Alico Double Randonnée Nordique > Chaussures

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Steph

Note : 4,0 / 5

Marque : Double

Modèle : Unisexe

Réf : 64031200

Couleur : Noir

Poids : 3120 g / 44

Dimensions : 75 MM

Matériaux :

Cuir anfibio pleine fleur 3 mm Semelle 75 mm Vibram Ferret Sangle en Velcro Chaussons amovibles en cuir synthétique et membrane en Thinsulate. 

 

 

 

Autres caractéristiques :

Conditions de test : Sorties à la journée sur le massif du Jura en configuration vallonée ou pré-alpine avec des skis Madshus Epoch, Fischer S-Bound 98 Crown/Skin et Rossignol BC90 avec ou sans pulka. 

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Steph

Conditions de test

Sorties à la journée sur le massif du Jura en configuration vallonée ou pré-alpine avec des skis Madshus Epoch, Fischer S-Bound 98 Crown/Skin et Rossignol BC90 avec ou sans pulka. 

La Double tient son nom des deux accessoires qui forment un seul et même ensemble : un chausson amovible (en cuir synthétique et doté d'une membrane Thinsulate) combiné à une coque en cuir pleine fleur de 3mm reliée en cousu norvégien à une semelle Vibram.

 chaussures-alico-double.jpg

Le chausson en tant que première pièce de cet ensemble est confortable, bien montant et s'ajuste près du pied avec une partie matelassée au niveau de la tige pour plus de confort et minimiser les zones de pression. Le laçage est très précis et permet un réglage aussi efficace que modulable. La semelle du chausson, renforcée afin de prévenir les usures, dispose aussi d'une structure anti dérapante. 

 

Les premiers essais ont nécessité un chausse-pieds pour insérer plus facilement les chaussons dans la coque de cuir. L'intéret du chausson amovible n'est plus à démontrer : on peut le faire sécher le soir à l'étape lors d'une itinérance, l'utiliser comme « chausson de chalet » et éviter de rechausser les coques de cuir au refuge ou lors d'un bivouac. En outre, ce chausson se caractérise par une bonne protection thermique. Avantage qui toutefois peut se transformer en inconvénient quand les conditions de température sont clémentes et peu hivernales. 

 chaussures-alico-double_06.jpgPolyvalence d'usage des chaussons amovibles

Sur le terrain une fois mises au pied et dès que l'on s'essaie à la marche glissée, c'est l'aspect indéniablement rigide de ces chaussures qui s'affirme en tout premier lieu : le déroulé du pied n'est pas très fluide, les chaussures pèsent notablement (quasiment 1 kg de plus que les Crispi Svatisen) et une gêne apparaît au niveau des orteils sous la pression qu'exerce la pliure du cuir  L'ensemble paraît donc sensiblement contraignant, dénué de toute souplesse et exige des efforts non négligeables pour assurer les mouvements du pied et de la cheville. Les conversions dans les pentes pré-alpines peuvent parfois s'en trouver quelque peu approximatives avec une sensation d'avoir des sabots bretons montants avec le talon qui reste trop proche de la talonnette de la fixation. Les 4 ou 5 premières sorties sont de fait peu concluantes et impliquent plus d'efforts, moins de confort, une faible aisance pour assurer l'amplitude et la mobilité de la marche glissée. Le comportement des Double rappelle nettement celui des coques plastique du type Scarpa T4 ou Scott Excursion. Il en résulte une entrée en matière un peu rude quand notre maître étalon en matière de fluidité et de rigidité correspond à celle des Fischer BC 875 ou des Crispi Svartisen, modèles plutôt aboutis en la matière.

 

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chaussures-alico-double_11.jpgDes chaussures qui impliquent une période de rodage pour se « faire » aux pieds et au répertoire gestuel du SRN.

