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Régis Cahn

Régis Cahn

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Skieurs de randonnée nordique

Le ski tel qu’il est pratiqué par le plus grand nombre peut procurer des sensations désagréables telles que par exemple l’immobilisme engendré par l’usage des remontées mécaniques ou des pistes damées de ski de fond, ou la désagréable impression d’être un mouton à la montée comme à la descente due la sur-fréquentation des lieux. Le ski de randonnée apporte cette liberté et ce retour à la nature qui peut faire parfois défaut dans les pratiques plus standard.

La pratique de ce sport repositionne l’homme dans son milieu. Lorsqu’un skieur fait preuve d’impatience et/ou d’incivilité sur une piste, cela peut générer des conflits avec ses congénères. Lorsque ce même skieur évolue en pleine nature, son impatience et son inconscience peut diminuer fortement ses chances de survie…

ski-rando-nordique.jpg


" On savoure pleinement et on revit avec conscience dans le présent "

On parle de slow food pour le fait de manger en prenant le temps, de slow work dans le domaine professionnel… Et si on parlait de slow sport ? Le ski de randonnée nordique le serait par essence puisque cette pratique repositionne l’homme dans son milieu et lui fourni un retour aux sources loin du schéma imposé par la pratique dans une station. Au lieu de filer droit, on réapprend à étudier le terrain et notre interaction avec lui. On savoure pleinement et on revit avec conscience dans le présent. Ainsi la notion de cheminement reprend tout son sens et son intérêt.

Laurent Pouchoy, le Cri du Renne

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Interview Lionel Condemine

Lionel Condemine
De formation nordique puis devenu guide de haute montagne, Lionel Condemine est un des spécialistes français du ski de randonnée nordique. Installé dans les Hautes-Alpes, il a été durant une vingtaine d’année, guide de randonnée nordique et de télémark.

Comment définissez-vous le ski de randonnée nordique ? Quelle est son histoire ?
Le ski de randonnée nordique est l’origine du ski. Il était pratiqué régulièrement par les Scandinaves pour se déplacer lorsqu’il y avait de la neige. Ils pouvaient le pratiquer jusqu’à des pentes d’une vingtaine de degrés. Aujourd’hui on le définit par rapport au ski de fond, on dit que c’est le ski de fond hors traces. Cela fait une trentaine d’années que les gens s’y remettent… Maintenant le matériel est plus costaud que celui du ski de fond.

Comment avez-vous découvert cette activité ?
J’ai travaillé huit ans à Chapelle-des-Bois dans le Jura. Un territoire nordique important. On pratiquait le ski de fond sur les pistes mais également hors-traces. C’est à cette époque que je l’ai découvert même si on ne l’appelait pas encore ski de randonnée nordique puisque le matériel était le même que celui du ski de fond.

Pensez-vous que les pratiquants du ski de randonnée nordique sont plus sensibles à l’environnement ?
On peut le penser en effet. Je dirais même qu’à mon avis, c’est une des motivations principales de l’exercice de l’activité. Les pratiquants sont des gens qui peuvent se passer un peu du confort des pistes et du matériel mais qui en contrepartie attendent une qualité de paysage, un milieu calme…etc.

Selon vous, pourquoi de plus en plus de personnes s’orientent vers le ski de randonnée nordique ?
C’est un sport que l’on a toujours pratiqué. il est resté marginal pour des raisons matérielles. Les fabricants ont longtemps ignoré cette activité qui était une niche entre le ski de randonnée et le ski de fond. Aujourd’hui, les gens cherchent un autre environnement que les stations, ils veulent passer un moment dans la nature pure. Pendant un moment, ils se sont mis aux raquettes mais maintenant ils veulent retrouver la sensation de glisse qu’ils avaient en ski de fond. Le ski de randonnée nordique, c’est un peu de la raquette glissée. Il y a un effet de mode et les fabricants mettent le paquet sur le matériel depuis maintenant une dizaine d’années.

Ce nombre croissant de pratiquants peut il poser problème d’un point de vue environnemental ?
Le quad ou la motoneige sont des problèmes pour la nature mais le ski de randonnée nordique n’est pas destructeur. Déjà parce que l’on ne peut pas aller n’importe où, contrairement à la raquette, au passage, d’autre part parce que les gens forment de petits groupes qui ne font pas trop de bruit. Et enfin, parce qu’ils sont attentifs à l’environnement, qu’ils ramènent leurs poubelles, …Donc, je ne pense pas que cette pratique a un fort impact environnemental.

