Un petit tour dans le Capcir France > Pyrénées

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Vu l'enneigement, il faut trouver l'entrée pour pénétrer dans le massif. Les principales options ne sont plus enneigées sur les premiers kilomètres (pla dels Avellans, piste nordique/raquette depuis le Pla del Mir vers le lac d'Aude à l'est, GR de pays depuis le Pla del Miro au sud). Les solutions sont donc de passer par l'une des stations (Font Romeu, Les Angles ou Formiguère). Partir de Formiguère oblige à traverser la Serra de Mauri qui est vite soufflée et au soleil. Redescendre des hauteurs de Font Romeu avec la pulka ne me semble pas une option. J'opte donc pour Les Angles depuis le Pla del Mir en remontant la piste verte pour atteindre le Roc d'Aude et le Mont Llaret..

Durée : 2 à 4 jours

Difficulté : Moyenne

Altitude de départ : 1842m

Dénivelée : +2200m

Altitude de chaussage: 1842m

Point le plus haut : 2590m

Pulka : accessible

Jour 1 : Pla del Mir (Station des Angles, 1842m) - Mont Llaret (2376m)

Je suis inquiet de l'enneigement. Je tente  d'entrer dans le massif par le Roc d'Aude et le Mont Llaret en remontant la station des Angles. La pulka est (trop) lourde. Je suis parti avec 7 jours de ravitaillement. Vus les chaleurs et l'enneigement, le séjour risque de se limiter à 4 jours de peur de ne plus passer avec la pulka. Nous verrons. Passé le Roc d'Aude, je quitte la station et apprécie enfin le calme de la montagne et de magnifique panorama sur le lac des Bouillouses, le Carlit, les Péric d'un côté, le plateau du Madre, le Canigou et les crêtes Espagnoles de l'autre.

Jour 2 : Mont Llaret (2376m) - L'Estanyol (2297m)

Descente ludique dans les sapins en direction de la pointe Nord du Lac des Bouillouses. Il faut frayer son chemin entre les arbres avec la pulka mais cela passe en y allant traquillement et visant les clairères. Quelques ponts de neige sur le ruisseau du Peric permettent de franchir le ruisseau de Peric sans encombre pour rejoindre le plat de la Têt dont il faut remonter la vallée. Ambiance nordique. Les pentes s'accentuent légèrement avant d'atteindre l'Estanyol dans le cirque au pied de la Portella de la Grava (2426m). J'y installe le bivouac en milieu d'après-midi puis monte vers la Portella pour découvrir le Lac Lanoux. Un autre secteur qui mériterait d'être exploré (peut-être même dans une traversée depuis l'Hospitalet par la vallée de Bessine). Retour au bivouac par une belle descente depuis le col de la Serra del Roig (2590m) qui réjouirait les as de la génuflexion. Je m'en tiens à mon style "ça-va-passer". Nuit sous les étoiles et sans vent. 

Jour 3 : L'estanyol (2297m) - Les Camporels (2250m) par la Coma de la Llosa

Le ciel se voile vite dans la matinée et surtout un hélico vient gâcher (en partie) le plaisir à tourner au dessus de ma tête quasiment toute la journée. Je re-découvre la vallée de la Têt en descente cette fois. Avant le plat au dessus du Lac des Bouillouses, aux alentours de la côte 2100m, je m'engage sur le versant Sud afin de rejoindre les petits lacs de la Coma de la Llosa. Je ferai la pause casse-croute entre l'Estany Baix et l'Estany de Llosa. Toujours cet hélico, compliqué de faire la sieste. Je ne traîne donc pas trop pour redescendre à nouveau, contourner les deux Peric et rejoindre le Pla de les Carboneres. Cette zone boisée faite de bosses et de creux abritant des petits étangs offre un véritable jeu de piste avec le GR de Pays du tour du Capcir. Attention par temps instable, le vent s'engouffre vite et le brouillard peut y être redoutable. Le refuge de Camporels est niché au flan de la Serra del Mauri, au bord d'un étang face au Péric. Une bière s'impose sur la terrasse à l'abri du vent, d'autant que l'hélico est rentré au hangard. Le calme de la montagne reprend ses droits, quelle respiration ! Après un brin de causette avec le gardien, je monte installer le bivouac sur les rives de l'Estany Gros pour la vue sur les versants Nord des deux Peric. Les brumes de la vallée ont aussi réussi à se frayer leur chemin jusqu'au Camporels. Les crêtes des deux Peric se découvrent et se découvrent au gré des rafales tantôt de Tramontane, tantôt de marin. La météo nous prépare quelque chose pour les jours suivants. 

