Le bivouac hivernal

Il existe de nombreuses techniques qui permettent de survivre et bivouaquer en terrain enneigé. Tente, trou de neige, igloo, belle étoile, abri-tranchée, etc. Nous nous attarderons ici sur le bivouac en tente, une méthode qui permet d’assurer une progression sereine au long cours, et qui est retenue par de nombreux randonneurs.

Bivouac en tente 4 saisons

Choix du matériel

Pour survivre en milieu froid, nous préconisons d’utiliser une tente 4 saisons. Elle doit être solide et capable d’affronter tous types de temps ; elle devra résister au gel, aux assauts du vent, au poids de la neige. Les tissus et les arceaux peuvent être soumis à des tensions importantes. Il existe un choix important de tentes répondant à ce cahier des charges ; leur prix est en général élevé, mais il faut ce qu’il faut… Il est possible d’utiliser une tente classique et moins performante si vous ne faites que des sorties ponctuelles. Le choix du matériel se fera en fonction de votre objectif, de vos contraintes de poids et du nombre de participants. Il est important de choisir une tente facile et rapide à monter. Lors de longues traversées en terrain nordique, la tente sera votre seul refuge !

Montage

Choisir une zone bien aussi plate que possible et où l’épaisseur de neige est suffisante pour insérer des ancres à neige ou des skis. La tente sera disposée dans l’axe du vent : ouverture opposée au vent. Ceci est particulièrement vrai pour les tentes tunnels. Une forêt, de gros rochers, etc. seront utiles pour se protéger du vent. Après avoir choisi son emplacement, il faut aplanir le sol, creuser pour pouvoir permettre le déplacement autour de votre logement. La pelle est indispensable pour réaliser cette installation.

Disposez votre tente sur la neige et fixez-la solidement au sol. Procédez au montage.

Plusieurs systèmes de fixations peuvent être utilisés :

  • Les cornières : elles sont efficaces dans la neige compacte.
  • Skis, bâtons, piolets et broches à glace seront utilisés dans toutes les neiges et particulièrement dans une neige plus consistante. On les placera horizontalement. La méthode de fixation avec les skis s’avère très pratique mais vous empêchera d’utiliser après le montage de votre abri ce précieux mode de déplacement.
  • L’utilisation de poids morts est une méthode qui consiste à utiliser des sacs plastiques ou des ancres à neige. Les remplir de neige et les fixer aux haubans. Creuser des trous et placer les sacs au fond de ces derniers.

En cas de vent violent, nous utilisons en premier lieu nos skis qui permettent de fixer solidement la tente. Puis, nous répartissons aux extrémités de la tente les ancres à neige que nous recouvrons de neige. Creuser un emplacement pour disposer ces poids morts que je fixe à la tente. On obtient ainsi un ancrage excellent. Si la tente dispose d’une toile à pourrir, ne pas oublier de la recouvrir de neige ce qui empêchera les infiltrations de neige pulvérulente à l’intérieur et entre la « chambre » et le double-toit. Une fois à l’intérieur, placer impérativement un matelas (en choisir un bien isolant) sous le duvet afin de vous protéger de l’humidité et du froid. La condensation et l’humidité sont les pires ennemis du campeur ! Si possible, placer entre la neige et la tente une couverture de survie afin de mieux vous isoler. En cas de vent ou de blizzard, cette opération s’avère souvent impossible (on peut alors étaler la couverture dans la tente intérieure, avant de dérouler le tapis de sol). Un mur de protection, en cas de vent, peut s’avérer fort utile ; à disposer à trois mètres de la tente pour protéger des vents dominants ; une scie à neige est très utile pour faire un mur solide. Le mur de neige pourra vous protéger des rafales les plus violentes et aussi de la neige transportée par le vent qui s’insinue partout. Vous êtes enfin chez vous, au chaud et protégé du vent. Le siège peut durer longtemps à condition d’avoir suffisamment de vivres !

Démontage

Lors de vent violent, rentrer la tente dans le sac au fur et à mesure du démontage. Garder toujours un ou deux coins de la tente fixés au sol. Il est très utile d’avoir en sa possession une brosse afin d’enlever le givre ou la neige des parois de la tente. Si vous ne l’enlevez pas, vous le retrouverez au montage suivant ! Pour les raids en pulka avec tente tunnel, il existe une technique de rangement très efficace : sortir les arceaux à moitié, plier les arceaux au milieu et les rabattre sur la tente, rouler et glisser le tout dans un long sac, que l’on attachera sur le dessus de la pulka.

Les petits plus du bivouac hivernal

Pendant le « séjour » dans la tente, il est intéressant d’avoir à sa disposition une bouteille qui permettra d’uriner confortablement au chaud… La garder dans le duvet permettra de garder un peu de chaleur près du corps. Un auvent vous permettra de vous protéger en cas de besoin pressant.