Article et interview extrait du magazine, le Globule Vert n°2 consultable en ligne sur http://www.lecridurenne.fr
Auteur : Laurent Pouchoy - Photos : Lionel Condemine

3 commentaires

forez

forez

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Tout à fait d'accord avec ce court article très pertinent qui en même temps qu'il vante la rando nordique, appuie sur les problèmes du ski nordique actuel.
Je ne parle pas de l'alpin mais bien du nordique où à trop vouloir aménager on a oublié l'essentiel : un sport nature où les adeptes recherchent (ou recherchaient ?) ce contact simple avec la nature hivernale.
On peut considérer d'un côté le ski de rando nordique, le vrai hors piste, le ski de fond hors traces et bien sûr celui sur pistes damées.
Le premier s'adresse à des personnes qui ont une certaine volonté et aisance dans le milieu naturel.
Le second, qui avant l'arrivée des engins de damage se pratiquait partout était adapté à presque tout le monde. Des itinéraires étaient balisés (avec une couleur suivant la difficulté) comme les sentiers d'été pédestres ou VTT autour d'un foyer de ski de fond où l'on pouvait louer des skis et boire un coup.
Celui sur pistes damées a été trop loin dans son approche ultra aménagé des pistes voulant emboîter le pas à l'alpin alors que la clientèle et les motivations sont totalement différentes. On a créé des autoroutes pour compétiteurs ou sportifs là où 90 % des skieurs demandaient juste un chemin à la place du sentier primaire.
Au début des domaines nordique, il y avait des pistes tracées mécaniquement avec toujours une codification de couleur et en plus des itinéraires dits de randonnée.
Malheureusement, ces itinéraires sous la poussée des ultras sportifs ont été transformés en nouvelles pistes ce qui a d'un côté augmenté les coûts de fonctionnement des domaines et chassé en même temps la clientèle adepte du ski de fond promenade.
Las de se retrouver sur la bande d'arrêt d'urgence (bien à droite dans les branches) des pistes damées à 6 ou 8 m, et de devoir payer pour ça, ces promeneurs ont été suivant leur capacité ou/et leur âge et forme physique, vers la raquette ou le ski de randonnée nordique (petite randonnée dans les "domaines hors pistes" des domaines nordique).
C'est d'ailleurs pour cela que les domaines nordiques tentent de raccrocher sous des prétextes sécuritaires pas toujours évident, la raquette à neige. La volonté était de générer de nouvelles recettes pour palier au déficit chronique de celles du ski de fond proprement dit.
Après les JO de 1968 à Grenoble et le boum du ski de fond, on assocait celui-ci au retour à la nature post "soixantehuitard" et force est de constater que l'aménagement du ski de fond a rattrapé ces adeptes du sport nature.
Alors j'espère que les aménageurs et gestionnaires de tous types n'iront pas chercher à tirer profit du ski de randonnée nordique, mais c'est moins sûr.
Sur le domaine nordique des Crêtes du Forez (j'en parle dans l'article sur les nouveaux skis) les pistes raquettes balisées se font de plus en plus nombreuses et repoussent l'espace naturel.
Sans vouloir être contre (je fais du ski de fond sur pistes damées) il faut un juste milieu et surtout les gestionnaires devraient, plutôt que rechercher de nouvelles recettes, se poser la question de la place du ski de fond sur pistes damées dans la société actuelle et essayer de penser autrement, sans toutefois supprimer totalement les pistes mais juste les rendre "raisonnables" par rapport à la fréquentation.
Penser plus loin vers ce retour aux sources titre fort justifié de l'article de Régis.

Tom

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Au niveau environnemental, il me semble clair qu'un petit groupe de skieurs est moins destructeur, pollueur et bruyant qu'une motoneige. Nous devons toutefois être conscients de l'impact, même minime, que nous avons sur le milieu naturel:
- les carres métalliques sont sans pitié pour les jeunes pousses
- nous nous rendons dans des endroits peu fréquentés en hiver et où les animaux ne s'attendent pas forcément à trouver des humains
C'est nettement moins que de nombreuses activités, mais il ne faudrait pas nous absoudre trop rapidement…

Robert

Robert

Ne nous y trompons pas : Cet hiver assez catastrophique aura un peu masqué le phénomène , mais il est bien là : Le SRN est en pleine expansion : Je le mesure a l'afflux de matériel
sur le marché comparé a son inexistence il y a
quelques années seulement , au nombre de partiquants que je rencontre et qui ne sont pas
forcément des membres de ce site , aux articles qui commençent à paraitre sur le sujet et surtout aux questions des gens …
Tu as donc parfaitement raison, Tom il faut
rester très conscient de l'impact qu'on peut avoir : On existe , on attire l'attention et
le moindre comportement irresponsable de l'un
d'entre nous sera reproché à tous .
De mème, le fait qu'on existe à présent, qu'on est identifiables et repérés implique qu'on
s'impose une autre obligation : Celle de revenir
de chaque sortie sain et sauf par nos propres
moyens . Autrement dit , rester modestes et surtout hyper prudents . Les secours ètant hors
station sont gratuits , mais n'oublions jamais
que cette gratuité , la presse et l'opinion
publique la font bien payer au pratiquant d'une
discipline qui commet la plus petite faute .
En clair ètre modestes et discrets, c'est un
impératif car , pour les raisons qu'expose
Forez dont je partage l'avis à 100 pour 100,
les vendeurs de neige nous attendent au coin
du bois et tous les prétextes seront bons
pour nous canaliser et nous faire payer le peu de
liberté qui nous reste entre les usines à ski
de fond et les usines à ski de descente .