Skis Madshus Annum 78 Randonnée Nordique > Skis

par
talonlibre avatar
talonlibre

Note : 3,0 / 5

Marque : Madshus

Modèle : Annum 78

Poids : 2622g/ 185cm

Dimensions : 165-175-185-195 cm

Année : 2016

Prix indicatif : 289,00 €

Matériaux :

Noyau bois et fibres de verre

Autres caractéristiques :

Lignes de cotes : 109-78-95mm
Coeur en noyeau bois.
Système antirecul Omnitrak : écailles en cinq zones de forme rondes.

Les skis Annum de Madshus sont des skis larges conçus pour une pratique du ski de randonnée nordique et du telemark léger. Ses lignes de cotes facilitent grandement le déclenchement des virages à la descente et offrent une excellente flottabilité en neige poudreuse. Ces skis Backcountry disposent de carres métalliques sur toute la longeur des skis.

Testé
par
talonlibre avatar
talonlibre

Cet article est plus qu'un simple test. Nous allons évoquer l'usage de ces skis sur le terrain et vous transmettre quelques petites recettes issue de notre expérience sur des neiges et itinéraires variés, en espérant qu'elles pourront vous servir.

Skis Madshus Annum
Les Madshus Annum sont des skis larges et taillés : 109 - 78 - 95 mm. Ils sont légers : 2622 grammes la paire en 185 cm.

Dès que j'ai aperçu ces skis sur Internet, j'ai tout de suite été séduit par leur aspect large et taillé. À première vue, les Madshus Annum semblent très différent des skis de randonnée nordique classiques. Leurs mensurations sont strictement identiques à celles des skis alpins, de freeride ou de telemark des années 2000, et l'on peut légitimement se demander s'ils ne sont pas tout simplement de skis de randonnée alpine pourvus d'écailles ?

Les skis larges, une vieille idée, laissée de côté par les « pistards » !
Skis de Sondre Norheim
Voici une relique, les véritables skis de Sondre Norheim, qui étaient déjà des skis de SRN modernes, larges, courts (pour l'époque), légers et taillés : 94 mm en spatule, 70 mm sous le pied et 86 mm au talon. La fixation, avec attache du talon, était révolutionnaire pour l'époque. (collection Tarjei Gjelstad - Norsk Skieventyr)

Ces planches nouvelles ne sont pas tellement éloignées des skis conçus, fabriqués et utilisés par Sondre Norheim – le père du ski moderne, originaire de la région de Morgedal en Norvège - à la fin des années 1800. Il faut dire qu'à cette époque une paire de ski servait à tout faire : se déplacer et de village en village, sauter les toits des chalets, bondir par-dessus les routes ou bien descendre à fond dans la neige vierge avec ses amis.

À l'époque de Sondre Norheim, le ski c'était forcément du « backcountry » !
Ces skis étaient plus larges et courts que les skis longs des Lapons, car la région du Telemark où vivait Sondre Norheim a un relief accidenté comme certains secteurs du Jura. Ses deux trouvailles majeures sont les fixations (qui maintenaient réellement le pied) et le fait d'avoir des skis plus étroits sous le pied qu'en talon et spatule pour leur permettre de tourner naturellement. Ce sont des skis identiques qui ont permis le développement du ski en France et ont largement été utilisés jusque dans les années 1930, pour leur polyvalence.

Le rouleau compresseur de la compétition a orienté les skis vers l'ultra-spécialisation et la recherche de la performance pure au détriment de la polyvalence. Le ski « à tout faire » a disparu. Mais ceci est une autre histoire…

XCD ou Cross Country Downhill, un concept inventé il y a bientôt 35 ans, à l'origine du « backcountry »
En réalité, les Annum sont déjà bien connus par les skieurs nord-américains mais sous un autre nom : les Karhu Guide, sortis depuis plus de 4 saisons, et qui ont remporté de nombreuses récompenses comme le « SnowPress Innovation Award » en 2008/2009.

Cross Country Downhill
À la fin des années 70, des skieurs américains épris de nature et d'aventure redécouvrent les joies du talon libre et du virage telemark… Le Finlandais Antii Titola invente le ski de XCD, commercialisé par Karhu, et utilisé, entre autres, par Steve Barnett.

