Le Ski de Randonnée Nordique (SRN)

Terminologie

Il permet de s’immerger en pleine nature, en alliant plaisir de la glisse et découverte de nos territoires proches et lointains. Gratuit, Il se pratique hors des traces et hors des sentiers battus. C’est une discipline douce et respectueuse de l’environnement qui ne nécessite aucun aménagement. Le Ski de Randonnée Nordique c’est le ski de découverte, de promenade, d’excursion, le ski tout terrain, le talon libre…

La définition la plus juste de cette pratique est le Ski de Randonnée Nordique (SRN). Cette terminologie parle d’elle-même : faire de la randonnée sur des territoires nordiques munis de spatules aux pieds ! Une formule compréhensible pas tous…

Le ski de randonnée nordique est aussi appelé « Backcountry » ce qui se traduit littéralement par « ski d’arrière-pays ». D’une part, cet anglicisme ne résume pas bien la pratique mais est aussi utilisée par d’autres disciplines de skis se déroulant hors des pistes.

Présentation

La randonnée nordique se pratique avec des skis de largeur intermédiaire entre celle des skis de fond et des skis alpins, munis de carres métalliques et d’un système anti-recul (semelles à écailles ou fart de retenue) parfois complété par des peaux de phoque en montée. Chaussures et fixations laissent le talon libre et permettent la flexion naturelle du pied.

En randonnée nordique, n’y a pas de manipulation pour passer d’une position « montée » à une position « descente », pentes et contre-pentes s’enchaînent en continuité, seule la gestuelle du skieur s’adapte : pour franchir les reliefs du terrain, il fait appel à tout le répertoire des techniques de progression à skis, avec la souplesse permise par les fixations nordiques et l’équilibre exigé par des skis souples et étroits.

Alors que le ski alpin est conçu pour monter puis redescendre de grands dénivelés, le ski nordique permet de parcourir une autre dimension de la montagne. Il est adapté pour des massifs où le relief ne se prête pas au ski alpin, tels les plateaux de moyenne montagne des Préalpes, du Jura, du Massif Central des Vosges…

Historique

C’est la version actuelle du ski tel qu’il a été inventé et pratiqué dès la préhistoire par les peuples nordiques : c’est un moyen pratique et efficace pour se déplacer dans des espaces naturels enneigés.

Ce n’est ni du ski de fond, ni de la randonnée alpine, ni du ski du piste. Pourtant, le SRN détient toutes les clés techniques du fond, de l’alpin en y ajoutant celles du telemark. Il est l’origine de toutes ces disciplines. Avec l’aménagement des stations et la volonté de cadrer économiquement la glisse, le ski de randonnée nordique est, après les jeux olympiques de Grenoble, devenue invisible et silencieuse pour le plus grand bonheur d’une poignée d’amoureux du plein air !

Aujourd’hui, il fait référence comme étant une activité de glisse de pleine nature,  respectueuse et ouverte à tous. Depuis une dizaine d’année, le SRN se démocratise et prend sa place auprès du grand public

Les territoires s’en emparent comme un outil complémentaire de diversification de leurs activités hivernales. Les professionnels proposent le ski de randonnée nordique, comme une façon simple et ludique de parcourir les massifs… Les pratiquants jouent du talon libre, glissent en poudreuse et tracent des courbes en pleine nature…

Matériel


Les skis de randonnée nordique ont une largeur et une cambrure intermédiaires entre ceux des skis de fond et des skis de randonnée alpine. Ils sont munis de carres et d’un système anti-recul (écailles ou fart de retenu), parfois complété par des peaux de phoques. Chaussures et fixations laissent le talon libre et permettent la flexion naturelle du pied.

Lieux de pratique

Le ski de randonnée nordique se pratique dans des espaces naturels non aménagés sur des terrains enneigés à pente faible et moyenne et sur les plateaux d’altitude.

Technique

En ski de randonnée nordique on peut faire appel à toutes les techniques de progression à ski, empruntées aux répertoires habituels du ski de fond, du telemark, du ski de randonnée et du ski alpin.

Différence entre le ski de randonnée nordique et le ski de fond

Historique

Le ski de randonnée nordique est le ski nordique original, le ski de fond en est une spécialisation adaptée aux parcours à faible pente sur des pistes tracées, apparue avec les courses de distance et le damage des pistes.

