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Silence, on skie !

Actualités > Ski de Randonnée Nordique Suède
Régis Cahn

Régis Cahn

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motoneige sur un lac gélé

Il est difficile de mesure l’impact négatif de l’usage des scooters dans les zones montagneuses, d’autant que nous ne sommes pas spécialistes du sujet. Donner « un coup de canif » risque de ternir l’image de ce fabuleux territoire scandinave. Dans notre contrée, il y a des aberrations qu’il serait utile de mettre en exergue !

Rassemblement important de motoneiges

Pourquoi pousser ce coup de gueule ?
Pour informer et alerter sur une dérive de l’usage d’engins motorisés en zone montagneuse et afin d’éviter une propagation de ce type d’engins dans nos massifs français.

Après un voyage en Laponie suédoise, non loin des zones frontières avec la Norvège et la Finlande, nous pouvons témoigner d’une pollution environnementale préoccupante. Nous dénonçons le nombre de scooters et les comportements irrespectueux liés à une législation suédoise trop permissive.

La motoneige (scooter des neiges, Ski-Doo, Snowmobile, Snöskoter en suédois) est un moyen de locomotion qui a remplacé le traîneau (chiens ou rennes). Elle permet de se déplacer rapidement dans la toundra et dans des zones montagneuses difficiles d’accès. L’invention du scooter des neiges est une avancée technologique utile aux populations locales ; Mais comme pour de nombreuses inventions, nous observons qu’elle ne déroge pas à la règle de regrettables dérives. Et nous le regrettons vivement !

2 conducteurs de motoneiges passant partout

Motoneige, la calamité de l’hiver suédois !
Dans des endroits magnifiques et souvent improbables d’accès, les traces de randonneurs à skis sont moins fréquentes que celles de ces engins motorisés, un comble !
Au-delà de ces constatations, il faudrait mesurer les effets néfastes sur la faune et sur la flore, le volume sonore vis-à-vis des animaux et des riverains, l’érosion causée par le passage répété des scooters des neiges, le nombre d’accidents, la quantité de gaz carbonique émise…

troupeau de rennes

Kungsleden, une zone touchée ?
Sur la partie nord de la Kungsleden, certaines zones sont impactées par ces loisirs motorisés.
Exemples de zones autorisées :
- Abisko Östra – Abiskojaure – Unna Allakas
- Nikkaluokta – Kebnekaise – Singi – Hukejaure
A la haute saison, après une heure de progression à ski sur la Kungsleden, au départ d’Abisko, et après avoir dépassé la zone d’exclusion du parc national d’Abisko, vous partagerez le sentier avec les motoneiges. A l’inverse, d’autres zones sont protégées. Seules 5 compagnies Sami peuvent se déplacer en motoneiges sur la zone comprise entre Abiskojaure et Sälka.

Kungsleden, une zone à éviter ?
Non et dix fois non ; la voie royale est fabuleuse à découvrir en ski de randonnée nordique. L’espace est immense et les rencontres avec les quelques motoneiges des compagnies autorisées se font rares et discrètes. Sur la voie royale, le randonneur à ski est roi !

traces de skidoo

Témoignage
Dans la zone montagneuse située entre Riksgränsen et Abisko en bordure de la E10 ralliant Narvik et Kiruna, le nombre de motoneiges, et ceci même dans les parties les plus reculées, est très important. Cette calamité, liée à la proximité des stations d’hiver, est une pollution environnementale sans limites.

Dans cette aire de jeu pour les motoneiges, Les Snöskoter sont plus nombreux que les randonneurs… Il n’est pas rare de se faire doubler par des hordes de scooters…. Les uns essayent de monter le plus haut possible pour épater la tribu, tandis que les autres font la course…. Le randonneur doit partager son espace avec des dizaines d’engins !

Sur ces autoroutes des neiges, le skieur adopte une attitude de soumission : il se bouche les oreilles, puis le nez et enfin il ferme les yeux en attendant que ces jeux stupides se terminent !
De plus, les règles simples sont souvent bafouées : le conducteur est censé diminuer sa vitesse en passant auprès de vous et doit rester sur les sentiers dédiés aux engins motorisés.