Le Karhu Guide, devenu aujourd'hui le Madshus Annum, est le dernier descendant de la lignée des skis de Cross Country Downhill (XCD), de la marque nord-américaine.
Il est d'ailleurs très amusant de voir que la largeur de l'Annum est la source de nombreuses discussions. Par le passé, un autre ski de chez Karhu, l'Extrême, skié par « maître » Steve Barnett a choqué les amateurs de « baguettes chinoises ». Ce ski, très innovant pour son époque avait des mensurations larges (72-59-64), une véritable révolution ! 10 cm de plus en spatule que les autres skis du moment.

Certains septiques se sont demandés si c'était encore un ski taillé pour l'exploration des pertes dans un esprit nordique. Malgré cela, ces planches ont enthousiasmé tous ceux qui marché et taillé des courbes avec elles. Elles étaient moins larges que les ski de Sondre Norheim (94 mm en spatule et 70 mm au patin). Aujourd'hui, l'Annum pose les mêmes questions… et ceux qui l'ont essayé arborent un large sourire. Et ce beau ski semble rester fidèle à l'esprit de la famille XCD : « Doing more with less ! 1»

Les deux testeurs
Annie : jolie jurassienne amoureuse des grands espaces, habituée des pistes de ski de fond ou elle s'exprime en skating. Quand elle souhaite sortir des traces, elle utilise surtout des raquettes à neige et reste sur les sentiers d'été ou dans des zones qu'elle connaît déjà par cœur. La descente n'est pas son fort, elle va courageusement affronter les champs de neige vierge, oser ses premiers virages dans la poudreuse ou dans des neiges nettement moins recommandables. Avant cette saison de test elle n’avait jamais pratiqué le ski de randonnée nordique.

Jean-Christophe : 40 années de ski au compteur (alpin, fond…), adepte du virage telemark qu’il a enseigné en ski-club, son grand plaisir est de découvrir et de partager des itinéraires skiables. Après avoir rêvé de descentes dans des pentes bien raides, comme celles dans lesquelles skiaient les Cachat, Saudan, Vallençant, Baud ou Boivin, il rencontre durant ses études Pierre Tardivel avec qui ils partagent quelques premières en ski « extrême » ou en cascade de glace. En 2000, il signe avec ce même Pierre Tardivel, le guide « Bornes-Aravis, terrains de glisses » sur tous les itinéraires skiables de ce beau massif. Il a aussi écrit plusieurs articles pour le mensuel « Alpinisme et Randonnée ». Jurassien d'adoption depuis peu, il prépare un ouvrage sur les itinéraires en ski de randonnée nordique (plus d'informations sur www.montagn.com).

Matériel utilisé pendant le test
En ski de randonnée nordique, l’agrément de la marche et l’efficacité en descente dépendent principalement du couple chaussure-fixation. Des chaussures et des fixations adaptées permettront de marcher facilement. Pour la marche, la fixation doit autoriser un débattement maximum du pied, et pour la descente la présence d'un câble aidera le débutant, le skieur confirmé peut s'en passer. Le câble à un autre avantage, il évitera la sortie d'une chaussure des "3 pins" ou 3 tétons de la fixation.

Chaussures Scarpa T3
Annie a beaucoup apprécié le confort et la précision de ses Scarpa T3, par contre la rigidité des Rottefella Chili a entravé le débattement de son talon et pour éviter qu'elle ne se fasse des ampoules au cours de longues montées, il a fallu ajouter une plaque débrayable sous la fixation offrant un débattement complet comme en randonnée alpine (EasyGo telemark).

Annie a choisi pour débuter des chaussures plastiques offrant une bonne tenue de pied en descente, légères, chaudes et confortables avec des chaussons thermo-formés et des semelles moulées sur-mesure.

Chaussures Crispi en cuir
Jean-Christophe est resté fidèle à ses bonnes vieilles Crispi en cuir et aux excellentes fixations Rottefella Riva, hélas bien difficiles à trouver de nos jours.

Quant à la plaque Easy-Go telemark montée sur nos skis en fin de saison pour taquiner quelques hauts sommets (comme l'Aiguille de l’Épaisseur ou le col de la Grande-Casse), elle n'est pas utile en SRN. Je vais d'ailleurs la démonter de mes skis cette saison. Par contre, je conserverai mes cales de réhausse pour bien transmettre les appuis en descente.

Durée, terrains et période du test
Ces skis ont été essayés pendant toute la saison 2011-2012, pendant six mois consécutifs sur des terrains variés (tous les types de neige de la poudreuse à la croûte infâme en passant par la neige transformée, dans de la neige profonde parfois très pénible à tracer, sur des neiges béton, sur des pistes de ski de fond damées et préparées pour le skating et aussi sur une piste noire en neige dure pleine de bosses). Ces planches sont sorties très souvent dans le Haut Jura, français ou suisse, dans le massif des Bornes et Aravis,il était même prévu de les emmener à plus de 3000 mètres mais les délicates conditions de fin de saison n’ont pas permis de réaliser ces dernières sorties qui seront remises à la saison 2012-2013.