  • Utiliser une brosse pour enlever la neige ou la glace à l’extérieur de la tente et le givre et les salissures à l’intérieur.
  • Une fois la tente montée, ne pas oublier d’ouvrir les aérations. Vous limiterez la condensation et les vapeurs d’essence très nocives pour la santé.
  • En cas de grand froid, le réchaud à gaz est à proscrire : au froid, le gaz fonctionne de manière aléatoire. Utiliser un réchaud à essence.
  • Avant le départ, il est nécessaire de bien organiser son sac ou sa pulka. Cela vous permettra de sortir rapidement la tente en cas de mauvais temps.
  • De retour à la maison, faire sécher la tente avant pliage pour éviter toute formation de moisissures. Le bivouac en milieu enneigé ne s’improvise pas. Il peut rapidement devenir engagé en fonction des conditions climatiques.

Le choix du matériel est capital. Suivre rigoureusement ces étapes, c’est s’assurer un bivouac en toute sérénité même à -20° sous la tente. Votre abri, c’est votre refuge ! Avant de partir, il est précieux de bien maîtriser le montage de votre tente, et de tester tout votre matériel lors de sorties près de chez vous avant de vous lancer dans des aventures plus difficiles. Le risque essentiel en bivouac sous tente l’hiver est que la tente s’envole et disparaisse au loin. Le second risque, et pas des moindres, est l’incendie (c’est arrivé à Mike Horn, par exemple, pendant Arktos). En effet, les réchauds à essence sont capricieux au démarrage. On sera donc particulièrement vigilant lors de conditions ventées, et en cuisinant dans sa tente.

Moyennant la logistique, l’attention et les précautions mentionnées ci-dessus, le bivouac hivernal est une expérience inoubliable à tenter absolument !

Le trou de neige

Réaliser un raid nordique de plusieurs jours peut supposer de choisir une méthode de bivouac hivernal. En condition extrême, lorsqu’il n’existe pas de refuge, d’abris sommaire, pour se réfugier et dormir la nuit, il convient de trouver une solution acceptable. Question de survie.

Avec un minimum d’équipement, dormir dans la neige peut s’avérer être un moment fort agréable. Les outils indispensables à la construction d’un tel abri sont la sonde et la pelle. Une scie peut être fort utile. La première étape consiste à étudier le terrain. En regardant la carte, en sondant les épaisseurs de neige. La sonde permet d’évaluer la congère. Vous ne creuserez pas inutilement. Trouver un endroit à l’abri et suffisamment fourni en neige pour creuser un abri spartiate. Trouver une dépression, un arbre, un rocher. Le meilleur choix consiste de trouver une congère. Se servir du terrain ! Il est évident que cette dernière doit être protégée de toute possibilité d’avalanche ou de coulée. Une fois le terrain sondé, creuser une entrée en obliquant vers le bas. Il est utile de creuser environ un mètre de profondeur. Au fur et à mesure de la conception de ce trou, il faut évacuer la neige à l’extérieur. Enfin, obliquez vers l’intérieur afin de créer une niche. Au fur et à mesure vous devez pouvoir rentrer dans le trou. Le trou de neige doit avoir les dimensions suivantes, pour assurer un bon couchage : 1 mètre de hauteur et 2 mètres de profondeur. Prévoir 60 cm de largeur par individu.

Pour compléter cette installation, n’oubliez pas de faire un trou de ventilation et de signaler votre bivouac hivernal à l’aide d’un bâton. Placer de dernier devant l’entrée. L’entrée du trou de neige doit être plus basse que le couchage. Les sacs seront stockés à l’intérieur. Une bougie allumée dans le trou de neige permettra de vérifier la bonne ventilation de l’abri.

Concernant le matériel, il est indispensable de se munir d’un matelas et d’un duvet chaud. Un matelas auto gonflant permettra de vous isoler du sol. Il est fort recommandé de placer en dessous de ce dernier, une couverture de survie (coté argenté) afin de parfaire l’isolation. Le duvet doit être chaud. Le synthétique est à préférer au duvet d’oie. Les fibres synthétiques ont une meilleure tenue face à l’humidité. Un sur - sac est une bonne solution pour se protéger de l’humidité.

Concernant le réchaud, il est préférable d’en utiliser un, avec la technologie essence. En effet, le gaz n’a pas une très bonne tenue lors de basses températures. Une fois à l’intérieur, préparer vous pour le lendemain. Lors de la construction d’un abri de neige, personne ne doit rester inactif. Protéger, pelleter, cuisiner sont des priorités. Pour être efficace, lorsqu’un individu creuse, l’autre dégagera l’amas de neige. Le trou de neige est la méthode la plus aisée surtout lors conditions climatiques exécrables. Il comporte aussi des inconvénients. Creuser, fait transpirer et d’autant plus lorsque l’on creuse à l’intérieur de l’abri de neige. La circulation de l’air est très mauvaise. Vous avez de grandes chances, une fois l’installation terminée de finir trempé ! Pour ce faire, procéder à la construction de l’abri avec calme. Il est préférable d’arrêter sa course aux alentours de seize heures. Préparer un trou de neige, demande du temps, surtout lors de mauvaises conditions météo ! Le trou de neige est souvent une expérience magnifique au cœur de notre nature. Il peut être choisi par plaisir, mais peut être utilisé en cas de force majeure. Etre perdu, tente cassée ou brûlée. Lors de la préparation de raid au long cours, il est fort utile de se préparer à cette éventualité.

