on a une vraie impression de facilité, mais en même temps ça donne une impression d'une pratique sportive qui se rapproche vraiment du ski de fond. Ca va toujours vite et fort (Régis il transpire pas mais on est en droit de se dire qu'il doit avoir une sacrée caisse)et un peu trop droit.
C'est mon idée du truc et on est pas obligé d'y adhérer, cependant dans le même terrain, avec un ou deux amis, avec des pauses dans les déplacements pour échanger une phrase ou deux, du rythme pépère dans une montée, une belle relance avant une descente, et quelques changements de directions, je pense que ça ne véhicule plus du tout le même message.

Je suis bien d'accord pour dire qu'il y a plus grandiose comme paysage sur les hauts plateaux que dans les fonds de vallées, mais à défaut de trouver des gens pour t'y initier, ce peut être intéressant de montrer que quand tu as loué un meublé au village, le SRN peut être un moyen autrement plus fun que ta voiture, pour aller chercher ton pain à la boulangerie qui est à 2km.
Dans le cadre de mon travail, sur des balades à la demi journée ou à la journée, souvent avec des gens qui sont peu skieurs: il y a toujours l'itinéraire idéal où tu pourrais leur faire partager le maximum de choses sympa d'un point de vue paysager, environnemental ou patrimonial et les 12 itinéraires bis possible en fonction des conditions de neige et du niveau du groupe.
Le but n'est pas de les asphyxier, du coup ça amène à réfléchir sur comment valoriser ta balade quand tu ne vas sur tes objectifs initiaux. Ca passe vraiment par de la diversité de terrain, des ptits creux, des ptites bosses, ça tourne à gauche à droite, une belle pente, et ça remonte pour redescendre un coup. Je crois qu'à tout age et tout niveau, les gens adhèrent à ça, car le temps file plus vite dans les virolets que dans les grandes lignes droites. Il y a un côté ludique qui est encore peu mis en valeur dans nos messages je crois.

Dans un post précédent, quelqu'un évoquait le boom de la course à pied, lié au côté facile, quand tu as peu de temps. Celui qui a la chance d'habiter en montagne à vite fait en rentrant du boulot de chausser les skis derrière son garage pour aller prendre un bol d'air de décompression.

Ce sont les petits plaisirs du SRN qui ne sont pas assez mis en valeur aujourd'hui, il me semble.
Enfin les plus à même de les illustrer de manière efficace, et avec spontanéité, ce sont les enfants. Alors à quand une svartisen en taille 32 avec des fischer outbound88 de 139 cm?
Du ski en famille avec pulka c'est bien comme image, mais du ski en famille avec des marmots sur les planches c'est encore mieux.

Je termine avec une parenthèse sur le sujet compétition. Pour moi le SRN de compétition il a déjà été inventé: ils l'ont appelé du ski de fond. Dans les années 30 on trouvait plus de svartisen et d'époch que de skis qui ressemblaient à des skis de fond. Après ils ont voulu jouer avec des chronomètres et des dossards, le matériel a évolué, vers du tout fin, léger et très long. Aujourd'hui il ne reste bientôt plus que des énervés de l'endorphine sur les pistes.
Je crois qu'il y a plus à gagner pour le SRN en cherchant à attirer de la lumière sur des rassemblements populaires, conviviaux et originaux comme la journée de découverte, qu'en tentant d'introduire des chronomètres.
Ou alors, le SRN étant un peu le couteau suisse du ski je propose, le concours complet avec une CO, une descente TK, une descente christiana, un saut en longueur, un saut artistique, avec bonus aux meilleurs déguisements. Les descentes ne sont pas tracées avec des piquets avec un classement 50% sur l'esthétique 50% sur le temps. Bien entendu une seule paire de ski autorisée pour toutes les épreuves. Pas de classement individuel, ça se court en équipe.

Allez je vais me coucher.