 

Test des Masdshus Annum

Aptitude à faire la trace
Bonne nouvelle pour tous les aventuriers, la spatule souple et large de l’Annum permet de faire la trace très facilement même quand il est tombé une grosse quantité de neige vierge. On sent immédiatement que ce ski a été conçu pour sortir des sentiers battus.

 

Skieuse avec des skis Madshus Annum
Avec une paire d'Annum aux pieds, faire sa trace est facile et agréable. La spatule large et souple est particulièrement efficace dans les neiges profondes.

Contrairement à certaines idées reçues, il est beaucoup plus facile de faire la trace avec un ski large, qu'avec un ski de fond fin ou un "Fjellski" traditionnel. Pour avoir la même portance, le ski fin doit être long et il perd donc en maniabilité.

Un ski large comme l'Annum, choisi à la taille du skieur (voire même 5 à 10 cm de moins en fonction du poids de son utilisateur), se révèle très facile et efficace dans les conversions et les passages délicats en forêt quand il faut affronter divers obstacles. Sa stabilité est un allié précieux, encore plus pour le débutant qui gardera plus facilement son équilibre.

Le plaisir de la marche glissée dans les combes brumeuses ou entre quelques sombres silhouettes sapins est un des grands plaisirs propres au SRN. La chaussure souple, l'appui franc et furtif de l'avant du pied fait mordre les écailles dans le manteau blanc… on glisse à la montée comme on le fait dans les descentes et l'on comprend pourquoi certains vieux norvégiens malicieux nous glissent à l'oreille que le telemark est aussi simple que la marche… marcher en SRN, c'est glisser… et l'Annum décuple cette douce sensation.

Ecailles des skis Madshus
"Omnitrak® NoWax Base", 80 cm d'écailles plutôt efficaces (un dessin hérité de chez Trak)

Efficacité en montée et retenue des écailles
Que vaut sur le terrain le système de retenue des Annum, appelé "Omnitrak® NoWax Base" par Madshus ? La surface occupée par les écailles est impressionnante. La longueur. de la zone d'écailles de surface progressive est identique sur les skis de 165 cm et 185 cm, à savoir 80 cm dédiés à la retenue, le tout sur une largeur de presque 8 cm. Cela fait beaucoup d'écailles pour mordre la neige.

Sur le terrain, cette solution se révèle plutôt efficace et dans des conditions de neige humide (les plus favorables aux écailles), on arrive à affronter sans peine des traces de 15 à 20 degrés.

Quand la neige devient très sèche et froide (genre poudreuse de rêve bien profonde), les capacités des écailles diminuent en flèches. On peut affronter à l’aide de nombreux zigzag un petit dénivelé dans un large champ de neige, mais dans un chemin raide et étroit ou pour une montée importante, il est beaucoup plus rentable et moins fatiguant de mettre les peaux de phoque, qui tiennent très bien sur les écailles des Annum.

La Tournette
Quand la neige est très froide et sèche, les peaux de phoque s'imposent.

Quelles peaux de phoque pour l'Annum ?
Le choix des peaux variera en fonction des goûts et de l'expérience de chacun.
Annie à été rassurée par des peaux taillées aux mesures des skis, véritables tracteurs et très accrocheuses. De mon côté, j'ai utilisé les peaux larges de 50 mm, suffisantes en terrain nordique mais un peu limitées dans les pentes en dévers sur neige dure… solution à réserver aux skieurs expérimentés. Pour des itinéraires avec beaucoup de montées et descentes nécessitant d'enlever et remettre les peaux, un système sans colle comme celui des peaux utilisées sur les skis de l'armée suisse ou comme les clipskins me paraît de loin être la meilleure solution.

Peaux de phoque sur les Madshus Annum
Un randonneur nordique aura toujours intérêt à avoir une paire de peaux dans son sac

Même avec des écailles, le fart reste utile
Nous avons aussi pris en défaut les écailles sur des routes forestières ou des pistes en neige lissée et durcie par le gel matinal. Au lieu de mettre les peaux, nous avons crayonné la semelle de fait de retenue, ce qui nous permis de conserver une agréable glisse en marchant et de monter bien plus vite qu'avec des peaux de phoque car ces dernières jouent le rôle de véritables aérofreins et gâchent le plaisir de la glisse si caractéristique du ski de randonnée nordique.