Matériel

Par rapport au matériel de ski de fond, les skis de randonnées nordiques sont plus larges pour avoir de la portance en neige profonde, munis de carres en acier pour être dirigés en descente et plus courts pour être maniables en tous terrains. Les chaussures sont plus rigides pour donner un meilleur contrôle en devers et en descente et peuvent être utilisées pour marcher à pieds sur des parcours déneigés. 

Lieu de pratique

Le ski de randonnée nordique se pratique en dehors des pistes aménagées pour le ski de fond, un parcours de randonnée nordique peut comporter des passages beaucoup plus raides que ceux normalement rencontrés sur une piste de ski de fond.

Technique

Outre les techniques du ski de fond « classique » (pas alternatif), le ski de randonnée nordique utilise des techniques appartenant au répertoire du telemark et du ski alpin pour la progression et la descente en tous terrains et toutes neiges.

Différence entre le ski de randonnée nordique et le ski de randonnée alpin

Historique

Le ski de randonnée nordique est le ski original, le ski alpin en est une spécialisation adaptée aux terrains à pente forte, apparue avec l’introduction du ski dans les massifs alpins, et les courses de vitesse en descente.

Matériel

Les skis de randonnée nordique plus étroits et légers équipés de chaussures flexibles permettent une progression plus rapide et confortable sur le plat. Avec l’anti-recul des skis et les fixations qui laissent le talon libre, il n’y a pas de manipulation pour passer d’une position « montée » à une position « descente ».
Plus souple et moins stable, le matériel de ski de randonnée nordique n’est pas adapté sur des pentes raides. 
 

Lieu de pratique

Le ski de randonnée nordique se pratique sur des terrains moins accidentés que le ski alpin.
Alors que le principe du ski de randonnée alpin est de monter jusqu’à un but élevé et de redescendre, en évitant les passages plats qui sont peu efficaces en termes de dénivelé, le principe du ski de randonnée nordique est de réaliser un parcours linéaire qui peut comporter une alternance et une répétition de plat, de montée et de descente. Pentes et contre-pentes s’enchainent en continuité.
 

Technique

Sur le plat et le faux-plat le ski de randonnée nordique utilise un pas glissé dynamique plus souple et rapide que celui de la randonnée alpine. 
Les descentes sont effectuées avec le talon libre en utilisant notamment les techniques du telemark.

Différence entre le ski de randonnée nordique et le telemark

Historique

L’histoire du ski de randonnée nordique est étroitement liée à celle du telemark. De nos jours, on pratique le telemark sur piste, en randonnée alpine et en randonnée nordique. Le telemark n’est en soi qu’une technique de virage par génuflexion au même titre que le Stem en ski alpin. Le telemark est indissociable du talon libre.

Matériel

En randonnée nordique, on pratique le telemark avec du matériel léger. Il est possible de pratiquer le telemark avec l’ensemble du matériel disponible en randonnée nordique. Toutes les normes de fixations et chaussures permettent de pratiquer le telemark, à condition d’avoir le talon libéré. Ceci étant le telemark est plus accessible et facile à mettre en œuvre avec du matériel rigide. Le matériel le plus adapté consiste à avoir des skis relativement larges, des fixations à câbles et des chaussures semi ou rigides. Ce matériel est moins rigide, plus léger et les chaussures sont moins hautes en comparaison avec le « telemark alpin ».

Lieu de pratique

Au-delà de l’appellation qui caractérise cette technique de virage, le telemark se pratique sur pistes de ski alpin, en telemark de randonnée et en randonnée nordique.

Technique

Les descentes sont effectuées avec le talon libre en utilisant notamment les techniques du telemark : génuflexion. Le telemark, n’est pas obligatoire pour pratiquer le ski de randonnée nordique.

Différence entre le ski de randonnée nordique et la randonnée en raquettes

Historique

Le ski était plutôt le mode de déplacement sur neige des peuples nordiques eurasiens, les raquettes plutôt celui des peuples amérindiens.

Matériel

La glisse des skis de randonnée nordique est adapté et efficace en toutes neiges alors que la portance des raquettes n’est pas utile en neige dure ou damée. 

Lieu de pratique

Le domaine d’utilisation des raquettes est marginalement plus étendu que celui du ski de randonnée nordique, en particulier dans les conditions où le manteau neigeux n’est pas suffisant pour être skiable.

Technique

La glisse du ski de randonnée nordique permet de se déplacer plus loin, plus vite, avec moins d’efforts et avec le plaisir spécifique de la glisse.

