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Oui le cadre juridique qui définit les prérogatives de l'encadrement et de l'enseignement du ski est strict, et un AMM n'est pas près d'y trouver une place, même s'il serait de part sa sensibilité plus enclin à faire du bon boulot en srn que bien des moniteurs de fond.

Oui les moniteurs de ski de fond scient la branche sur laquelle ils sont assis en mettant en avant un enseignement orienté sur un ski de rendement et de performance qui ne convient qu'à un public sportif.

Oui ils portent une responsabilité dans cet échec.

Oui le créneau de formation copié sur l'alpin il y a quelques décennies, formate les moniteurs dans ce sens.

Oui ce formatage a été largement profitable aux résultats des équipes de France de ski de fond au niveau international, car chaque BEES 1° est déjà formé pour être un bon entraîneur, plus que pour répondre aux attentes d'une clientèle populaire.

Oui le SRN peut s'enseigner, mais je n'aime pas le slogan: "le plaisir ça s'apprend", car en fait c'est le rôle du moniteur de l'induire ce plaisir, et par ce biais de stimuler la curiosité, et l'envie de progresser chez son client.
La pédagogie de la découverte appliquée dans quelques jardins d'enfant en alpin me semble pertinente. Dans le cadre de pratique du SRN ce qui énormément bon pour moi, c'est la diversité des sujets à même d'apporter du plaisir ou de la difficulté. Il y a des jardins plus étroits que d'autres, celui du SRN est immensément grand, beau et diversifié.

Non cette situation dans le nordique n'est pas irréversible, car il faut couler pendant un moment avant de toucher le fond pour mieux rebondir.

Oui il y a des ouvertures possibles en ce moment, avec une réforme des contenus du BEES en cours.

Peu importe ce qui sera décidé, le centre national de ski nordique est managé par un directeur qui aime la diversité et qui sélectionne ces intervenants dans ce sens.
Ca ne révolutionnera pas le monde du nordique en deux temps trois mouvements, mais si le cadre de la formation est assez borné, il laisse une belle liberté sur la façon de traiter le sujet pour les formateurs. Pour peu que ceux ci, soient un peu ouverts d'esprits, la grosse machine du nordique devrait pouvoir avoir des perspectives de redresser le cap, et se rapprocher des côtes d'un continent autrefois plus populaire.

Pour boitafond: je me fou de qui entre fischer, salomon, rossignol ou autre guignol a sorti en premier dans les années 80 ou 90 un ski large. Aucun de ces fabricants n'est à l'origine du ski large ou du ski parabolique.

Pour talon libre, je suis d'accord pour dire qu'aucune forme de glisse ne doit s'opposer, elles ont toutes une origine commune, et des sources de plaisirs en commun.

Ce qui oppose ski de fond, ski alpin ou SRN, ne se situe pas dans le plaisir de la glisse, ou dans le bonheur de partager un moment en montagne. Ce qui oppose ces activités, c'est la façon différente qu'elles ont de tenter de récupérer du profit économique sur le dos de la montagne, en méprisant plus ou moins selon l'activité la qualité de ce milieu montagnard.
Les joies de la glisse sous un dome à Dubaï, en tant que moniteur, je me fou de ce qu'en pense mon banquier, cela ne m'intéresse pas plus que de prendre le costume de Mickey à Disneyland pour gagner ma vie.
Les grosses stations alpines sont à mes yeux de vastes parcs d'attractions, qui écorchent la montagne et font vivre une économie.
Le ski de fond n'aurait jamais dû s'éloigner de la qualité de son milieu, pour se centrer sur le rendement nécessaire à la compétition. Il y a des parcs d'attractions qui marchent mieux que d'autres, ce sont ceux où l'adrénaline est facile. A ce jeu le fond a perdu sa rentabilité économique.
La clientèle potentielle du SRN, même formatée par "la montagne ça vous gagne" du petit écran, reste sensible à l'intérêt de prendre du temps dans leurs vacances dans des environnements préservés.
Que ce soit en ski de fond où en SRN, le jour où les moniteurs se préoccuperont de ce genre d'attentes avant de chercher à vendre de la glisse, ils donneront le sourire à leur banquier.
Et le sourire de mon banquier, je m'en cogne, si ça passe par du n'importe quoi, qui ne sera pas durable pour la qualité de vie de mes enfants.
Modifié il y a 7 ans
Pour manu3931:
Tu ne trouveras pas à louer en ski de rando nordique à farter dans le Jura, et ailleurs j'ai des doutes.
Ceci dit si tu veux élargir le champ de tes mauvais souvenirs, le ski à farter est un bon choix, même quand on est un spécialiste du fartage et de la technique fine en classique.
Un ski à farter ne peut être à 100% optimal que lorsque que les conditions sont homogènes sur l'ensemble de ton tracé.