Fart pour le ski de randonnée nordique
Il existe chez Ski Go un kit de 3 farts et un liège synthétique idéal pour le SRN

Aussi, avoir dans son sac un choix restreint de fort adaptées aux températures inférieures à 1 degré (3 poussettes suffisent), un liège synthétique, un vieux chiffon et un peu de défartant est une bonne résolution. Les farts qui contiennent du fluor sont à proscrire car ils détruisent la colle des peaux (j'ai hélas fait le test et j'ai du ré-encoller mes peaux) .

Et la descente ?
Dans l'hexagone, surtout en moyenne montagne, les conditions de neige sont de plus en plus variables, contrairement aux pays du nord de l'Europe où l'on trouve généralement, soit une neige poudreuse tombée en abondance au cours d'une tempête ou une neige à fond très dur voire gelé. Les neiges délicates se rencontrent souvent dans nos massifs, des skis plus larges, plus tolérants et surtout plus ludiques permettent de prendre du plaisir et de s'affranchir plus facilement des difficultés rencontrées.

Virage telemark dans une neige difficile
Une neige difficile à skier, dense, comme on en rencontre souvent en moyenne montagne, (entre Colomban et Colomban d'en bas au-dessus de Manigod, massif des Aravis - Haute-Savoie)

Bien sur, quelques « chefs » de courses ou « vieux de la montagne » continuent de conseiller à leurs troupes l'achat de chaussures souples et de skis étroits, comme au bon vieux temps. Ce choix ''traditionnel » est-il encore fondé aujourd'hui ? Ces « chefs de courses », passionnés, éminemment respectables et auxquels le SRN doit beaucoup ne devraient-ils pas essayer eux-aussi les skis de XCD comme l'Annum et chausser une paire de Svartisen ? Cela permettrait à leurs protégés de goûter aux plaisirs de la glisse bien plus rapidement.

Charvin
L’Annum se caractérise par une grande facilité en descente, c’est un ski qui met en confiance, Il faut le recommander aux débutants qui pourront vite progresser.

A ce sujet, j'ai envie de vous faire partager une scène vécue l'hiver dernier dans un beau champ de neige, au-dessus de la Bourbe, du côté de Bois d'Amont, dans le Haut-Jura.
Avec Annie et Victor, son jeune bican2 de fils, nous profitons d'une belle après-midi d'hiver pour aller nous amuser à parcourir les prés-bois en direction du Crêt des Danses.

Descente facile
En neige douce, poudreuse ou neige printemps, l'Annum est agréable et efficace, en prenant un peu de vitesse on surfe au-dessus du manteau neigeux, mais sur neige dure, il montre vite ses limites et manque de dynamisme. Cela est lié à sa construction nordique qui privilégie l'agrément de la marche. Ce n'est absolument pas un ski alpin : il faut être doux et ne pas trop le bousculer. C'est le ski idéal pour ceux qui cherchent une monture facile et docile.

Victor repère quelques souches et accidents de terrains à sauter, puis remonte en canard, pour s'envoler à nouveau sous nos yeux. Puis, c'est l'heure de descendre. Nous arrivons au sommet d'une belle pente régulière, en bonne neige poudreuse posée sur un fond dur et inclinée à un peu moins de 20°. Bref, l'endroit idéal pour tracer de belles courbes et se faire plaisir.

Je me lance le premier et en quelques virages telemark grand large, j'ai vite raison de ce trop court dénivelé de 100 m, ces Annum sont trop efficaces !
Victor se met en position de recherche de vitesse et exécute face à la pente de beaux virages parallèles. Annie, s'en sort plutôt très bien pour une débutante. Elle déclenche ses virages avec un large stem, puis elle laisse ses skis déraper dans la pente pour terminer sa courbe. Elle arrive à maintenir son équilibre, aidé en cela par la largeur de ses planches.
Elle prends confiance au fil de la descente et arrive en bas sans une seule chute, un large sourire aux lèvres.

Nous nous retournons pour observer nos traces puis nous apercevons un groupe de skieurs qui semblent s'engager dans la pente, l'équilibre hésitant, en permanence à la limite de la chute. La belle pente de poudreuse devient rapidement un champ de mines creusées de baignoires. Curieusement, un des skieurs semble échapper au carnage. Sa technique est plutôt « Old School » : une succession de traversées et de conversions. Ce doit être le chef de course.