3 types de Skis de Randonnée Nordique

Skis « traditionnel » 

Traditionnel ne veut pas dire ringard… C’est le ski des origines qui a toujours existé ! Il est étroit, long et est prévu pour parcourir de grandes distances et traverser les plateaux d’altitude légèrement vallonnés.
Il a largement fait ses preuves sur nos massifs et lors d’expéditions polaires les plus engagées. C’est le modèle qui ressemble le plus au ski de fond avec les écailles et les carres métalliques en sus. Il est réservé aux skieurs dotés d’une technique nordique irréprochable et à ceux qui souhaitent skier « léger » dans la plus pure tradition du ski nordique de randonnée !

  • Points forts : légèreté, propulsion, rapidité.

Skis dits « taille de guêpe »

Ce sont des skis paraboliques. Les lignes de cotes (Sidecut), la largeur des spatules en font un ski tout terrain. C’est le ski qui offre le plus de polyvalence, de stabilité et de maniabilité en toute neige. Le profil, la structure lui permettent d’être utilisable aussi bien sur des terrains accidentés que sur de longs plats. Il permet de gommer ou de pallier les erreurs du débutant et d’offrir des possibilités illimitées à l’initié.

C’est ce format qui permet au ski de randonnée nordique de retrouver ces lettres de noblesses. Il dépoussière la pratique de la rando nordique et chasse l’image d’un ski incontrôlable dans une pente gelée et parsemée de sapins ! Son crédo : profiter des plaisirs de la descente !

  • Points forts : joueur, ludique, tout terrain. C’est le VTT du ski de randonnée nordique !

Skis larges

Ils se situent aux confins de la randonnée nordique et du telemark léger : ce sont des skis plus orientés « descentes ». Ces skis sont les plus maniables dans la pratique du ski de randonnée nordique. Ils offrent un grand plaisir à la descente et permettent une excellente flottabilité en poudreuse.

  • Points forts : c’est le Freeride du Ski de randonnée nordique ! Facile à tourner et à manier en « toute neige ».

 

13 commentaires

par talonlibre
talonlibre avatar
 

"Traditionnel ne veut pas dire ringard… C’est le ski des origines qui a toujours existé ! Il est étroit, long et est prévu pour parcourir de grandes distances et traverser les plateaux d’altitude légèrement vallonnés."

Je suis surpris et en désaccord total avec cette affirmation.

Les skis des origines n'étaient pas étroits.
Regardez par exemple les skis de l'Altaï, larges et déjà dotés d'un "rocker".

Les premiers skis "importés" en France par Duhamel étaient des skis de telemark qui avec 70 mm au patin étaient aussi larges que les Epoch d'aujourd'hui.

C'est la compétition en ski de fond dans des traces qui a rendu les skis plus étroits et ces skis étroits ne sont en aucun cas traditionnels. Et la raison est simple, hors des traces en toute neige, un ski étroit s'enfonce et rend la progression plus pénible et moins rapide.

par Régis Cahn
Régis Cahn avatar
 

En réalité, tout dépend des origines évoquées... Dans l'histoire moderne du SRN (C'est à dire des années 70 à maintenant), ces skis ont été majoritairement étroits et très longs. C'est ce que j'appelle le ski de randonnée qui se pratiquait "traditionnellement" en France et dans les pays Scandinaves. Il est évident que c'est un ski de fond de randonnée, renforcé pour parcourir tout type de neige.

C'est en cela qu'il faut comprendre la notion de "traditionnel". Traditionnel est à comparer avec les "nouveaux skis actuels" qui sont plus larges et paraboliques.