2 cas de figures sont possibles pour que ça puisse glisser, accrocher et jamais coller:

- Il a plu à toutes altitudes sur l'ensemble de ton tracé et la neige est homogénément transformée, partout indépendamment des facteurs soleil et températures (glace partout ou neige transformée en gros grain non regelée partout)

- Il y a de la fraiche partout, elle est tombée avec des basses températures à toutes altitudes et le soleil n'est pas trop fort pour faire goutter sous les sapins.

Dans ces deux types de conditions, le ski à farter est un pur bonheur.

Sinon le ski de rando nordique en règle générale est un ski de compromis ou il faut toujours regarder le verre à moitié plein que le verre à moitié vide.
L'idéal pour optimiser la glisse en plat descendant c'est de se faire fabriquer un ski sur mesure de moins de 3cm de largeur est de plus de 3m de long. Là tu va avoir des sensations d'enfer sur ce type de terrain, qui est de très loin un terrain assez ingrat pour récupérer des sensations.
A défaut de ce ski là, il faut choisir son tracé en fonction des conditions de neige du moment et en fonction des qualités de la paire de ski qu'on a sous les pieds.
Peu importe le ski que tu choisis, si tu veux trouver des terrains où il ne va pas super bien tu en trouveras.
En revanche trouver dans la neige du jour, le parcours où ton ski te donneras le maximum de plaisir c'est une bonne démarche, mais les chemins de la liberté, des bonnes sensations, et de l'évasion ne sont pas toujours les plus simples. Et c'est entre autre pour cette raison que cette activité est belle, dans la satisfaction d'avoir fait de bons choix, comme dans nos mauvais choix qui nous aident à progresser.
Modifié il y a 7 ans
Pour Robert:

Je crois qu'une tentative de définition du nordique se doit de présenter un caractère universel. Si on l'écrit au travers de circonstances particulières spécifiques au développement du nordique français peut être qu'on s'égare un peu.

De mon point de vue, je crois que tout ce qui avait vocation à faciliter le déplacement de l'homme dans la neige sans assistance mécanique, doit pouvoir être rattaché aux activités nordiques.

Initialement le but était la chasse, très vite cela à dérivé sur les vilains jeux de la guerre, et c'est en outre via ce biais que le ski est sorti de scandinavie pour se répandre assez tôt dans l'Est de l'Europe.

Les premiers chasseurs skieurs devaient déjà tout comme nous, apprécier l'endorphine ou l'adrénaline des belles glissades. Ce sont en outre ces hormones qui ont du participer à la conversion du ski nordique en une pratique à seul but de loisir.

En France si on exclut la guerre de 30 ans où les mercenaires suédois de Saxe Weimar sont venus décimer les derniers fidèles jurassiens à la couronne d'Espagne, pour ramener la Franche-Comté (comté affranchie)sous les lumières du Roi Soleil;
on prète volontiers à Henry Duhamel l'utilisation des premiers skis sur le territoire national.

Les skis auraient été achetés en 1878 sur un stand suédois de l'expo universelle de Paris. Ils servaient de déco, et étaient dépourvus de fixations. Il lui aurait fallut près de 10 ans avant de récupérer un système de fixation, qui lui permette de tracer les premières courbes sur des neiges françaises.

A mon sens il s'agissait de SRN, qui ont rapidement contribué à la désertification des bancs de la messe le dimanche matin, sous prétexte de concours de glissades dans nos villages de montagne.

Au jeu du concours du plus beau mâle dominant glisseur du village, le ski nordique a rapidement évolué sur trois activités bien distinctes. Paul était fort en saut il réclamait son titre, Pierre avançait plus vite en montée il revendiquait sa médaille et Louis briguait les lauriers de la performance en descente. Certains étaient hors concours et ont continué à se balader.

Chacun des trois beaux mâles a fait évolué le ski nordique initial pour le transformer en sa faveur. A un moment donné, on a décidé qu'en fixant le talon ce serait plus efficace en descente, et que ce particularisme valait bien une revendication, le ski de descente sera désormais alpin.

Le saut est passé à la trappe dans le développement, car la foule ne se sentait pas assez fêlée pour jouer à ce jeux là.

Et on a décidé que le ski nordique de Pierre, s'appellerait ski de fond, car il était devenu tout fin et plus léger, donc bien meilleur en montée et bien merdique en descente.

Le SRN initial ne pouvait pas être alpin, donc il a été nordique. La distinction entre SRN et ski de fond a du se faire dans l'attitude du skieur, si tu baisses la tête, si tu cherches à inventer le traçage pour optimiser le rendement, et à faire marcher le commerce du chronomètre: tu fais du ski de fond.
En revanche si ton regard est plus contemplatif et que tu sembles être en vacances: tu fais du SRN, autrement bien nommé par Jérome Pinoncelly : ski de promenade, de liberté et de découverte.