Modifié il y a 7 ans
Dans le contexte actuel, je crois que c'est illusoire de penser que les accompagnateurs pourraient se voir autorisés à encadrer du SRN.
On touche là, aux fondements de ce qui fait la légitimité des moniteurs de ski à encadrer du ski.
Même si le lobby de l'encadrement du ski se préoccupe bien peu du développement du SRN, il n'est certainement pas prêt du tout, à accepter ce genre d'intrusion sur ses plates bandes.
De surcroît le lobby du ski a le bras très très long.

Et enfin, si on est objectif sur l'examen des contenus de formations apportés aux accompagnateurs par rapport à ceux des moniteurs de ski: les premiers ne sont au départ pas bien mieux armés que les seconds en matière de connaissance de la montagne.

La différence ne se fait pas tant sur le plan de la formation, qu'après dans l'exercice de ces deux professions. Etre un bon accompagnateur, c'est un peu être un regard de tous les jours sur la montagne. Et il semblerait qu'être un bon moniteur de ski puisse se limiter à être un regard de tous les jours sur des spatules et des flexions de genoux.
Présenté comme ça c'est volontairement provoc car un brin réducteur sur la réalité du quotidien d'un moniteur de ski.
Mais quand on regarde la façon de travailler des moniteurs de fond et les produits proposés, on pourrait vraiment croire qu'il y a pléthores de gens qui viennent en vacance spécifiquement dans le but de progresser techniquement en ski de fond.
Modifié il y a 7 ans
Pour ma part je crois, peut être à tord, que le cadre de la pratique est sans doute le meilleur garant: d'un esprit qui va bien. La nature en hiver peut être aussi belle que rude, et je crois que ce deuxième caractère tend à nous la faire apprécier plus encore. La rudesse assoupli le caractère des pratiquants, elle est un moteur de solidarité, de convivialité, d'humilité…
On trouvera toujours de mauvais exemples à droite ou à gauche, mais globalement l'esprit est assez bon dans les sports où le pratiquant est confronté à un environnement naturel qui peut être hostile: je pense au kayak, à l'escalade ou à l'alpinisme…

Que faire pour que le SRN se démocratise?

On a vu que dans des disciplines comme le trail, l'escalade, le ski de rando alpin…, la compétition a pu être un moteur conséquent de développement du nombre de pratiquants.
Pour ma part je suis réfractaire à l'idée de quelque forme de compétition que ce soit en SRN.
Multiplier des rassemblement conviviaux du genre de l'aventure nordique ou de la journée nationale de découverte, peut être une piste, mais le véritable effet boule de neige sera long à mettre en place, tant qu'il n'y aura plus d'offres de produits de découverte de l'activité mis en place par des professionnels.
Je suis bluffé par l'énergie déployée par des bénévoles, autour de ces journées, mais même pour des passionnés faut réussir à ne pas s'user.

Je crois sincèrement que si les accompagnateurs en montagne avaient eu des prérogatives sur l'encadrement du SRN, cette activité serait nettement plus reconnue aujourd'hui. Mais ce point là, n'est à mon avis pas prêt de bouger.

Dans le cursus d'un moniteur fond, il y a 8 jours d'enseignement spécifique qui concerne la pratique du SRN. Ces 8 jours sont découpés en 5 jours de théories, 3 jours de terrain plus deux jours d'examens.
8 jours pour parler météorologie, nivologie, déclenchement de secours, manip de corde,technique de bivouac, environnement, patrimoine, orientation et spécificité de l'encadrement du SRN par rapport au ski de fond: 8 jours!
Plus de 90% des stagiaires sont, ou ont été des compétiteurs purs et durs en ski de fond. 100% ont eu une pratique de compétition. Une très grande partie d'entre eux ne sont jamais montés auparavant sur des srn.
Beaucoup arrivent sur cet UF plus ou moins à reculons en se disant que c'est un passage obligé.
8 jours c'est court pour leur faire à la fois intégrer un minimum de contenu, leur faire apprécier l'activité afin qu'ils y retournent pour eux même (histoire de grossir un peu le bagage) , et leur donner envie de la proposer en tant que moniteur.
Ca fait quelques années que j'interviens là dedans, en y mettant à chaque fois toute l'énergie que je peux, mais faut être lucide, il y en a pas beaucoup qui de ceux que j'ai croisé, qui seront moteur du développement du SRN dans leurs écoles, mais il y en a.