par sancho
sancho avatar
 

Les nouveaux skis actuels, ne sont que des répliques des skis du XIXème.
Ça me gène tout autant que talonlibre, qu'on veuille qualifier de "traditionnel", un ski qui ne porte à mon sens que l'empreinte d'un schéma de pensé dédié à la compétition en ski de fond.
Pendant plus de 5000 ans le SRN n'a évolué qu'en peaufinant un concept matériel: pour le rendre plus simple et plus efficace pour parcourir du terrain de montagne. Le jour où l'homme s'est dit qu'il pouvait être intéressant de remplacer le chronomètre par le fusil, et de décaler les champs de batailles dans des stades: l'humanité a fait un joli pas.
Il y a plein de choses qui me plaisent dans le SRN, y compris le fait qu'il ne s'agit que d'une pratique de loisir, non entaché de notions de: victoire, de combats sportifs....
Qu'on arrive pas à admettre qu'un ski fin n'a surtout de vertues que dans de la neige dure ou du terrain damé, ça me chagrine un peu.
Çà sent un peu fort, le on a toujours fait comme ça, et on voit pas pourquoi il en serait autrement. Oui on peut avoir 20 ans, 30, 40 50,60,70,80 ans et plus et n'avoir jamais rien skié d'autres qu'un ski fin. Ça n'enlève rien au fait qu'il soit possible que ce soit juste la marque d'une anomalie dans l'histoire du ski, qui a été portée par des gens qui avaient soif de médailles nordiques. On peut rester réactionnaire et camper sur ses positions, ça ne me gène point. En revanche, je ne cache pas que ça m'agace un peu d'entendre parler de Sondre Norheim ou d'Amundsen, par des gens qui soient refusent l'idée même d'essayer des skis larges, soit les essayent sans chercher à comprendre où sont les points positifs et en exposant que les points négatifs. Car oui le SRN est une affaire de compromis.

par sancho
sancho avatar
 

Le jour où l'homme s'est dit qu'il pouvait être intéressant de remplacer le fusil par le chronomètre, et de décaler les champs de batailles dans des stades: l'humanité a fait un joli pas.

Désolé pour l'erreur, et les fautes d'orthographe, mais faut que je coure me détendre au boulot à écouter des oiseaux avec des clients.

par sancho
sancho avatar
 

C'est sans doute symptomatique des hommes pressés: le fait de faire des erreurs, à méditer également dans le choix des skis. Mais je concède que j'étais un peu dans l'urgence sur le clavier pour ne pas me retrouver à la bourre, auprès de mes clients.

par Régis Cahn
Régis Cahn avatar
 

Si vous pensez qu'il faut modifier ce texte de présentation du SRN, je suis preneur. Mais il est nécessaire de proposer un texte simple, compréhensible par tous. Il s'agit ici d'un essai tentant d'expliquer le mieux possible qu'est ce que le ski de randonnée nordique et son utilité.

Concernant les skis larges et les skis étroits, j'indique simplement des faits, sans avoir d'arrières-pensées ou d'avis particulier sur le sujet : depuis les années 70, la majorité des skis de randonnées nordiques sont étroits. Cette étroitesse est devenue une référence pendant toutes ces années. On peut donc considérer cette pratique comme "traditionnelle" (ou de référence). Depuis une dizaine d'année, on remarque l'émergence de skis plus larges en SRN qui permettent de démocratiser la pratique (et de la faciliter). C'est un fait.

Si vous souhaitez modifier le terme de "skis traditionnels" par skis étroits, ok !

Sur le reste Sancho, je ne sais pas trop à qui tu t'adresses... sans doute aux soit disant femmes et hommes estampillés du "nordique" ou des pratiquants du "nordique" qui n'ont jamais voulu que cela change et qui n'ont jamais rien fait pour la randonnée nordique ?

par talonlibre
talonlibre avatar
 

Bonjour Régis,

Dans les années 1970-1980, effectivement le ski de randonnée nordique et le telemark ont pris leur essor sur du matériel nordique issu du ski de fond.
Au Etats-Unis, pour une raison très simple, ils ne connaissaient pas le matériel de randonnée alpine auquel ils sont venus fort tard.
C'est la raison pour laquelle, les skis sont restés étroits.
Avec Sancho, nous avons été pris de passion pour l'histoire du ski, de mon côté, j'ai retrouvé pas mal de livres anciens, contacté un musée norvégien du ski et je me suis aperçu qu'un ski polyvalent des années 1930 faisait 8 cm sous les pieds, qu'un ski de telemark de 1868 (comme ceux de Nansen ou Amundsen), faisait 7 cm sous le pied et étaient dotés d'une taille de guêpe... aux matériaux près, de quasi Epoch.
Les Voilé Vector BC ne sont pas éloignés, dans le principe et la forme des skis multi-millénaire de l'Altaï avec leur rocker artisanal.
Oui, le SRN est le ski polyvalent des origines... des origines du ski, où l'on marchait, glissait et sautait avec... où l'on chassait, gardait les troupeaux...
J'écris ceci sans aucune animosité vis à vis des skis étroits, issus de la compétion et utilisés dans les années 1970 car il n'y avait rien d'autre. Ces skis ne sont qu'une très courte parenthèse (à peine 30 à 40 années) à l'échelle des millénaires de l'histoire du ski.
J'ai aussi démarré le telemark sur des skis étroits mais je suis ravi de voir que le matériel s'est détaché de cette "pseudo-tradition", qui peut paraître la bonne si l'on n'a pas eu d'informations historiques pas forcément faciles à trouver.