Le monde du commerce de l'époque était bien préoccupé par le rendement, du coup les skis de promenades ont subi pendant longtemps l'influence du ski de fond, ils sont devenus étroits.
Un beau jour, il y a un peu plus de 10 ans maintenant, un farfelu de chez Salomon a sorti le Xadv jaune dans une longueur un brin trop courte pour que le marché scandinave s'y intéresse.
Mais il avait fait germer une idée, on avait arrêté la production, mais dans certains massifs pas mal de gens réclamaient encore ces petits jouets.
Du coup assez rapidement on a adapté l'idée pour qu'un plus gros foyer de clientèle s'y intéresse.
Le principal débouché en matière de vente de matériel nordique doit bien être en scandinavie.
Un retraité de là bas par une belle journée d'avril, a du mal à sortir de chez lui pour faire moins de 100km dans une journée.
Bilan, pour lui le Xadv jaune manquait un peu de glisse, alors on a allongé le produit, et aujourd'hui il n'est pas tant différent de ce que devait être le ski d'Henry celui que les commerciaux nomment backcountry.

Voilà pour mon interprétation personnelle de l'histoire.

Sinon je te rejoins sur l'idée que le nordique français était le parent pauvre du ski alpin, dans le développement des loisirs hivernaux en France.
Mais suite aux jeux de Grenoble, et en grande partie grâce à des financements conséquents de l'Etat, le ski nordique a connu un bel élan populaire.
Cette déferlante populaire a été appréciée par toutes les classes sociales. Il est certain que le nordique a subi un brin de snobisme par certains adeptes du "vrai ski" comme ils se plaisent à l'appeler.
Mais le snobisme n'est que bien trop souvent la manifestation d'esprits étroits.

Ce qui me régale en outre dans mon boulot c'est la mixité sociale de ma clientèle. Quand dans une balade une boulangère de banlieu parisienne échange son numéro de téléphone avec un responsable du recrutement à science po, je me dis que le SRN est une belle activité plus propice aux échanges entre les gens, que les bousculades dans les queues de remontées mécaniques.

J'aime les gens, et quand je vois Métabief aux heures de pointes en février, avec 1/2h de queue pour se garer,1/2h pour la loc, 1/2h de queues pour l'achat du forfait, 1/2h au bureau de l'école pour les cours des gamins, et 1/2h en bas de chaque télésiège, pour 5*3min de descente dans la journée bien chère payées; je me dis qu'il y a beaucoup de victimes du slogan "la montagne ça vous gagne" servi sur TF1, que j'aimerais emmener en vacances.
Modifié il y a 7 ans
Pour Goti et Christian, il y a un certain nombre de différences fondamentales entre le fait de s'intéresser au ski de fond aujourd'hui, ou à l'époque à laquelle vous avez commencé.

La première tient à l'esprit des moniteurs qui vous l'on fait découvrir, cette activité ski de fond en dehors des pistes.
Ils étaient ouverts sur l'intérêt du cadre de la pratique et vous emmenaient en dehors des pistes, pour faire du ski de fond hors traces. Aujourd'hui vous pouvez vous accrocher avant de trouver un moniteur qui fait la différence entre une trace de lièvre et une trace de chamois dans une neige fraiche.

Ensuite les moniteurs ont été pendant bien longtemps formatés à vendre de la technique ou de la technique, sans faire relever le nez de leurs spatules à leur clients. Si vous en aviez eu des comme ceux là pour vous initier, je ne suis pas si sûr que vous auriez tant contracter ce joli virus du ski hors traces avec des skis de fond, qui est déjà une forme de SRN, car c'est plus un ski de balade qu'un ski de performances que vous me semblez pratiquer.

De surcroît il ne sont pas bien nombreux les moniteurs d'aujourd'hui qui vont facilement vous sortir du rail.

Enfin il y a une différence énorme aujourd'hui, qui réside dans le fait que quand on vient à la montagne en vacances, on a le choix de faire du ski de fond, de la raquette, du ski alpin, du snowboard, du télémark, du patin à glace, du chien de traineau, de la luge, un bowling, un cinéma, un footing, une séance de piscine et que sais je encore.
Même si vous étiez peut être des surdoués de la glisse en votre temps, je vous renvoie à vos premières séances d'équilibristes nordiques.
Aujourd'hui les clients sont des consommateurs zappeurs, la majeure partie d'entre eux n'ont pas la chance de faire plus d'une semaine de vacances à la montagne par an. Du coup s'ils viennent en vacances, il est rare qu'ils ne fassent plus d'une ou deux demi journée en ski de fond. Quand tu ne prends pas le temps de persévérer un tout petit peu en ski de fond, tu ne vis que les galères de l'activité.
Vous avez eu cette chance d'avoir moins de choix qu'eux, du coup vous en avez sans doute bavé comme presque tout le monde au début, avant d'avoir de réelles sensations sur vos skis de fond.