Autoroutes des neiges en Laponie suédoise

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4 commentaires

vincent

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bien d'accord. Bien des itinéraires deviennent très difficiles à skier. Je me souviens d'une descente du Kabla sur le refuge de Parte où des centaines de jeunes sapins avaient été écrasés par des parcours anarchiques de motoneige. Cela ne faisait pas très "suédois".
Les nuisances restent locales, et la plupart du temps les gens sont respectueux. La Laponie reste un espace de rêve…

sylva

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Je viens du pays qui a inventé la motoneige alors oui, mea culpa! Mais en partie. Moi je ne condamne pas l'usage de cet engin de façon unilatérale car je sais qu'au Québec en tout cas, cela a permis à des populations isolées de s'en sortir.
Parcontre, quand j'étais en Suède sur la Kungsleden, j'ai été chanceuse. J'en ai très peu vu mais j'étais vraiment étonnée de voir des types en motoneige dans un parc national et ce surtout avec l'image qu'on a de la Suède.
Au Québec, c'est une véritable industrie et c'est vrai que ça fait partie de notre histoire et de notre patrimoine et comme partout ailleurs, il y a conflit larvé entre les motorisés et les non-motorisés. Le poids économique du lobby motoneige est énorme et des millions sont en jeu et d'ailleurs sans vouloir pointer du doigt, ce sont des milliers touristes venus d'Europe qui viennent s'épivarder dans le grand blanc. Donc, cet industrie a du poids. Parcontre, depuis plusieurs années, les clubs de motoneige sont de plus en plus assujetis par de multiples règlements et de plus, dans de nombreux parcs, les motoneiges sont complètement interdites et c'est cela qui m'a tellement surprise en Suède. On les tolère pour le service mais il faut venir au Québec dans les parcs pour comprendre le territoire. Bref, quand on pars en SRN ou en classique, il n'y a pas de motoneige sauf peut être une fois des gardiens de parcs que l'on croise sur les 6 jres où l,on y est.
Je suis contre le bruit, la pollution, l'absence de règlements et le développement sauvage du territoire mais ceci est tellement une vision d'urbains. Nous les urbains avons cette image romantique de la nature que nous voyons comme cet écrin pure et intouché et nous voulons que cela reste romantique. Et c'est ce qui fait que des fois, on peut être condescendant sans le savoir avec les populations locales car on s'attend à les voir se déplacer avec les moyens d'antan et on les folklorise facilement. Les locaux, eux, n'en ont rien à cirer de nos élans sentimentaux et on souvent une vision de la nature plus terre à terre et cherchent tout le monde, la facilité et le confort. Le chauffeur de taxi à Kiruna me disait que le sport favori là-bas était la motoneige et moi j'étais tout dépitée car je me faisais ces images sur le ski nordique et les suèdois s'enlignant les km de pistes.
Donc, que cela nous plaise ou non, notre vision d'adeptes du plein air vivant en milieu urbain est souvent très très loin de la vision des gens établis en région.
Mais Régis, en conclusion, je comprends ton découragement.

jda

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Bonjour Régis,
Je suis tout à fait d'accord avec toi, c'est un problème et l'an passé j'ai pesté contre une horde de jeunes suédois, pas des sames, qui faisaient hurler leur engin dans les forêts et les clairières qui dominent Kvikkjokk en direction de Parte.Le pire pour moi c'est les tronçons où les skidoos forment des montagnes russes vraiment difficile à skier. Souvent on est dépassé le matin par des groupes qui vont pêcher et on les croise quelques heures plus tard autour de leur trous, le dérangement n'est pas très important. Mais parfois il faut admettre qu'après avoir galéré pendant des heures dans des neiges profondes avec nos pulkas, il est bien agréable de rejoindre une trace de motoneige qui nous permet d'avancer avec facilité…

forez

forez

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je crois que Sylva a tout a fait cerné le problème de la motoneige entre utilisation comme moyen de transport et vital pour des populations et détournement à des fins de loisir par certains.
Heureusement , en France c'est interdit, autre que pour les stations comme outil de travail et de secours.
mais le loby des motoneiges poussent pour une levée de la réglementation et beaucoup de gugus se verraient bien jouer dans la neige avec un moteur sous le cul, c'est moins fatigant.
Dans un massif comme chez moi formé de hauts plateaux, se serait le terrain idéal. D'ailleurs, depuis des années une motoneige circule en toute impunité et sans que nos braves pandores n'arrivent à la trouver. Il suffit portant de suivre les traces, mais bon, c'est dur… :roll:
Sur le domaine nordique, des pseudos pisteurs croient qu'ils ont tous les droits et se permettent des tours et des détours en motoneige ou quad chenillé, alors qu'il est clair que le personnel d'un domaine ne doit circuler que sur les pistes définies et selon un plan de circulation prévu. En hors piste c'est uniquement à la demande de la gendarmerie pour l'appuyer dans le recherche de personne. Mais ça c'est la théorie.
Dans certaines stations alpines il y a de la motoneige le soir sur les pistes. C'est ou ce n'est pas top, selon ce que l'on peut en penser. A voir ?
Un particulier pourrait faire de la motoneige à condition d'avoir un terrain de X hectares et normalement clos.
Et encore une fois on se heurte au poids économique.
Et le moteur à explosion pèse toujours aussi lourd dans les balances, plus lourd que la plume écologique dont tous nos braves politiciens parlent mais sans aller au fond des choses.