Ce n'est qu'au fil des sorties suivantes, une fois les chaussures « faites » et « cassées », que les sensations de souplesse et de fluidité s'installent. Dès lors, la marche glissée et même le pas alternatif deviennent naturels et se font sans entraves. Le confort des pieds devient de plus en plus notable et les mouvements se font avec aisance. Quelques ampoules et talures plus tard, les Double finissent donc par s'accommoder sans trop de résistance aux spécificités de la progression et du répertoire gestuel propres au SRN. 

 chaussures-alico-double_09.jpg

 

chaussures-alico-double_10.jpgUne meilleure fluidité et plus de confort au fil des sorties.

L'ajustement dans les fixations 3 pins nécessitent aussi une brève période de rodage. L'épaisseur conséquente du bec de canard ne tolère aucun mauvais ajustement. Si cette partie de la chaussure n'est pas positionnée correctement, il est difficile d'amorcer la trappe de la fixation. Lors du chaussage/déchaussage sur le terrain, on image donc facilement l'intéret de bien dégager les agglomérats de neige tout autour du bec de canard pour ne pas qu'ils empêchent la mise en place de la chaussure dans la fixation. 

Là aussi, le nombre des sorties aidant, la manipulation devient de plus en plus aisée. Le bec de canard s'écrase peu à peu et finit par prendre une forme plus adaptée. Il faut par ailleurs, lors de l'ajustement du bec de canard, veiller à éviter le contact entre la trappe en position relevée et le nez de la chaussure. L'arête métallique de la trappe à tendance à marquer le cuir de cette partie de la chaussure.

Sur les portions d'itinéraire qui impliquent un déplacement à pied avec déchaussage des skis, les Double ont un comportement digne des chaussures de montagne semi-rigides à rigides : bonne accroche, bon maintien de la cheville et déroulé du pied peu/pas entravé. 

 

Une grande partie des sorties se sont déroulées en conditions de neige mouillée voir très mouillée et même en conditions pluvieuses. L'imperméabilité et les capacités déperlante des Double ont donc pu être sollicitées et éprouvées avec succès. On peut avancer sans risque qu'un cuir de cette qualité, pour peu qu'on le gratifie d'un entretien aussi régulier que soigné, gardera ses qualités de souplesse, de respirabilité et d'imperméabilité tout au long de très nombreuses saisons.

 chaussures-alico-double_11.jpgUn haut niveau de performance pour ce qui est de la protection thermique et de l'imperméabilité.

 

À la descente la hauteur de tige et la rigidité des Double s'avèrent être des atouts pour ce qui est du contrôle des skis. Un sangle Velcro sur le dessus du coup de pied vient renforcer la rigidité de la coque en cuir et accentue le transfert d'effort que le skieur impulse à ses skis. On peut passer assez rapidement d'un laçage/sanglage plutôt lâche pour la montée à un laçage/sanglage un peu plus contraignant pour la descente et ainsi renforcer la  rigidité de l'ensemble. 

 

 chaussures-alico-double_12.jpgUn ensemble rigide et montant pour un bon maintien à la descente.

Il n'en reste pas moins que ce système de maintien pourrait encore être amélioré avec l'installation d' une deuxième sangle au niveau de la cheville. Il est presque regrettable que la fabricant soit passé à côté de cette accessoirisation mineure en terme de contrainte de fabrication mais sans doute majeure pour ce qui est du maintien de la cheville et de la rigidité de l'ensemble. C'est là le seul véritable bémol à émettre à l'encontre de la Double. D'autant que cette sangle Velcro n'atteint pas le niveau de réglage et de contrainte que permet une sangle micrométrique comme celles qui équipent  les BC875 ou les Svartisen. À revoir également sa résistance puisque très vite et au fil des passages dans la boucle métallique,  l'amorce de la partie Velcro de cette sangle se découd de la partie nylon. Rien de vraiment handicapant et de définitif puisque cela représente une réparation de cordonnerie très simple et très légère.