Vous avez sans doute en mémoire des visages sympathiques de moniteurs qui vous ont accompagné dans cette découverte des plaisirs de la glisse. Ceux de votre génération ont inspiré la mienne, je suis moniteur de ski de fond, je vis passionnément les plaisirs du classique ou du skating, juste après ceux du SRN.
Je travaille en lien avec une école de ski qui est composée de 25 moniteurs, là dedans il y a plus de 20 moniteurs diplomés exclusivement en ski de fond.
Le chiffre d'affaire de l'école de ski, en ski nordique l'an passé était de moins de 4% .
Le quotidien d'un moniteur de ski de fond dans le jura aujourd'hui, c'est un jardin d'enfant en alpin.
Je ne dis pas que le ski de fond n'est pas une belle activité, je dis juste qu'il n'intéresse presque plus personne et que du coup: moniteur de ski de fond ce n'est plus un métier.
Paix aux âmes de vos anciens moniteurs, ils en ont bien profité eux, de ce joli métier.

Les skis de SRN larges, ne sont en rien une révolution marketing et commerciale, c'est un juste retour des choses aux origines de la glisse. Si tu vires la sérigraphie et les logos des marques, tu ne retrouves rien d'autres que les lignes de côtes des vieux skis en bois de mon arrière grand père.
Mon aïeul n'était en rien un matérialiste exacerbé, il avait juste un bon sens paysan, qui lui faisait dire qu'en ski de fond avec une bouille à lait à bout de bras, pour descendre à la fruitière, tu répandais le lait de tes vaches dans tes champs avant d'en faire un bon fromage.
Si vous aimez le ski hors traces, je vous invite cordialement à méditer sur le bon sens de vos aïeux, avant de décider un beau jour, que vous êtes devenus trop fragiles pour vous engager comme à la belle époque dans de folles épopées au travers du Vercors.
Mon client le plus âgé sur une itinérance à la semaine en dehors des traces avait la moustache qui frisait de plaisir à longueur de journée à plus de 86 ans.
Avec tout le respect que je lui doit à mon Jean, j'aurais quand même bien craint pour ses têtes fémorales, s'il avait été en ski de fond.
En tous cas je suis certain qu'il ne serait pas passé à certains endroits sans déchausser, et que j'aurais sans l'ombre d'un doute, moins vu se creuser ses très belles rides du plaisir.
Ca fait bientôt deux ans que je bataille pour développer du SRN à mon compte sur du matos large.
Avant ça j'ai eu le bonheur de partager plus d'une soixantaine de semaines d'itinérances avec des clients.
Je suis encore très jeune, mais depuis plus de 10 ans, il ne se passe quasi pas un jour avec de la neige dans le jura, sans que je profite des joies de la glisse sous toutes ces formes, car j'aime aussi la diversité.
Dans ma bataille quotidienne pour convertir à cette forme de ski le maximum de monde, ce ne sont ni les skieurs alpins, ni les snowboarders, ni les vacanciers qui n'ont encore jamais skié de leur vie, qui sont les plus difficiles à convaincre, mais bien les fondeurs purs et durs.

Je trouve juste que c'est très dommage pour eux, d'être réfractaires à l'essai de ce type de matériel, car ce sont eux les plus facilement disposés à prendre un énorme et très rapide plaisir dans l'utilisation de ce matériel.

Car quand tu t'en sors avec des skis de fond à peu près partout sur les pistes, voir un peu en dehors des pistes sans trop creuser de bassines, essayer ces skis là, revient grosso modo à passer d'un vélo de route à un VTT tout suspendu, pour descendre un joli chemin fort caillouteux et semé d’embûches.