Peut-être pourrait-on utiliser le terme de ski de promenade étroits des années 1970 à 2000, et indiquer que les skis "dits larges", ne sont que les dignes enfants des skis du fond des âges.

Je veux bien préparer une actu illustrée et documentée sur le sujet, si tu penses que cela peut intéresser nos amis de la communauté SRN.

par sancho
sancho avatar
 


La plus part des commentaires que j'ai laissé sur ce forum s'adressent à toutes et à tous. Si certains se sentent visés c'est sans doute que ça fait partie des raisons qui me motivent à écrire ce genre de commentaire.
L'Etat délègue à la FFS l'organisation de toutes les pratiques de ski en France. Au registre des préoccupations du ministère de la jeunesse et des sports, on trouve, dans l'ordre des choses:
- sport santé, sport bien être
- pratique et sécurité
- sport pour tous
- lieu de pratique
- et pour finir en dernière roue du carosse sport performance

Quand on va sur le site de la FFS, au registre des préoccupations on retrouve quasiment l'ordre inverse.

Sinon dans l'ordre des disciplines présentées on a en premier lieu: le ski alpin et ça me semble bien normal.
Ensuite on a le biathlon, le ski de fond, le combiné nordique, le saut, puis le ski freesyle et le snowboard, en dernière roue du carosse on trouve une rubrique autres pratiques qui englobe: télémark, ski de vitesse, SRA et roller ski.
Peut être que j'ai l'esprit mal tourné, mais je lis dans cet ordre des choses, l'importance du ski alpin, puis l'importance des médailles avec une anomalie, car on a pas osé mettre le combiné nordique avant le ski de fond, sans doute trop marginal. Le monde du freestyle et du snowboard est trop insubordonné à la fédé pour se retrouver devant le saut. Dans les pratiques autres, on retrouve les parents encore plus pauvres, mais le SRN n'y figure même pas.
Quand on déroule tous les menus des disciplines nordiques, il n'y a qu'en ski de fond, où on trouve un onglet "pratique de loisir". Le contenu de cette rubrique est à mon sens d'une pauvreté scandaleuse pour un organe qui a vocation à organiser toute la pratique du ski.
Les dérives élitistes de la fédé, nourrissent l'esprit nordique depuis des décennies. Il n'y a pas besoin d'être moniteur pour comprendre qu'un ski comme celui d'Amundsen nécéssite beaucoup moins d'équilibre pour se déplacer, qu'un ski à qui on accorde un caractère traditionnel. La soit disant tradition c'est la fédé qui l'a définie.
Les skis fins avec des carres, sont une réponse des moniteurs de ski, des instances fédérales, et des fabricants de matériel à une pratique du ski de fond hors trace, sur du matériel trop fragile d'une époque dépassée. Cela ne constitue en rien une bonne réponse pour une pratique du SRN facile, efficace et potentiellement populaire.

par sancho
sancho avatar
 

Extrait d’un magazine qui traitait spécifiquement du développement en montagne, parut le 8 janvier 1977.
« le ski de fond en question :
Face à la croissance explosive de la pratique du ski nordique ces dernières années, une étude du SEATM souligne que "le matériel de ski de fond tel qu'il existe ne comble pas les exigences de la clientèle" et "ne correspond pas à l'image idyllique largement diffusée par les médias". Les services du SEATM et en particulier le directeur Georges Cumin, se sont penchés sur cette question et proposent la mise au point d'un matériel adéquat, intermédiaire entre le ski de fond et l’alpin. Autrement dit, souligne la rédaction d'Aménagement & Montagne : "la réponse appartient aux fabricants !"
SEATM : service d’étude et d’aménagement touristique en montagne.