Aujourd'hui le centre national de ski nordique est observateur du développement du SRN.
Ceci dit pour tous ceux qui aimeraient voir cette activité se démocratiser, ce statut d'observateur nous fait une belle jambe. En même temps le CNSN n'est pas décideur de l'évolution à donner à ses propres formations.

Autre problème:
La structuration de la profession de moniteur de ski dans les écoles est vraiment très spécifique, pour ne pas dire spéciale, et ça ne facilite pas du tout les efforts de développement.
Dans une école de ski, si tu ne cherches pas à faire bouger des choses, tu es sur de bien gagner ta vie.
Pour développer du SRN au sein d'une école de ski un moniteur dispose d'un seul levier facile qui consiste: à systématiquement proposer à ses clients de revenir pour essayer l'activité. C'est déjà mieux que rien mais la boule de neige va être très longue à se former.
Pour que la boule grossisse plus vite il faut se donner des moyens.
Dès qu'on parle de moyens, on vire sur des perspectives de rentabilité. Dans une école une voix de BE fond doit valoir une voix de BE alpin. Mais je connais beaucoup de moniteurs fond qui sont plus sur de gagner leur vie en alpin qu'en nordique. Et il y a également beaucoup d'école où les fondeurs sont loin d'être majoritaires.

Tout ça apporte peut être un éclairage sur le pourquoi du si peu de moniteurs qui encadrent en SRN.
Mais rien n'est impossible, et je suis convaincu que ça va bouger. En attendant: force, courage et patience pour les motivés.

Sinon pour aider à faire bouger, j'aurais des pistes à soumettre en terme d'image de l'activité. Mais ça ça fera l'objet d'un autre post.
Modifié il y a 7 ans
Robert, je crois que j'avais déjà pas mal déraillé par rapport au sujet initial, mais là tu déjantes: on va encore prendre de force un passage spatio-temporel qui débouchera dans la rubrique bavardage. Ceci dit c'est pas moi le créateur de l'oeuvre de land-art, mais c'est un ami.
Modifié il y a 7 ans
J'allais me coucher quand je suis tombé par hasard sur ce post, et comme Forez: j'ai tout lu avec intérêt.

Pour ma part, je suis archi convaincu que le srn a un potentiel de développement énorme, mais ça capote pas mal tant côté loueurs, que côté moniteurs.

Les loueurs qui connaissent, et qui investissent dans du bon matos sont peu nombreux.A mon avis ils ont bien du mal à rentabiliser leur parc, car les moniteurs ne proposent pas l'activité.
Le vacancier lambda qui connait peu la montagne va guère s'aventurer à louer ce genre de matériel pour aller découvrir sans être accompagné.
Celui ou celle qui connait un peu plus le milieu montagnard va sans doute louer, avant d'acheter ou de se dire que l'activité ne lui convient pas.



Côté moniteur c'est la mouise:

Mon point de vue est, que le ski de fond a pris un très mauvais virage, il y a près de 40 ans au travers de l'évolution de la formation des moniteurs. On en a payé les conséquence avec un petit décalage à partir de la fin des années 80, le temps que les nouvelles générations prennent le dessus sur les anciennes dans les stations.
Dans les années 70, la formation a pris un tournant radical en copiant le cursus de l'alpin, et en se concentrant sur une analyse purement technicienne de l'activité. Aujourd'hui dans le monde du ski de fond, on a complètement perdu cette culture du ski de randonnée, du ski de promenade.