A bon entendeur, nordiques salutations des neiges du Jura.
Modifié il y a 7 ans
Avant de me coucher, et pour dormir tranquille sans avoir à me retourner dans mon lit en pensant à des compétiteurs acharnés qui pourraient se demander si j'en veux aux compétiteurs qu'ils sont:
C'est marrant la compétition, c'est plein de cocktails hormonaux sympas, qui renvoient à un certain sens tribal que nous avons plus ou moins perdu dans notre quotidien.
L'homme est une espèce grégaire, la foule sur un départ de transju, c'est comme une grande messe, ça peut déjà donner des palpitations avant le départ. Dans le champ de bataille après le coup de feu, ya plein d'adrénaline à récupérer dans de l'esquive de coups de batons, et dans le simple fait d'être resté debout sans se faire piétiner par la meute. Pour la pluspart des coureurs au départ, on part trop vite, et après 20 ou 30 bornes, on est suffisamment dans le coltard, pour se relever et commencer à communiquer avec ses camarades. C'est bien parce qu'on en vient même à penser que tout cela est convivial, même si le gars avec qui on discute porte encore la marque de la pointe de baton qu'on lui a planté dans le mollet au départ.
Complètement roti, et saturé en endorphine que la nature est jolie. A la fin yen a même qui disent qu'ils ont bien profité du paysage. Je rigole, c'est vrai que le paysage est joli, mais si vous payez 100€ à l'inscription pour profiter du paysage: à ce tarif là vous pouvez trouver de l'hébergement pour deux nuits, faire le parcours en trois jours et prendre la juste mesure du paysage.
Inclus dans le prix, on a l'autosatisfaction d'avoir au moins terminé, voir même de s'être bien placé dans la meute à la fin.
Il y a quand même de vraies valeurs dans la compétition:
- le gout de l'effort
- la persévérance, que l'on travaille dans la préparation
- la recherche de ses limites personnelles

Mais pour entretenir toutes ces valeurs, on n'est même pas obligé de mettre un dossard.

Ce qui me gène dans la compétition:
- le manque d'éthique: triche, dopage, culte du résultat et adulation des icones médaillés que l'on voit en poster et qui vous poussent à consommer les mêmes tenues vestimentaires et le même matériel qui devient trop vite obsolète l'hiver suivant.

Pour se sentir bien dans sa peau, il n'y a nul besoin d'écraser son prochain, on peut tout aussi bien lui tendre la main pour l'aider à se relever si il est tombé.
Il y a également une dimension sociale dans le monde de la compétition à ne pas négliger. Une course c'est également l'occasion de retrouver les copains et partager un vin chaud à la fin. Mais on est pas non plus obligé de payer 100€ pour un vin chaud et se retrouver entre amis à partager un bon moment de ski.
Si vous avez tout suivi, à 100€ il ne reste que l'adrénaline des jeux du cirque qui est indissociable du monde des porteurs de dossards.
Et zut ce coup là, il est bientôt 4h
Modifié il y a 7 ans
Bon j'ai interrompu le post et omis la relecture qui se devait pour un apéro inopiné lié à un ami qu'on ne voit jamais assez souvent. Mais s'il y a bien une chose que j'ai appris de ma maman c'est qu'on ne vit qu'une fois.

Le moniteur n'est pas un maillon indispensable là dedans, mais il peut avoir un rôle et une influence majeure dans l'opinion que se fait le grand public sur le nordique en général.
Ski de fond, biathlon,combiné, raquette, SRN… sont des activités nordiques. Dès lors que ça glisse sur deux planches et que le talon n'est pas fixé, on peut parler de ski nordique. Si ça ne glisse pas ce peut être une activité nordique comme de la raquette par exemple.
Si ce n'est pas toi qui fait tout l'effort pour gagner de l'énergie potentielle dans le dénivelé c'est qu'un animal, chien, renne ou cheval t'aide et c'est nordique, si c'est une machine c'est autre chose. Voilà pour ce qui me semble être ma définition d'une activité nordique ou d'un loisir de ski nordique.
Une activité nordique à priori se pratique dans un espace nordique. Qu'est ce qu'un espace nordique? Il semblerait que ce soit un espace aux reliefs présentant une relative douceur, et qui est régulièrement enneigé.

En France les plaisirs de la glisse font partie de la culture, mais cette culture est autre que dans les pays nordiques (type pays sacndinaves). Là bas le ski nordique est une nécessité culturelle et le moniteur est un maillon bien moins important du développement de ces activités. Chez nous, le moniteur n'est pas nécessairement indispensable, mais il s'agit d'une culture de la glisse différente, qui relève plus d'un créneau commercial que d'une nécessité culturelle: tu n'as pas besoin de skier pour aller à l'école ou au supermarché. Ici on achète un accès au plaisirs de la glisse pour du loisir, là bas tout le monde peut être amené à skier plus ou moins par nécessité.
Du coup chez nous l'importance du moniteur dans l'image du ski nordique est autrement plus importante.
Depuis des années les formateurs et les moniteurs s'égarent dans un sens particulier, qui est celui de la performance sportive. Du coup après 30 années de ce culte là, dans l'imaginaire collectif, le ski de fond est soit un ski de papy à tord(car les derniers résistants d'une autre époque ont pris de l'age), soit un ski de sportifs avec une approche trop élitiste qui au demeurant ramène quand même des médailles qui personnellement me font une belle jambe.