Les autres participants galèrent toujours. Une jeune femme s'arrête tétanisée au milieu du champ de neige puis finit par descendre en escalier. Très sincèrement, il descendraient bien plus vite assis sur un sac-poubelle ou avec une paire de raquettes aux pieds. On peut se demander à quoi leur servent leurs skis étroits et leurs chaussures souples, Si ce n'est à se faire peur dans un endroit où ils auraient pu prendre beaucoup de plaisir.
Imaginons ce qu'il aurait pu se passer pour ce groupe s'il avait dû descendre un chemin forestier verglacé en pleine forêt ? Certains auraient sans doute enlacé quelques sapins.

La polyvalence des Annum apporte sécurité et plaisir, pourquoi s'en priver !

L'Annum exécute sans broncher tous les types de virages : pas tournant, chasse-neige, stem, parallèle, courbe carvée, telemark… Il est très efficace sur toutes les neiges douces mais il n'a pas l'efficacité d'un ski alpin sur les neiges dures. C'est un vrai ski nordique.

L'avis d'Annie sur les Annum après sa première saison de SRN
Généralement ce sont surtout des skieurs avertis qui effectuent les tests et donnent leur avis sur le matériel. Les Annum sont des skis nouveaux qui apportent beaucoup au ski de randonnée nordique. Obtenir l'avis d'une débutante nous a paru intéressant.

L’avis d’Annie : Ces skis tournent facilement ils sont courts maniables et légers. J'ai aussi beaucoup apprécié leur bel aspect. Les écailles permettent de passer sans perte de temps des montées aux descentes. Cela m'a permis de perfectionner mes premiers virages dans de beaux champs de poudreuse sans avoir à prendre le téléski. Quand la neige est légère dès que l'on prend un petit peu de vitesse, les spatules déjaugent facilement et on a l’impression de voler au-dessus de la poudreuse comme sur un tapis volant.

Par contre les fixations utilisées sont trop rigides pour la marche et pénibles à chausser. Sur mes skis de skating, chausser est automatique. Les chaussures étaient légères, précises, chaudes et confortables. Retirer le spoiler arrière permettait de rendre la marche encore plus facile sans pénaliser la descente.

Conclusion
L'Annum me fait vraiment penser au ski des origines, celui de Sondre Norheim. Un ski large, taillé, léger, avec lequel on peut marcher et parcourir de belles distances dans des contrées sauvages. Les descentes ne lui font pas peur et sa capacité à tourner facilement lui permettra d'affronter de nombreuses pentes… Nous l'avons utilisé sur des pistes de ski alpin même si ce n'est pas son domaine de prédilection.

Auges
Voici le terrain de jeu idéal pour les Annum, des espaces vierges et poudreux comme on peut en trouver facilement dans beaucoup de zones montagneuses. L'Annum est taillé pour l'aventure et le jeu, le ski plaisir des origines quand on marchait, glissait et sautait avec une seule et même paire de lattes. (Plateau des Glières - Haute-Savoie).

On exploitera tout son potentiel en l'utilisant avec des chaussures comme les Crispi Svartisen, les Scarpa T4, les Garmont Excursion montées sur une fixation souple comme une 3 pins ou une Voilé 3 pins cable. Un bon skieur sera aussi capable de l'utiliser avec des chaussures plus basses. Son prix est très bien placé, grâce à lui le plaisir du ski redevient accessible.

Il a bien fallu lui trouver quelques points à améliorer :
- une taille plus courte que 165 cm serait la bienvenue.
- La semelle pourrait être de meilleure qualité, elle exige des fartages régulier pour conserver ses qualités de glisse.

Cet hiver, je continuerai de me faire plaisir dans les pentes et les combes avec mes Annum.

Où acheter vos skis Madshus Annum ?
Les skis de randonnée nordique Madshus Annum sont vendus chez Aventure Nordique.

Notes :

1. Faire plus avec moins : il ne sert à rien de prendre des skis de randonnée alpine sur les plateaux du Jura ou du Vercors ou encore sur un sommet préalpin peu incliné, et on peut réaliser de belles descentes avec un équipement simple, léger et économique, un slogan séduisant qui rend à nouveau le ski accessible.
2. Un bican est un habitant de Bellefontaine, petite station de fond et d'alpin située au-dessus de Morez au pied du Risoux.