Jérome Pinoncely évoquait déjà ce problème dans: "plaisir et liberté du ski de promenade et de découverte". C'est illusoire pour un moniteur de ski nordique de vouloir faire partager à un parisien sédentaire, les joies de la glisse en ski de fond. "C'est pas parce que je mets la tête sous l'eau que je fait vraiment de la brasse coulée".
Dans nos écoles de ski on vend de la technique, ou de la technique. Nos moniteurs sont bien formés pour ça, et trop peu formés pour faire partager de belles balades aux clients. Du coup à force de leur faire boire la tasse on a tué le ski de fond populaire.
Si le matos de SRN d'aujourd'hui était arrivé sur le marché 30 ans plus tôt, je suis quasi convaincu qu'on aurait jamais eu près de 1000 km de pistes tracées sur le massif du jura, pour le ski de fond.
Dans les années 80 sur une seule structure l'école de raid à Chapelle des bois, les meilleures semaines il y avait près de 20 groupes qui partaient en itinérance avec un moniteur.
Aujourd'hui dans tout Chapelle, ils sont guère plus de 5 ou 6 sur la saison à se battre pour encadrer des cours techniques en ski de fond sur piste.
Et pourtant c'est tellement plus facile de donner du plaisir à un débutant avec un bon matos de SRN, qu'avec un bon matos de ski de fond. Mais ça, c'est pas encore dans les consciences des moniteurs de fond, et ce ne sera pas encore au programme de la formation des moniteurs de l'hiver prochain.

Si on propose, le client dispose: dixit Régis.
J'ai pas vu le boum du VTT, mais tous les lundis matin de l'hiver avec Tatane on s'est levé pour faire essayer gratuitement le matos. Que ce soit des skieurs alpins, des fondeurs ou même des débutants complet: les gens adhèrent vraiment facilement au SRN. Moi je rêve d'un hiver où toutes les écoles de ski proposent.
Pour revenir sur le VTT de Forez, c'est ludique comme le VTT sans que ce soit physique.
Et plus qu'un parallèle avec la petite reine, je comparerais le ski de fond à l'aviron, et le SRN au canoë.
Avec malgré tout un frein au développement décrit par Forez qui est lié au fait, qu'on ne suit pas une rivière toute tracée. Mais c'est aussi ça qui fait en grande partie le charme du SRN: la liberté ou la liberté de suivre un moniteur (à condition d'en trouver un), si on ose pas s'y plonger tout seul.
Modifié il y a 7 ans
Petit retour sur le 90/10 de N75: c'est un cap intéressant, que j'ai vécu aussi, et qui correspond à une étape que beaucoup de skieurs ont dû ressentir.
C'est pas un exercice de rhétorique sur la mécanique des forces en langage moniteur que je propose, mais une approche fondée sur le fait que le principal frein à l'apprentissage me semble vraiment être dans nos têtes.
Au stade débutant complet dans l'univers de la glisse, la principale crainte est la chute, ce qui entraîne une belle raideur du sujet. On peut affirmer haut et fort qu'on a pas peur de tomber et rester raide comme un piquet, sans réussir à se décontracter, pour des questions de réflexes de survie qu'on ne maîtrise pas. On voit la même chose en escalade sur des sujets qui n'ont pas le vertige, mais qui vont serrer les prises comme des malades jusqu'à implosion des avants bras dans des traversées à 50cm du sol.
Après quelques chutes on dédramatise vite le contact avec l'élément ouaté, et même pire la chute devient un refuge sécuritaire qui nous empêche d'évoluer vers plus de vitesse et de maîtrise. En clair si on apprenait à skier sur du gravier, je suis sûr qu'on apprendrait plus vite. En ski on passe assez rapidement au stade que décris Slequedois: on a envie d'y aller, alors on se lance, et à peine lancé, pfuit! on a glissé sur son séant dans un tapis souvent plus confortable que celui de l'inconnue des sensations du stade suivant avec un seuil de vitesse supérieur.

On est coincé sur un palier,ya un seuil à franchir, on peut lire et relire tous les bouquins de théories sur le télémark au monde, cela reste du charabia plus ou moins abstrait tant qu'on a pas exploré un autre registre de sensations. A un moment donner faut vraiment se lancer accepter la pente, l'accélération de ses planches, refuser la chute pour tenter de ressentir de nouveaux trucs.