Le ski nordique de fond et ou le SRN, avant toutes choses sont des activités de pleine nature. De ce fait le cadre de leur pratique contribue tout autant à leurs intérêts, que le simple fait de les pratiquer.
Le milieu est à la fois relativement brut, hostile et naturel. Le côté brut et hostile est une veine qui contribue à poser des bases propices au respect, à la solidarité à la convivialité et à l'humilité. Le côté naturel est un axe de développement majeur qui parle à beaucoup de gens, qui dans leur quotidien de citadin souffrent de manière plus ou moins consciente de perte de repères quand à leurs origines naturelles.
Que l'homme soit entre guillemet civilisé ou non, ne le rend pas moins homme.
Qu'on le veuille ou non, nous sommes tous un amalgame de cellules organisées autour d'un projet de vie initial, tous programmés pour réagir et être stimulés dans un environnement naturel, et ce dans le but de péréniser notre espèce.
Même en utilisant notre hypertrophie cérébrale qui nous distingue du reste du vivant, dans le but de tout contrôler, artificialiser, tenter d'anticiper, nous ne parviendront pas à nous détacher complètement de ce lien à la nature.
L'homme courre avec plaisir en rond autour d'une piste d'athlétisme car il a entre autre des hormones de plaisir à aller chercher dans l'effort. Ces hormones ne sont pas autre chose que des processus chimiques initialement nécessaires à la survie de nos ancêtres dans une époque où on avait pas encore inventer: le canapé, le téléphone, allopizza et le diabète, le cholestérol, l'obésité qui sont les rançons de notre progrès.
Je suis intimement convaincu à tord ou à raison, que les processus chimiques naturels qui sont nos sources d'émotions sont largement plus stimulables dans un cadre naturel que devant une série télévisée à la con. Dans notre société occidentale, on s'emploie par des artifices à stimuler ces processus chimiques générateurs de plaisirs en nous faisant acheter et consommer du "bonheur technologique".
C'est quand même frappant dès lors que l'on voyage un peu dans des pays dits en voie de développement: de lire la sincérité et la spontanéité à être heureux avec des plaisirs simples, sur les visages des gens que notre société veux nous faire prendre pour de simple miséreux économiquement attardés. C'est sûr que dans ces pays là, ils n'ont pas les moyens de se payer ni du triple A, ni des anti-déprésseurs, alors ils se shootent juste avec des plaisirs simples plus naturels, et facilement accessibles au quotidien.
Je ne renie pas complètement le progrès technique. Entre notre société et les leurs, il y a sans doute un équilibre agréablement vivable et durable à inventer.
Un monde dans lequel j'ai envie de croire. Faut beaucoup d'optimisme pour y croire, mais je n'en manque pas. Pour les éventuels pessimistes je tiens à dire, que même si je ne le vois pas arriver,ça ne devrait pas m'empêcher d'aimer la vie.
Changer le monde commence par se changer soi même, et si ton voisin ne te prend pas pour un marginal, peut être que tu fais un club après. J'ai juste envie de croire que le bonheur est au moins aussi communicatif que le baillement.
Dans mon quotidien je gomme du superflus. Et tout ce qui ne participe pas à du plaisir simple devient vite accessoire. Dans mon garage les SRN prennent aujourd'hui bien moins la poussière que les skis de fond, et au rythme qui me va bien, ces derniers ne vont pas tarder à disparaître.
Pour moi, le ski de fond est un ski synonyme de rendement, d'efficacité et de performance.
Le SRN est un ski de promenade et de découverte, si tu veux faire du sport pour faire du sport avec des SRN c'est possible, mais tu ne mettras jamais autant de vent dans tes oreilles au plat ou en montée qu'avec des skis de fond. Le vent dans mes oreilles je l'aime bien quand la pente est descendante et pour le coup des SRN deviennent vite plus intéressant que des skis de fond quand la pente s'inverse.
Pour les forçats du sport, ou les accrocs de l'endorphine, qu'on soit en SRN ou en ski de fond dès lors que l'on est détaché de la notion de rendement ces deux types de skis sont aussi intéressants l'un que l'autre.
Ce qui reste plaisant dans les skis de fond, c'est la technique, qui est fine et qui se mérite avec beaucoup d'efforts pour la peaufiner.
Bon les adeptes des lectures courtes, m'ont laché depuis longtemps, pour les autres je m'excuse si il y a du redondant dans le post, de la faute d'orthographe,de syntaxe… Mais comme il est 3h du matin, je vais aller me coucher pour pouvoir être en forme, donner du plaisir et en prendre en retour tout à l'heure.
Modifié il y a 7 ans
La place du SRN dans le nordique aujourd'hui à mon sens:
- Atypique à tendance perturbant pour les convaincus du culte du résultat issu du formatage du ski de fond.
- peut être plus réaliste et proche des attentes du commun des mortels que le ski de fond pur et dur voir même trop dur (surtout quand la neige est glacée)