Note du test 3 / 5

12 commentaires

par sancho
sancho avatar
 

Ben l'en voilà un joli article, sur ces annum. Je partage à 100% le contenu.
En neige dure, oui on peut prendre un SRN plus fin, mais les annum vont très bien. C'est vrai qu'en descente ils sont un brin léger, et vraiment souple quand le fond est béton. Mais pour ma part on trouve guère mieux ailleurs dans ces conditions là en SRN.
Sinon côté fixation, je suis fan de la Voilé 3 pin hardwire: tu claques le câble derrière la talonnette pour avoir une vraie liberté de mouvement en montée, et tu le remets derrière le talon pour plus de précision dans une bonne descente. Ça fait une petite manip au dessus et en bas de chaque belle descente, qui prends moins de 5 sec, mais on passe d'un déroulé de fondeur, à un vrai maintient en deux deux.
Toutes mes félicitations Talonlibre pour ce joli compte rendu.

par talonlibre
talonlibre avatar
 

Merci Sancho,
Il y a maintenant plus large que l'Annum mais pour plus de 2 fois plus cher.
Pour les fixations, la 3 pins Hardwire est vraiment une excellente solution pour le skieur qui cherche un bon maintien en descente, sinon le skieur expérimenté pourra se contenter d'un 3 pins simple sans câble.
Ce ski est une belle invention.

par sancho
sancho avatar
 

Oui il y a plus large, mais tu le sais encore mieux que moi, qu'il n'y a pas que les lignes de côtes qui font l'âme d'un bon ski.

par jplou
avatar par défaut
 

bonjour,
peux on adapter des fix de telemark sur ce genre de skis?
merci

par talonlibre
talonlibre avatar
 

Bien sûr, ils sont montés en telemark. Sans soufflet et appui sur l'avant de la chaussure les écailles ne fonctionnent pas.
Il vaut mieux monter des fixations et des chaussures souples sur ces skis.

par pilou
avatar par défaut
 

Salut,salut,
Qu' est ce que vous conseillez en termes de taille de skis :
sa taille ?
moins 10 cm ?
merci.

par talonlibre
talonlibre avatar
 

Bonjour Pilou,
A mon avis, choisir sa taille est l'idéal.
Bon ski

par Bru
avatar par défaut
 

Bonjour
Quelqu'un a t il eu l'occasion de comparer ces madshus annum avec le sbound 112 de chez Fischer et avec le bc 110 rossignol ?

par talonlibre
talonlibre avatar
 

Comparaison faîte le WE dernier avec le Sbound 112, en Svartissen et Scarpa T4… 2 skis différents et complémentaires.

par Mikael
Mikael avatar
 

Tu pourrais nous en dire un peu plus les différences ressenties entre les deux ?

par talonlibre
talonlibre avatar
 

Bien sûr Mikael !

L'Annum est plus souple, moins rigide et cambré que le Sbound 112.

En descente, le Sbound 112 taille des courbes quasiment comme un ski de telemark alpin. Il est moins facile à mettre en virage sur faible pente à faible vitesse.

Le Sbound 112 est un ski un peu plus viril que l'Annum et me parait plus orienté descente.

Un petit gabarit devra appuyer fort pour plier son cambre qui a été un peu diminué pour cet hiver 2015-2016.

par gatesquiro
avatar par défaut
 

Bonjour,
après 8 sorties (dans les Pyrénées et trois jour sur le Lozère) cet hiver en toutes neiges je suis assez satisfait de l'annum (monté avec des 7tm et des svartissen). Acheté avec 20 cm de moins que ma taille (belle promo !) il passe très bien en neige lourde, super bien en poudreuse. Pour de la neige très dure c'est bien sur plus dur. Il est en effet moins rigide que le Sbounb 112 et les svartissen sont pas assez rigide. En condition de pentes fortes (hormis en neige dure où je n'essaye même pas) c'est un régal. Je ne regrette pas la taille même si 10 cm de plus serait mieux parfois. La surface portante est largement suffisante pour passer n'importe où. La largeur n'est pas un problème sur les grandes traversées (à la journée).
J'ai même skié deux après midi à la sation du Bleymard avec mon fils (les conditions ventées sur le Lozère n'incitant pas à musarder plus que 3 ou 4 h) sur les pistes rouges (et même la "noire") avec plaisir. N'ayant jamais skié en station en SRN, je pensais galérer mais en fait c'est super facile car les conditions de neige sont très homogènes.
Bref je recommande en n'ayant pas peur de choisir 10 à 20 cm en dessous de la taille. Plus grand il sont trop lourds pour des chaussures non rigides à mon idée.
RL

Merci de vous ou de vous inscrire pour écrire un commentaire.