 chaussures-alico-double_13.jpgAmorce de la bande Velcro décousue

Points faibles

- Prix

- Poids

- Chaussons qui peuvent être trop chauds en conditions de températures faiblement hivernales

Points forts

- Conpromis entre la souplesse pour un bon déroulé et de la rigidité, le maintien que nécessitent les descentes

- Qualité des matériaux et des finitions

- Robustesse et durabilité (puisque réparable) du cousu norvégien

- Chaussons amovibles

- Polyvalence d'utilisation

Conclusion

Chaudes, imperméables, robustes et fiables, les Alico Double sont a priori taillées pour les itinérances au plus ou moins long cours, pour le bivouac hivernac ou même pour les latitudes les plus septentrionales. Dans le même temps, leur capacité à concilier souplesse et rigidité font de ces chaussures, associées à des skis relativement larges, des accessoires permettant de silloner les pentes pré-alpines et d'y marquer de belles courbes en télémark.

Leur poids rebutera sans doute certains pratiquants. Pour ma part, je conçois ce poids conséquent comme la résultante de l'utilisation de matériaux nobles, durables et robustes. Avec les Doubles on est bien loin des chaussures quasi "jetables" à la durée de vie qui frôle à peine les 3 voir 2 saisons d'utilisation. Les belles choses ont la vie dure c'est bien connu et c'est sans doute un poids...

En avril prochain mes Doubles pourront donner toute leur mesure dans le massif du Jotunheimen en Norvège, pour une itinérance avec pulka et l'ascension de quelques sommets.

Affaire à suivre donc...

Note du test 4 / 5

5 commentaires

par Gedryg
Gedryg avatar
 

Entièrement d'accord avec ce test particulièrement détaillé !
De mon côté, le point le plus négatif ( le rodage s'étant effectué avec un simple échauffement au talon d’Achille ) se limiterait au temps nécessaire pour correctement lacer la paire de chaussures, un temps assez long qui peut-être l'occasion de se geler les doigts lorsque le vent se combine avec une température assez basse.
Toutefois, comme la très bonne tenue de ces chaussures permet de monter et de descendre avec le même serrage de lacets, cette réserve ne m'aurait pas empêché de leur attribuer un 4 voire 4.5 / 5.

par stef
stef avatar
 

Effectivement Gedryg, j'aurais volontiers mis un 4.5 tant je les trouve abouties (ceci dit ton avis sur les lacets est à retenir et à partager, puisqu'à titre perso le laçage ne me pose pas de souci) mais c'est Régis le grand manitou qui a la main sur la notation ! Je vois avec lui pour plus d'indulgence... ;-)

par MJ
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Bonjour,
Merci Stef pour ce test très détaillé et utile que j'avais lu avant de commander mes Alico en vue d'itinéraires en Norvège et Suède ce printemps. Je les ai reçues il y a quelques jours et au vu du test, je les porte chaque jour quelques heures à la maison pour les faire un peu avant les premières sorties. Premières impressions : Oui, le chausse-pied est indispensable ! J'ai été surpris par la très faible épaisseur de la semelle du chausson et par l'absence d'une première isolante sur la chaussure en elle-même. Chausson très confortable, mais je me demande si pour les longues sorties très froides, le froid ne remonte pas par la semelle ? Ton expérience lors de ton séjour dans le Jotunheimen ? Ceci dit comme le chaussant est généreux, je vais pouvoir mettre une petite semelle entre la chaussure et le chausson. Bonne journée. MJ

par stef
stef avatar
 

Salut MJ
Je n'ai jamais eu froid aux pieds avec les Alico, que soit en skiant ou pendant les pauses. Il se trouve pourtant que nous avons eu des midis assez exposés au vent où en quelques minutes le froid se faisait vraiment sentir. Effectivement, j'ai aussi glissé des semelles pour couper ce pont thermique.
Bonne journée.

par MJ
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Merci Stef. Bonne soirée.

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