Cela fait près de 30 ans que tu ne peux plus devenir moniteur si tu n'a pas un niveau de compétiteur régional au moins moyen. Cela fait plus de 30 ans que la formation des moniteurs est axée sur une dissection au scalpel du geste efficace pour ramener une médaille. Et que l'ensemble de la péda a pour but de trouver un sens unique au plaisir de cette activité. Le sens unique pourrait se nommer: efficacité, performance et ou tentative de transfert du moniteur sur ses plaisirs égocentriques du résultat dans les courses à la saucisse du coin.
Au final si tu ne vis pas dans le coin, ce genre de plaisir est quasi inaccessible, et même si tu es du cru, c'est très réducteur comme approche.
Le monde de la glisse sans notion de rendement: c'est déjà plaisant. Le jour où les moniteurs élargiront le champ visuel de leur résidus de clientèle, pour les amener à sortir leur regard de leurs spatules, un grand pas dans le regain de popularité du ski de fond sera franchi.

Problèmes en série:
Ca serait sympa pour le ski de fond qu'on mette en avant chez les fabriquants de matériel, qu'un ski de srn avec des cotes inférieures à 60mm est un parfait ski de fond pour plein de monde. Le problème est que pour un compétiteur moniteur, un SRN est une barque inadaptée à ces attentes de podiums. Du coup le moniteur est souvent peu ouvert, sur l'intérêt de ce genre de matériel.
Les moniteurs ne sont pas formés pour avoir de l'intérêt pour le cadre de leur pratique. La formation n'est qu'un vaste formatage visant à renforcer l’auto conviction du jeune skieur de club assoiffé de résultats. Même si tu rentres dans la formation en aimant les alouettes tu arrives à te prendre au jeu et tu finis ton BE en préférant tes spatules.
Les formateurs sont principalement des fonctionnaires payés pour croire franchement en ce qu'ils font. Ce sont tous soit de bons athlètes soit d'anciens athlètes de classe internationale. A la fin du mois le salaire tombe à tous les coups et ils ne sont jamais confrontés aux réalités du quotidien de moniteur de ski. Même si ils réfléchissent à ces problématiques, ce peut être mal vu en qualité de fonctionnaire de modifier ton enseignement à titre individuel sans en référer à la hiérarchie. Si tu changes trop de choses dans la machine bien huilée, tu prends un risque de te faire regarder de travers.
Aujourd'hui à Prémanon, ils sont conscients que la machine manque d'huile, ne serait ce que parce que les nouveaux aspirants au titre de BE fond commencent à manquer. Une réforme est en cours, si elle ne vise pas à coller plus aux attentes du grand public, la machine va casser, et d'anciens athlètes passés fonctionnaires sur des skis risquent de se retrouver river sur une chaise dans d'autres services peut être moins bien lotis en neige, en gentianes et en épicéas.

Le ski de fond comme le SRN peut être une source de plaisirs contemplatifs alliés au plaisirs de la glisse.
Mais encore faudrait il que les principaux concernés moniteurs et formateurs s'en occupe.
Modifié il y a 7 ans
Yop là,j'aime bien quand tu fais ton intéressant je prends toujours des notes.

J'avais pas tout relu les posts avant de l'ouvrir méa culpa.
Je n'ai pas été à l'ENSA, mais au CNSN, et les contenus sur le droit sont d'un dérisoire à ne pas faire sourciller un élève de cours primaire.
Du coup j'avoue mon manque de connaissance sur ce qui constitue la définition exacte d'un règlement de police, mais c'est une lacune à laquelle je ne manquerai pas de remédier.

Mais si je résume tant que tu n'as pas un comportement insalubre, "intranquille"" et ou "dangereux" chez un proprio lambda ou dans le domaine public , tu ne justifies pas l'application d'un règlement de police particulier d'après ce que tu dis.

Ensuite il y a un certain nombre de règles ou de loi en matière entre autre de protection de l'environnement à ne pas enfreindre. Et après ça le pratiquant de SRN est aussi libre que l'air qu'il respire (même si celui ci peut être pollué)