Rajouter des carres sur un ski de fond, ça ne sert quasiment à rien. Les carres prennent réellement de l'importance quand le ski s'élargit. (derrière cette affirmation, il se cache un sujet de mécanique des forces appliquées au monde de la glisse que je ne vais pas développer ici, mais au besoin je peux revenir dessus dans un autre commentaire)

On a finit d'enterrer le vieux ski bois depuis 1972, l'année de la semelle plastique, à partir de cette date, si tu voulais un ski large, t'étais obligé de monter sur des planches dépassées. Même si la fédé se fout bien du sujet SRN, ne pas croire qu'elle a eu, et a encore un impact et une influence sur la façon de penser et de pratiquer le SRN, c'est se voiler un peu la face.

par sancho
sancho avatar
 


Je me bats tous les hivers, depuis 5 ans maintenant pour désacraliser ce ski fin. Il y a des pratiquants de SRN, qui le défendent becs et ongles sans jamais être montés sur un ski large. Quand ça fait 30 ou 40 ans qu'on t'oblige à boiter du pied gauche, t'as le droit de vouloir refuser l'idée que le père Noël en qui on t'avait fait croire n'était qu'une légende.

Maintenant concrètement, ça me saoule, de croiser tous les ans des cafistes du coin, à qui je propose chaleureusement de venir essayer gratuitement, et quand ils le veulent des skis larges avec des fix en norme 75, et de ne lire dans leurs yeux que du dédain à l'égard d'un jeune con qui semble vouloir leur expliquer des choses qu'ils ne connaissent que trop bien.
Ça m'use le moral, de voir l'état de leur troupes à l'arrière du groupe, avec des gens qui ne se raccrochent qu'à une dynamique sociale de groupe parfois puante, car on se préoccupe parfois bien peu de leurs personnes. Quand ça fait 3 km qu'on a pas vu Lucette et qu'il faut remonter sur deux bornes avant de la trouver enterrée sous un sapin, ben il y en a encore pour penser que c'est Lucette qui les fait chier.
Quand je les vois enchaîner des traversées conversion, et que mes touristes biens portant passent en stem, ça ne me fait pas rire sur leurs peines à accepter d'autres perspectives de plaisir. Ce n'est pas qu'une notion de plaisir, car pour avoir du plaisir, il faut se sentir en confiance et en sécurité. Il y a des skis qui aident plus que d'autres à être dans les bonnes dispositions pour apprécier la montagne.

Accessoirement, le jour où il y a un fémur à ramasser dans un lapiaz, c'est encore le plus diplômé qui fréquentera le terrain ce jour là, qui portera la responsabilité au regard de la loi, d'apporter la bonne et juste assistance sans claquer une fémorale, et n'avoir qu'un corps livide à ramener à une famille.

Loin de moi l'idée de vouloir donner dans le cliché, les cafistes n'ont à mon sens pas l'exclusivité de la bêtise en SRN. Et parmi les cafistes on trouve également un grand nombre de personnes qui sont nettement plus ouverts que ce que la caricature le laisse entendre.

par sancho
sancho avatar
 

En revanche à partir de ce commentaire, je crois qu'il n'y a plus l'ombre d'un doute sur qui doit se sentir visé. J'accepte volontiers toute forme de critique quand à mes propos sur ces sujets dès lors qu'ils ont été au minimum expérimentés. En revanche je crois que je commence à être lassé, usé et plus de nature à gaspiller de l'énergie pour convaincre des esprits étroits qui n'ont jamais même tenté d'essayer une forme de ski qui me semble être réellement traditionnelle et à plus forte raison quand la forme de ski leur a été proposée gratuitement pendant plus de 5 ans. Sinon ça ne me coûte pas plus que ça en énergie, de garder une ou deux paires à l'essai pour des gens qui ont l'envie d'essayer et qui n'auraient pas les moyens de sortir 15€ dans une location de ski de Métabief aujourd'hui bien achalandée.

PS, pour Régis, dans le style simple, efficace je peux tout comme talon libre ou avec talon libre et d'autres personnes réfléchir pour modifier la rubrique, les commentaires que je t'avais envoyé sur le sujet le mois dernier, étaient longs, mais ils ne visaient qu'à illustrer des incohérences.

par talonlibre
talonlibre avatar
 

Partant à 100% pour collaborer avec ceux qui souhaiteraient réfléchir pour modifier la rubrique, mais aussi décrire les origines ancestrales du SRN dans une actu dédiée.

par sancho
sancho avatar
 

Là il y a appel à témoin d'un passé plus ou moins éloigné, pour écrire ensemble un présent, qui peut servir de base pour construire un avenir. A plus on sera nombreux à contribuer à cet effort, à plus on pourra définir une rubrique juste,simple et efficace en englobant toute la diversité de cette belle activité. Talon libre à toi l'honneur de la primeur sur le clavier, faut que j'aille m'occuper de mes clients, et de quelques autres soucis fédéraux et annexes.

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