Jour 4 : Les Camporels (2297m) - Pla del Mir (1842m)

Malgré la petite agitation météo de la veille la nuit fût très calme et ce matin grand ciel bleu avec un net refroidissement. J'en profite pour flâner au bord de l'étang, prendre quelques photos, pister aux abords des points d'eau les traces de lièvres ou renards trahits par la fine couche de grésil déposée hier soir. Puis je file explorer le secteur et ses étangs en direction du Ras de la SalCol de l'Homme Mort, un magnifique terrain de jeu pour le ski nordique alternant combes, bosses et étangs. Avec cette neige de printemps, on aurait envie d'en faire 10 fois le tour. L'heure passe malgré tout, je dois décider si je rentre où pousse en direction des lacs du Carlit pour une étape supplémentaire. La gardienne du refuge m'annonce des précipitations pour le lendemain avec un risque de pluie (grrrr). Je n'ai pas envie de tirer la pulka sur l'herbe pendant plusieurs centaines de mètre ou plus entre le Mont Llaret et le Roc d'Aude pour rejoindre la voiture. Je décide donc de rentrer. Je ramenerai 3 jours de nourriture mais ce n'est pas grave. Direction donc la cabane de la Balmetta où je m'offre une dernière sieste dans les neiges du Capcir avant de monter dans la forêt des Corrals de Llaret. Je ne m'étais pas rendu compte à l'aller que la pente était si raide. Il est vrai que je descendais. Il était temps de revenir, pour rejoindre la station des Angles, je dois vraiment slalomer d'une petite plaque de neige à l'autre.

Au final, à part le premier jour qui a permis d'entrer dans le massif, j'ai eu le droit à 3 belles étapes et belles journées de ski (si ce n'est cet hélico). Il y a moyen d'étendre d'avantage l'aventure là-haut en faisant un tour sur les flans Est du Carlit et ses étangs (voir Capcir au clair de lune) voir plus loin en direction de Porte. Deux journées sont possibles. Le secteur du Lanoux mériterait aussi une ou deux journées. Mais l'accès est un peu plus raide. Avec la pulka, ce serait mieux d'être à deux. Chacune des étapes (Estanyols, Coma de Llosa, Camporels) peut faire l'objet d'une sortie à la journée (un peu longue mais en étant léger, il n'y a pas de soucis).

Plus de photos sur lenezaufrais

 

 

 

Météo

Très chaud les deux premiers jours (>10°C sans vent) puis le ciel se voile et un refroidissement arrive le dernier jour (température à peine négative mais facteur vent significatif)

Condition de neige

Une fois pénétré dans le massif, après le Mont Llaret l'enneigement est continu, sauf dans les zones soufflées et les versans sud. Neige de printemps un peu dure le matin, facile à skier.

Activité avalancheuse observée

Le secteur n'est pas très exposé (voir geoportail avec la carte des pentes). Juste quelques coulées observées en sur les flans du petit Péric dont il est très facile de s'écarter.

4 commentaires

par talonlibre
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Récit sympa et belles photos qui donnent envie de visiter le secteur.

par resclause
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Oui, les hélicos peuvent être pénibles dans le massif du Carlit. J'en ai vu un débarquer le garde de l'ONF pour tirer un mouflon sous les Péric. Quand les mirlitaires font de l'hélico, il y en a pour la journée. Parfois on se croirait dans le Mont-Blanc teĺlement le boucan est continu. Dommage, vraiment.
Merci pour ton récit de voyage dans le "fond de mon jardin".

par xtofpol
xtofpol avatar
 

Merci pour vos commentaires.
Resclause: tu habites par là-bas ? Si oui connais-tu les secteurs des crêtes frontalières entre le col de
Mantet et le Canigou, ou autour du Canigou ? J'ai l'impression qu'il y a des zones qui se prêtent au SRN
par là-bas aussi. Souvent soufflée peut-être, il doit falloir être opportuniste.
Xtof

par resclause
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Dans l'Est de l'Ariège : le Donezan. Je serai à Mantet en avril (en raquettes, vraisemblablement, à moins d'une bonne surprise avec le Marin). Depuis le col de Mantet il est possible de rejoindre le Pla Guilhem par une piste forestière puis la Collade des Roques Blanches. La Porteille de Mantet, le roc Colom, les Esquerdes de Rotja sont plutôt (pour moi) du domaine du ski de rando alpin facile, de même que le chemin de Marialles depuis le col de Jou. Les sommets et crêtes de ce coin sont souvent vitrés ou dégarnis, comme tu le sais. Prévois les deux types d'équipement dans la voiture (et une paire de crampons pour faire bonne mesure) et décide sur place.
Autant le massif du Madres-Coronat est parfaitement nordique, autant le chaînon Puigmal-Canigou est plus alpin. Mais ça dépend bien sûr des conditions, et c'est l'avis d'un gars qui skie comme une luge à foin...
Je t'enverrai des photos en mel perso si tu veux.

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