Pour revenir sur la démesure des stades de ski de fond, elle est une aberration que l'on fait payer au prix fort aux derniers résistants touristes qui pratiquent encore cette activité. On trace dans le Jura des centaines de km de pistes qui profite à une poignée de villageois accrocs à la sueur et la contemplation de leurs spatules ainsi qu'à une petite ribambelle de compétiteurs acharnés.
Il y a dans ces deux groupes sociaux plus ou moins distincts, une forte représentation de skieurs maniaquo exigeants en matière de terrain de billard tracé au micromètre. Comme se sont toujours les mêmes qui râlent, ce sont toujours les mêmes qui se font entendre.
Du coup on continue à tracer un petit millier de km dans le Jura dès la mi novembre quand les conditions le permettent.
Autant dire qu'un traçage de milieu de semaine à la mi novembre c'est: beaucoup de gazole, quelques durites à réparer, quelques circuits hydrauliques qui implosent, quelques dents de fraises qu'on laisse dans les cailloux, quelques heures de salaires pour des pisteurs, pour des centaines de km damés qui restent quasi vierge de traces d'utilisateurs.
On fait ensuite des bilans de fin de saison à crier au scandale sur le manque de rentabilité économique des domaines nordiques, et il ne semble y avoir qu'une solution possible: augmenter le prix de la redevance.
Déjà que le monde du ski de fond est trop technique pour les touristes, et en plus on les fait cracher au bassinet.
Avec ça on est pas prêt de rendre le ski de fond de nouveau populaire.
EX: Paul vient du pas de Calais pour une matinée de ski il paye 8€ l'accès au stade d'à côté de chez moi.
Le lendemain, il vient avec sa femme et ses 3 marmottons: 2*8 € pour Mr et Mme et on lui fera une réduc pour la marmaille.
En moins d'une journée il va payer plus du 1/3 du prix de la redevance saison pour tout le massif de Roger notre célèbre râleur de clocher.
Le moins drôle est qu'avant d'avoir fait 500m le petit dernier a déjà pissé dans sa culotte, le deuxième est palot il a mal digéré les virages de la route en montant, et l'ainé vient de perdre une dent de lait en chutant en avant sur la glace. Maman stresse, cellule de crise familiale, tanpis pour la redevance on file au parc du chien polaire pour montrer des toutous aux enfants et leur redonner le sourire en regardant des bêtes à poils dans des cages.
Au même moment Roger vient de rater un pas tournant sur le 28 ème km de la piste qui porte le nom du médaillé olympique du coin. Il s'étale se retourne, mais non c'est impossible que ça puisse venir d'un problème technique venant de lui, il doit y avoir une micro bosse de 1cm dans le terrain qui l'a fait vaciller: mille milliards de mille sabords le pisteur va encore en prendre pour son grade. Non mais c'est vrai au prix où on paye ils pourraient mettre des gens compétents pour piloter des avions de chasse à 500 000€ la bête.
Si encore ça pouvait faire rire un des derniers grands tétras à poils bleu du massif, mais c'est même pas sûr

Modifié il y a 7 ans
Ca me tarde dimanche de voir si marcolino a la bonne idée de ramener un hang au gardot pour mettre l'ambiance.
Modifié il y a 7 ans
Pour nico: je ne vois pas tellement de différences entre le ski des origines et le SRN actuel.
Coté matos, il y a juste la couleur de la sérigraphie, l'apparition du plastique de la semelle, et la récupération des écailles au ski de fond, mais j'aime l'idée de cultiver l'alchimie du fartage à la résine d'épicéa et à la sève de bouleau.
Sur la fixation je ne vois pas dans le tarif, où se situe le coût de développement du produit, celles de 1931 n'étaient pas bien différentes.
Côté godillos, je pense qu'ils savaient mieux y faire que Mr alpina ou fischer d'aujourd'hui, en tous cas ils ne se creusaient pas tant les méninges pour faire des produits à durée de vie limitée. C'était même le contraire je crois.

Côté motivations: le but était initialement d'avoir un moyen de déplacement pour subvenir à ses besoins hivernaux, la chasse pour les lapons originaux s'est transformé en tournée de facteur ou de médecin de campagne au début 1900 chez nous et accessoirement dégustation de tord boyaux local parties de tarots et veillées contes chez le Paul.
Mais j'ai du mal à concevoir que les lapons des origines aient pu être complètement détachés des plaisirs de la glisse, et qu'ils ne chaussaient les planches que dans l'unique le but de chasser.


Pour Robert: si ça te branches de venir tracer un skieur façon Alfons walde de 500m de long dans les neige d'une combe jurassienne pour aller le prendre en photo depuis le sommet du coin, c'est une idée qui m'intéresse. Transformer ses spatules en pinceaux sur des toiles naturelles gigantesques me semble être un concept sympathique. En tous cas une trace de ski a toujours du sens, et ça me semble réducteur de la limiter au simple sens de déplacement.

Pour Régis: pour la journée nationale du srn de 2013, je propose un concours de la plus belle photo de land art, si la fraiche est au rendez-vous. Pas d'artifices, gps interdit, et juste des traces de skis et de batons.

PS: je rends à César ce qui appartient à César, Maxime Augé, jeune moniteur de l'esf de la vattay a déjà joué au moins une fois avec ses clients dans le parc jurassien vaudois à faire de très belles traces en raquettes dans une combe pour en faire des clichés depuis le Mont Sala.
Modifié il y a 7 ans