C'est là que le 90/10 de N75 est intéressant. On est pas encore tout à fait au 50/50 de Lionel Condemine, mais quand tu engages 90% de ton poids du corps sur la jambe aval, psychologiquement, tu ne fais pas semblant d'engager le bonhomme dans la pente.
Le mouvement est dynamique, le juste équilibre à trouver ne se fait quasi que sur la jambe avant, la jambe arrière n'est presque qu'une bequille. Du coup on sait à l'avance sur quel pied on va devoir s'équilibrer, et il est plus facile de trouver son équilibre.
Ca semble paradoxal de dire que c'est plus facile de s'équilibrer sur un pied que sur deux, mais dans la pratique si je vais m'équilibrer sur la jambe avant ça me simplifie considérablement les déséquilibres avant arrière.
C'est un engagement franc qui va mécaniquement se traduire par une entrée en dérapage assez brutale. On se retrouve du coup très vite à déraper en travers de la pente et du coup la perspective inquiétante est vite effacée, sauf qu'on a amorcé un vrai truc: dès lors que l'on parvient à entretenir un peu de vitesse en dérapage, l'ouverture de la fente suivante n'est que plus facile à mettre en oeuvre.
Le problème car il y a un problème: c'est qu'en engageant 90% du poids sur la jambe aval, on enchaîne pas forcément une vraie succession de conduites de courbes, mais une succession de dérapages en travers de la pente. Mais c'est déjà un sacré pas en avant. Sur le palier décris par Slequedois on est un peu comme installé devant un volant avec l'intention de tourner, mais en ayant peur d'appuyer sur l'accélérateur. Pour un premier virage à 90/10 on a fini par se dire: ok j'appuie à fond sur l'accélérateur mais en même temps on a trouvé où étais caché le frein à main.
Bilan avec le 90/10 de N75 on braque et on freine tout de suite, mais on a un exercice intéressant pour réussir à s'engager, pour gagner de l'aisance en équilibre et en coordination, ces limites sont dans l'usure des cuisses et dans la qualité du manteau neigeux (ça ne peut pas marcher que sur une neige proche des qualités d'une neige damée)

Quand on a ressenti le 90/10 de N75, on a ouvert une belle porte sur du 80/20, du 70/30, du 60/40 pour aboutir au stade de Lionel. En répartissant mieux, on affine les conduites, on limite les efforts en dérapage, on gagne en fluidité et en plaisir. Dans la progression on peut aussi jouer à se lancer sur du 90% sur l'avant en entrée de virage, pour venir rapidement à recharger l'arrière et affiner la fin de la courbe.

J'aime beaucoup l'idée de Robert sur le ski unique: à 50/50, mon ski arrière est proche d'être juste le prolongement de mon ski avant ou vice versa. On comprend aussi que la puissance nécessaire pour enchaîner les virages est plus homogènément répartie que sur un 90/10 où je vais faire exploser une cuisse puis l'autre à tour de rôle.


Modifié il y a 7 ans
Ben t'es le bienvenu à Métabief, pour venir essayer le matériel.
Modifié il y a 7 ans
Pour Jérome:
Le seul inconvénient des skis larges à écailles c'est effectivement lorsqu'on veut se balader sur de longues portions de morne plaine. Cela me fait penser que pour enquiller des bornes au plat, les carres sont aussi obsolètes qu'une chaussure avec un bon maintient. Le matos idéal pour le plat ça reste le ski de fond à farter.
J'ai bossé l'automne dernier sur un toit d'immeuble à Servion, je passais mes pauses à guetter les premiers flocons qui ne daignaient pas tomber sur la gruyère proche. Après réflexion, je me dis que s'il s'agit d'éviter les longs plats par chez toi: il n'y a que l'embarras du choix.
Sinon pour tester du matos large à pas cher: à une heure et quart de Servion, 10 min après la douane de Vallorbe tu peux trouver pour l'hiver prochain, la charmante station de Métabief. Le lundi c'est gratuit, et pour l'année prochaine, tu devrais pouvoir tester du sbound 98, du madshuss epoch et annum.
Modifié il y a 7 ans
mademoiselle ne serait elle pas vétérinaire par hasard?
A plus sanch
Modifié il y a 7 ans