A la belle étoile

Qui n’a pas de souvenir dans sa tendre enfance, d’avoir dormi à la « belle étoile » ? Un fabuleux rêve aux couleurs de lune... La « belle étoile » consiste à dormir dans un duvet sur la neige et sans protection. Pas d’abri, pas de tente…

Pour passer un agréable moment, il faut disposer d'un duvet « basses température ». Une mousse auto gonflante ainsi qu’une couverture de survie permettra de s’isoler de la surface neigeuse. Pour dormir sur la neige, trouver un emplacement protégé des vents dominants. Un creux sous un arbre, une roche formée par le vent peut s’avérer un lieu de couchage agréable. Une cagoule, un bonnet et des gants sont impératifs pour ce genre de pratique. Le sur sac permettra de protéger votre duvet. Vous pourrez utiliser votre sac à dos comme coussin. Lors de température basse, il est important de s’hydrater et de manger. La pratique du bivouac hivernal ne s’improvise pas. Il est important d’avoir un matériel solide et efficace. Pour les premiers essais, se placer près d’un refuge, d’un village ou de votre voiture. Avant de partir consultez la météo. Le temps change très vite en montagne.

Les autres méthodes de bivouac hivernal

  • Abri tranché
  • Bivouac niche
  • Igloo
  • Abri puits

Chacun à son utilité, suivant les conditions de terrains, l’équipement, le nombre de personnes. L’abri puit, tranchée et le bivouac niche ressemblent en terme de construction au trou de neige. L’igloo obéit à une technique délicate et une neige spécifique. L’utilisation d’une tente implique d’avoir un matériel quatre saisons adapté.

En savoir plus sur le bivouac hivernal ? Découvrez les 10 étapes pour réussir son bivouac hivernal sur le blog d'Aventure Nordique.

2 commentaires

par Bidouilleur en follie
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A ce que je vois, vous vous prenez la tête pour pas grand chose, sauf, si, bien sûr, vous cherchez à vendre tout un tas de bazar, qui ne sert pas a grand chose hormis a alourdir les sac a dos et vider le portefeuille.

Qu'es-ce que l'essentiel pour un bivouac ? c'est la volonté. Bien entendu, avoir un excellent duvet garantie contre toute sorte de problème et une pratique régulière aide grandement.

Pas besoin de tente, ni de matelas compliqué à gonfler, hormis les nerfs. Une simple couverture de survie pour s'isoler de la neige, suffit.

Je me rappelle, je me souvient. C'était en Janvier, après ma journée en temps que perchman, au sommet du plus haut téléski de la station de ski ou je travaillais, je chaussais mes ski de randonnée et me retrouvais rapidement sur un des sommets alentour, à 3000 m d'altitude, pour un bivouac improvisé sous la crête sommitale. Juste le temps de tailler une plateforme et d'installer mon bivouac, que la nuit était là. Magnifique, pleine d'étoile avec un bon moins 15 degrés Celsius. Au matin, lever a 7 heures puis descente à la station et petit déjeuné au café du coin, avant de reprendre le boulot. Magnifique souvenir.

Idem au dessus du refuge du goûté, dans le massif du Mont blanc. C'était en juillet cette fois-ci, avec une météo moyenne, Mon bivouac improvisé s'était révélé parfait pour observer la nature, les vallées environnantes et gravir le sommet le lendemain. Ambiance grandiose garantie.

Je me rappelle aussi de ce petit bivouac improvisé dans un refuge abandonnée et donc sans port ni fenêtre, en Géorgie, dans le Caucase. Ou même dans un abris vus, plus bas dans la vallée. Les seuls Ours rencontrer : des miliciens en vadrouilles et plutôt sympa dans l'ensemble...

Assurément, le bivouac, c'est surtout une question de volonté et dans une certaine mesure de nécessité. Mais surement pas d'argent ou de débauche de matériel (qui ne sert qu'a se rassuré). Oui, le bivouac est une école de sobriété (ce qui nous manque tant dans notre société). Et c'est la principale raison qui me pousse a persévérer dans ce sens.

Assurément, le bivouac pour tous devrait etre une nécessité afin d’affronter la vie plus sereinement.

Bon bivouac à tous.

Un vadrouilleurs parmi tant d'autres

par JWChalopin
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Bonjour Bidouilleur en follie

ton post m'amène à une réflexion que je fais souvent :
N'importe qui presque sans expérience peu passer 1 bivouac sans problème, du moment qu'il a un minimum d'équipement (le duvet si il fait vraiment froid).
En revanche pour avoir plusieurs fois enchaîné plus de 10 bivouacs par des températures aux alentours de -20°, j'ai du mal à adhérer à tes propos :
sur une période de plusieurs jours, il est quand même plus "raisonnable" de bien récupérer le soir et la nuit, ce qui est difficile à faire par des températures très basses et du vent quand on a pas de tente, ni de tapis de sol...
Après, c'est sûr avec de la volonté, on peu dormir dans un trou à neige pendant plusieurs semaines...

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